Grossesse gémellaire : ce que montrent les échographies, et comment s'organise le suivi des jumeaux

Vous venez d'apprendre que vous attendez des jumeaux. Entre la surprise, la joie et parfois un peu d'inquiétude, une question revient souvent : comment va se dérouler la suite ? Une grossesse gémellaire est suivie de plus près qu'une grossesse unique, et l'échographie grossesse gémellaire en est la pièce maîtresse. Dès le premier trimestre, elle permet de connaître une information décisive : le nombre de placentas et de poches. C'est elle qui fixe ensuite le rythme des examens, ce que l'on surveille et le lieu du suivi.
Dans cet article, nous vous expliquons ce que montrent les échographies chez des jumeaux, comment s'organise le suivi grossesse gémellaire selon le type de grossesse, et ce qui peut se faire en ville ou relève de la maternité. Prenez le temps de lire à votre rythme : comprendre son suivi aide souvent à le vivre plus sereinement.
Attendre des jumeaux : de quoi parle-t-on exactement ?
Une grossesse gémellaire n'est pas rare, mais elle reste particulière. D'après les recommandations du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF, 2009), le taux d'accouchements gémellaires atteignait 15,6 pour 1 000 en 2008 en France. Ce taux avait nettement augmenté depuis les années 1970, en partie avec l'âge maternel plus élevé et les traitements de l'infertilité.
On distingue souvent les « vrais » et les « faux » jumeaux. Les faux jumeaux (dizygotes) viennent de deux ovules fécondés par deux spermatozoïdes. Les vrais jumeaux (monozygotes) viennent d'un seul œuf qui s'est divisé en deux. Pourtant, pour le suivi médical, cette distinction n'est pas la plus importante.
Ce qui compte, ce sont les annexes de chaque bébé, c'est-à-dire les enveloppes qui l'entourent et le placenta qui le nourrit :
- le chorion est l'enveloppe externe, liée au placenta : on parle de chorionicité pour savoir s'il y a un ou deux placentas ;
- l'amnios est la poche qui contient le liquide amniotique : on parle d'amnionicité pour savoir s'il y a une ou deux poches.
Les faux jumeaux ont toujours deux placentas et deux poches. Les vrais jumeaux, eux, peuvent avoir deux placentas, un seul placenta et deux poches, ou plus rarement un placenta et une seule poche. Tout dépend du moment où l'œuf s'est divisé. C'est pourquoi l'échographie jumeaux s'attache d'abord à décrire ces annexes, plutôt qu'à deviner si les bébés sont « vrais » ou « faux » jumeaux.
Environ quatre grossesses gémellaires sur cinq sont bichoriales (deux placentas). Environ une sur cinq est monochoriale (un placenta partagé). Les grossesses monoamniotiques, avec une seule poche pour les deux bébés, sont très rares.
La première échographie : compter, dater, et surtout établir la chorionicité
L'échographie du premier trimestre est un moment fort de toute grossesse. Lors d'une échographie de grossesse gémellaire, elle a une mission supplémentaire, et sans doute la plus importante de tout le suivi.
Combien de poches, combien de placentas ?
Les signes les plus fiables pour établir la chorionicité sont bien décrits. Selon le CNGOF, deux méthodes ont une fiabilité proche de 100 % :
- entre 7 et 10 semaines d'aménorrhée (SA), le comptage des sacs gestationnels : deux sacs bien séparés orientent vers une grossesse bichoriale, un seul sac contenant deux embryons vers une grossesse monochoriale ;
- entre 11 et 14 SA, l'analyse de la membrane qui sépare les deux bébés à l'endroit où elle rejoint le placenta. Un aspect en triangle, appelé signe du lambda, signe deux placentas. Une jonction fine en forme de T évoque un placenta unique.
Plus l'examen est précoce, plus le diagnostic est fiable. C'est pourquoi une échographie de datation précoce peut être précieuse lorsqu'une grossesse gémellaire est connue ou suspectée. Nous détaillons son intérêt dans notre article sur l'échographie de datation précoce et le bon moment pour la faire.
