Diabète gestationnel : dépistage, HGPO et alimentation au quotidien

Femme enceinte souriante dans sa cuisine, sereine face au diabète gestationnel

« Votre glycémie est un peu élevée, on va vous proposer un test. » Ou, quelques semaines plus tard : « Vous avez un diabète gestationnel. » Ces phrases, beaucoup de futures mères les entendent pendant leur grossesse. Elles surprennent, et inquiètent parfois. Pourtant, ce diagnostic est fréquent, et il se prend très bien en charge.

Vous n'y êtes pour rien. Le diabète gestationnel n'est ni une faute ni un échec : c'est une adaptation de votre corps à la grossesse qui demande un peu d'attention. Dans cet article, nous vous expliquons qui doit être dépistée et à quel moment, comment se déroule le test HGPO, ce que signifie concrètement le diagnostic, puis comment adapter votre alimentation au quotidien, sans régime strict et sans culpabilité.

Qu'est-ce que le diabète gestationnel ?

Le diabète gestationnel, aussi appelé diabète de grossesse, correspond à une élévation du taux de sucre dans le sang, découverte pour la première fois pendant la grossesse. Dans la grande majorité des cas, il disparaît après l'accouchement. Il se distingue d'un diabète qui existait déjà avant la grossesse, même s'il n'avait pas encore été repéré.

Un phénomène fréquent

Le diabète gestationnel est devenu une situation courante du suivi de grossesse. Selon l'