Pourquoi la chorionicité est la donnée clé
Si l'on devait ne retenir qu'une chose de cette première échographie, ce serait la chorionicité. Le CNGOF recommande qu'elle figure dans le compte rendu, idéalement dès le premier trimestre. Lorsqu'elle est établie à ce stade avec une image photographiée, le diagnostic est considéré comme définitif.
Pourquoi est-ce si important ? Quand deux bébés partagent un même placenta, des vaisseaux sanguins relient leurs deux circulations. Ces connexions, appelées anastomoses, sont normales et le plus souvent bien équilibrées. Mais elles peuvent parfois se déséquilibrer, ce qui justifie une surveillance plus rapprochée. À l'inverse, avec deux placentas, chaque bébé dispose de sa propre circulation.
Si la chorionicité ne peut pas être établie au premier trimestre, le CNGOF recommande d'adresser la future maman à un échographiste référent d'un centre pluridisciplinaire de diagnostic prénatal (CPDPN). Les recommandations internationales de l'ISUOG précisent qu'en cas de doute persistant, la grossesse est prise en charge comme une monochoriale, par prudence.
La datation chez des jumeaux
Comme pour une grossesse unique, la date de début de grossesse est établie grâce à la longueur cranio-caudale (LCC), c'est-à-dire la taille du bébé de la tête aux fesses. Cette mesure est idéalement réalisée entre 11 SA et 13 SA + 6 jours.
Chez des jumeaux, les deux mesures peuvent être légèrement différentes. L'échographiste applique alors une règle de référence : pour une grossesse spontanée, l'ISUOG retient la LCC la plus grande. Après une fécondation in vitro, la datation repose plutôt sur la date de la ponction ou l'âge de l'embryon transféré. Un écart marqué entre les deux bébés fait l'objet d'un avis spécialisé.
La clarté nucale et le dépistage de la trisomie 21
La clarté nucale est une fine zone de liquide visible sous la peau de la nuque du fœtus. Sa mesure fait partie du dépistage de la trisomie 21 au premier trimestre, chez des jumeaux comme pour un bébé seul. Nous l'expliquons en détail dans notre article sur l'échographie du 1er trimestre, la datation et la clarté nucale.
Le calcul de risque est adapté au type de grossesse. En grossesse bichoriale, le CNGOF recommande d'intégrer l'âge maternel, la LCC et la clarté nucale de chaque fœtus : le risque est évalué pour chaque bébé. En grossesse monochoriale, les deux bébés partagent le même patrimoine génétique : le risque est exprimé pour la grossesse.
Les tests d'ADN libre circulant dans le sang maternel peuvent aussi être discutés. En 2017, la Haute Autorité de santé (HAS) avait exclu les grossesses multiples de son évaluation, tout en jugeant opportun de laisser la possibilité d'utiliser ces tests dans ces situations. Votre praticien vous expliquera ce qui est le plus adapté à votre grossesse.
Bichoriale, monochoriale, monoamniotique : trois situations différentes
Une fois la chorionicité et l'amnionicité connues, votre grossesse entre dans l'une de ces trois grandes situations. Voici comment les repérer simplement :
| Type de grossesse | Placenta(s) | Poche(s) | Ce que cela implique |
|---|---|---|---|
| Bichoriale biamniotique | 2 | 2 | La situation la plus fréquente ; chaque bébé a sa propre circulation |
| Monochoriale biamniotique | 1 partagé | 2 | Circulations reliées par le placenta ; surveillance plus rapprochée |
| Monochoriale monoamniotique | 1 partagé | 1 | Situation rare ; suivi en lien avec un centre spécialisé |
Cette classification n'est pas un jugement sur le déroulement de votre grossesse. De très nombreuses grossesses monochoriales se passent bien. Elle sert simplement à adapter le suivi au plus juste, pour repérer tôt une éventuelle difficulté.
Il est d'ailleurs fréquent de se sentir un peu dépassée par ces termes techniques. N'hésitez jamais à demander à votre échographiste de vous montrer les images et de vous réexpliquer ce que vous voyez à l'écran.
Le rythme des échographies selon le type de grossesse gémellaire
Le suivi d'une grossesse gémellaire comporte plus d'échographies qu'une grossesse unique. Chaque échographie de grossesse gémellaire est un peu plus longue, puisqu'il faut examiner deux bébés. Pour une grossesse à un seul bébé, trois échographies sont classiquement proposées, comme nous l'expliquons dans notre guide complet des 3 échographies de la grossesse. Chez des jumeaux, le calendrier dépend avant tout de la chorionicité.
Grossesse bichoriale : une échographie par mois
Pour une grossesse bichoriale sans complication, le CNGOF recommande une échographie mensuelle, avec estimation du poids de chaque bébé et Doppler de l'artère ombilicale. Le suivi en consultation est lui aussi mensuel, assuré par un gynécologue-obstétricien en structure adaptée.
L'échographie morphologique du deuxième trimestre garde toute sa place. Elle examine en détail l'anatomie de chacun des deux bébés, ce qui demande souvent un peu plus de temps. Vous pouvez découvrir ce qu'elle observe dans notre article sur l'échographie morphologique du 2e trimestre.
Grossesse monochoriale biamniotique : toutes les deux semaines
Lorsque les bébés partagent un placenta, le rythme s'accélère. Le CNGOF recommande un suivi échographique bimensuel, c'est-à-dire toutes les deux semaines. L'ISUOG précise que ces échographies rapprochées débutent à partir de 16 SA. Le but est de repérer très tôt un éventuel déséquilibre entre les deux circulations.
Le suivi est assuré par un praticien travaillant en étroite collaboration avec une structure expérimentée dans les grossesses monochoriales. Ce rythme peut sembler intense. Il est pourtant rassurant : chaque échographie normale confirme que tout se déroule bien.
Grossesse monoamniotique : une surveillance spécialisée
Les grossesses monoamniotiques sont rares et demandent une organisation particulière. Le CNGOF recommande une surveillance renforcée à partir de 27 à 30 SA, en lien étroit avec une maternité de type III, que ce soit en hospitalisation ou en externe. L'ISUOG recommande d'adresser ces grossesses à un centre de référence.
Ce que l'on surveille à chaque échographie
Chaque échographie de grossesse gémellaire ressemble un peu à un bilan complet pour les deux bébés. Voici les principaux points que l'échographiste examine, et pourquoi :
La croissance de chaque bébé
L'échographiste estime le poids de chaque fœtus à partir de plusieurs mesures. Il compare ensuite les deux bébés entre eux. Une petite différence est fréquente et sans conséquence. Le CNGOF recommande en revanche une surveillance plus rapprochée lorsque la différence de poids dépasse 20 à 25 %.
Le liquide amniotique et les vessies
La quantité de liquide amniotique dans chaque poche est mesurée, notamment par la plus grande citerne, la poche de liquide la plus profonde. La vessie de chaque bébé est aussi observée. En grossesse monochoriale, ces deux éléments sont des indicateurs très utiles de l'équilibre entre les circulations.
Les Dopplers
Le Doppler mesure la vitesse du sang dans certains vaisseaux. Celui de l'artère ombilicale renseigne sur les échanges avec le placenta. En grossesse monochoriale, un Doppler des artères cérébrales permet aussi de dépister une forme rare de déséquilibre des globules rouges, appelée TAPS (séquence anémie-polycythémie).
Le col de l'utérus
Les grossesses gémellaires exposent davantage à la prématurité. Selon les équipes, la longueur du col de l'utérus peut être mesurée lors des échographies, pour adapter la surveillance si besoin.
Le syndrome transfuseur-transfusé, expliqué simplement
C'est souvent le terme qui inquiète le plus lorsqu'on lit sur les grossesses monochoriales. Il mérite donc d'être expliqué calmement, avec des mots simples.
Ce qui se passe
Dans une grossesse monochoriale, les vaisseaux du placenta partagé relient les deux bébés. Habituellement, le sang circule de façon équilibrée dans les deux sens. Dans le syndrome transfuseur-transfusé (STT), l'échange devient déséquilibré : un bébé « donne » plus de sang qu'il n'en reçoit.
Le bébé donneur produit alors moins d'urine, et sa poche contient peu de liquide. Le bébé receveur, lui, en produit davantage, et sa poche se remplit beaucoup. Selon l'ISUOG, le STT concerne 10 à 15 % des grossesses monochoriales. Autrement dit, la grande majorité n'est pas concernée.
Comment on le repère
C'est précisément pour le détecter tôt que les échographies ont lieu toutes les deux semaines. Le CNGOF retient comme signes une discordance de liquide amniotique, avec une plus grande citerne inférieure à 2 cm d'un côté et supérieure à 8 à 10 cm de l'autre, et/ou une différence de taille des vessies.
Des traitements existent
Lorsque le diagnostic est posé, la future maman est prise en charge dans un centre capable de réaliser une coagulation laser par fœtoscopie. Ce geste consiste à fermer, à l'aide d'un laser, les vaisseaux qui relient les deux circulations. Le CNGOF le présente comme le traitement de première intention. D'autres options, comme l'amniodrainage, peuvent être discutées selon la situation.
Ces centres sont spécialisés et habitués à ces situations. Le dépistage précoce par des échographies régulières est justement ce qui laisse le temps d'agir dans de bonnes conditions.
Les signes qui doivent vous faire consulter entre deux échographies
Le suivi rapproché ne remplace pas votre ressenti. Vous connaissez votre corps, et votre intuition compte. La fiche d'information du CNGOF sur les grossesses monochoriales (2024) cite plusieurs signes qui justifient de consulter sans attendre le prochain rendez-vous.
Quand consulter rapidement ?
- une augmentation rapide du volume du ventre ;
- une sensation de difficulté à respirer ;
- une prise de poids rapide ;
- des contractions douloureuses ou régulières ;
- une diminution des mouvements de l'un ou des deux bébés ;
- des saignements ou une perte de liquide.
Dans ces situations, contactez la maternité où vous êtes suivie, ou le 15 en cas d'urgence.
En ville ou en maternité : qui fait quoi ?
C'est une question légitime, et nous préférons y répondre honnêtement. Une grossesse gémellaire mobilise plusieurs professionnels. Le suivi en ville et le suivi hospitalier ne s'opposent pas : ils se complètent.
Ce qui peut se faire en ville
Une partie importante du parcours peut se dérouler près de chez vous :
- l'échographie de datation précoce, qui permet de découvrir la grossesse gémellaire et, idéalement, d'établir la chorionicité ;
- l'échographie du premier trimestre, avec la datation, la clarté nucale et la documentation de la chorionicité ;
- l'accompagnement par une sage-femme : écoute, informations, préparation à la naissance et à la parentalité ;
- selon la situation, notamment pour une grossesse bichoriale sans complication, certaines échographies de suivi, toujours en coordination avec l'équipe obstétricale.
Ce qui relève de la maternité ou d'un centre de référence
Le CNGOF recommande que les grossesses gémellaires soient suivies par des praticiens ayant une bonne connaissance de ces grossesses. En pratique :
- une grossesse bichoriale est suivie chaque mois par un gynécologue-obstétricien en structure adaptée ;
- une grossesse monochoriale est suivie en étroite collaboration avec une structure expérimentée, et un avis du CPDPN est demandé en cas de doute ;
- un syndrome transfuseur-transfusé est pris en charge dans un centre réalisant le traitement laser ;
- une grossesse monoamniotique est suivie en lien avec une maternité de type III ;
- l'accouchement a lieu dans une maternité organisée pour les naissances gémellaires.
Pourquoi s'inscrire tôt en maternité
Avec des jumeaux, nous vous conseillons de réserver votre place en maternité dès que la grossesse est confirmée. L'équipe pourra ainsi organiser votre suivi, programmer les échographies au bon rythme et anticiper la naissance. Le terme et le mode d'accouchement sont décidés avec elle, selon le type de grossesse et son déroulement.

Notre approche à Kaliora
À Kaliora, notre rôle est de vous accompagner en proximité, dans nos deux centres de Paris 14e (Montparnasse) et Paris 15e (Motte-Picquet), en lien avec la maternité qui coordonne votre suivi.
Nos sages-femmes échographistes, titulaires d'un diplôme universitaire d'échographie, réalisent les échographies de grossesse, dont l'échographie de datation et celle du premier trimestre. Vous pouvez découvrir leurs parcours sur leurs fiches : Maud de Nemesker, Audrey Champalle et Elodie Weber. Lorsqu'une grossesse gémellaire est découverte, elles s'attachent à documenter la chorionicité et à vous orienter vers le bon niveau de suivi.
Les échographies réalisées au centre sont présentées sur la page dédiée à l'échographie à Paris 15.
Une grossesse gémellaire, c'est aussi un corps qui travaille pour deux et une organisation familiale à repenser. Au-delà des échographies, notre équipe pluridisciplinaire peut vous accompagner :
- nos sages-femmes pour le suivi, la préparation à la naissance et les questions du quotidien ;
- nos ostéopathes et kinésithérapeutes pour les inconforts liés à la grossesse ;
- notre diététicienne pour une alimentation adaptée à une grossesse gémellaire ;
- nos psychologues si vous ressentez le besoin de parler de vos émotions, avant comme après la naissance.
Vous trouverez l'ensemble de notre accompagnement sur notre page dédiée au suivi de grossesse à Paris.
Conseils pratiques pour vivre sereinement ce suivi
Un suivi rapproché demande de l'énergie et de l'organisation. Voici quelques conseils qui peuvent vous aider au quotidien.
1. Gardez précieusement vos comptes rendus. Chaque compte rendu d'échographie contient des informations utiles, en particulier la chorionicité notée au premier trimestre. Pourquoi c'est utile : les professionnels qui vous suivent ensuite s'appuient sur ces données. En pratique, rangez-les dans une pochette dédiée ou photographiez-les, et apportez-les à chaque rendez-vous.
2. Notez vos questions avant chaque examen. Les échographies sont souvent riches en informations, et l'émotion peut faire oublier ce qu'on voulait demander. Pourquoi c'est utile : vous repartez avec des réponses claires plutôt qu'avec des doutes. En pratique, gardez une liste dans votre téléphone et n'hésitez pas à demander qu'on vous montre chaque bébé à l'écran.
3. Organisez votre calendrier en amont. Une échographie par mois, voire toutes les deux semaines, cela représente de nombreux rendez-vous. Pourquoi c'est utile : anticiper limite le stress et facilite l'organisation avec votre travail. En pratique, programmez les rendez-vous suivants dès la fin de chaque examen, et parlez tôt de votre grossesse à votre employeur si vous le souhaitez.
4. Accordez-vous du repos. Porter deux bébés est une fatigue réelle, ce n'est pas une faiblesse. Pourquoi c'est utile : le repos aide votre corps à s'adapter à une grossesse plus exigeante. En pratique, ménagez des temps de pause dans la journée et acceptez l'aide proposée par vos proches.
5. Prenez soin de votre alimentation. Les besoins évoluent avec une grossesse gémellaire. Pourquoi c'est utile : une alimentation variée soutient la croissance des deux bébés et votre propre énergie. En pratique, une consultation avec une diététicienne peut vous aider à trouver un équilibre réaliste, sans pression.
6. Préparez l'arrivée à deux. Accueillir des jumeaux se prépare un peu différemment. Pourquoi c'est utile : anticiper l'organisation des premières semaines allège la charge mentale. En pratique, renseignez-vous tôt sur vos droits, la durée de votre congé étant allongée en cas de naissance multiple, et parlez-en avec votre sage-femme lors de la préparation à la naissance.
FAQ : vos questions sur l'échographie et le suivi des jumeaux
Peut-on voir des jumeaux dès la première échographie ?
Oui, le plus souvent. Dès 7 semaines d'aménorrhée environ, l'échographie permet de compter les sacs gestationnels et les embryons, et de voir l'activité cardiaque de chacun. C'est même la meilleure période pour établir le nombre de placentas : selon le CNGOF, le comptage des sacs entre 7 et 10 SA est l'un des signes les plus fiables. Une échographie très précoce, avant 6 SA, peut en revanche être difficile à interpréter. Si l'examen laisse un doute, l'échographiste vous proposera simplement de le refaire quelques jours plus tard. L'échographie du premier trimestre viendra ensuite confirmer les informations et compléter le bilan.
Combien d'échographies pour une grossesse gémellaire ?
Cela dépend surtout du nombre de placentas. Pour une grossesse bichoriale sans complication, le CNGOF recommande une échographie chaque mois. Pour une grossesse monochoriale biamniotique, le rythme passe à une échographie toutes les deux semaines, à partir d'environ 16 SA selon l'ISUOG. Une grossesse monoamniotique bénéficie d'une surveillance encore plus renforcée, en lien avec une maternité spécialisée. Au total, vous aurez donc nettement plus d'échographies qu'avec un seul bébé. Ce calendrier peut aussi être resserré si l'équipe repère un point à surveiller, comme une différence de croissance entre les deux bébés.
L'échographie peut-elle dire s'il s'agit de vrais ou de faux jumeaux ?
Pas toujours. Deux placentas peuvent correspondre à de faux jumeaux, mais aussi à de vrais jumeaux dont l'œuf s'est divisé très tôt. En revanche, une grossesse monochoriale correspond à de vrais jumeaux. Si les bébés sont de sexes différents, il s'agit de faux jumeaux. C'est pourquoi l'échographie se concentre sur la chorionicité, qui guide le suivi, plutôt que sur la zygotie. Pour savoir avec certitude si des jumeaux de même sexe avec deux placentas sont vrais ou faux, seul un test génétique pourrait le dire, et il n'est pas nécessaire au suivi.
Le syndrome transfuseur-transfusé concerne-t-il toutes les grossesses gémellaires ?
Non. Il ne concerne que les grossesses où les bébés partagent un même placenta, c'est-à-dire les grossesses monochoriales. Avec deux placentas, chaque bébé a sa propre circulation, et ce syndrome ne peut pas survenir. Parmi les grossesses monochoriales, l'ISUOG estime qu'il touche 10 à 15 % d'entre elles : la grande majorité n'est donc pas concernée. Lorsqu'il survient, les échographies rapprochées permettent de le repérer tôt. Une prise en charge dans un centre spécialisé, notamment par laser, peut alors être proposée. Si vous avez des questions, votre échographiste prendra le temps d'y répondre.
Mon suivi peut-il se faire entièrement en ville ?
Une partie peut se faire en ville, mais pas la totalité. Les échographies du début de grossesse, dont celle du premier trimestre, peuvent être réalisées en cabinet ou en centre de santé. L'accompagnement par une sage-femme et la préparation à la naissance aussi. En revanche, le CNGOF recommande un suivi par un gynécologue-obstétricien en structure adaptée, et une collaboration étroite avec une équipe expérimentée pour les grossesses monochoriales. L'accouchement a lieu en maternité. L'idéal est donc un suivi partagé : la proximité de la ville, et l'expertise de la maternité, qui coordonne le parcours.
Conclusion : un suivi rapproché, pour avancer en confiance
Attendre des jumeaux, c'est vivre une aventure à part, avec un suivi qui l'est aussi. Retenez l'essentiel : la première échographie de grossesse gémellaire établit le nombre de placentas et de poches, et cette chorionicité guide tout le reste. Le rythme des échographies, ce que l'on surveille et le lieu du suivi en découlent.
Ce suivi plus dense n'est pas le signe que quelque chose ne va pas. Il est simplement adapté à votre situation, pour repérer tôt et agir à temps si besoin. Vous n'êtes pas seule : la maternité, les échographistes et les sages-femmes travaillent ensemble pour vous accompagner. Pour découvrir l'ensemble de notre accompagnement, rendez-vous sur notre page consacrée au suivi de grossesse à Paris.
Sources
- Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF), Grossesses gémellaires : recommandations pour la pratique clinique, 2009.
- CNGOF, fiche d'information des patientes « Grossesses gémellaires monochoriales », 2024.
- Haute Autorité de santé (HAS), Place des tests ADN libre circulant dans le sang maternel dans le dépistage de la trisomie 21 fœtale, 2017.
- ISUOG, Rôle de l'échographie dans la grossesse gémellaire, lignes directrices de pratique (traduction française), 2016.
Ces informations ne remplacent pas une consultation médicale. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.

Sage-femme échographiste
Sage-femme échographiste au centre Kaliora Paris 15, Élodie réalise les échographies gynécologiques et obstétricales et assure le suivi gynécologique de prévention, la contraception et l'orthogénie. Elle est titulaire du D.I.U. d'échographie gynécologique et obstétricale de la faculté de médecine Cochin-Port Royal.
N° RPPS : 10100041374
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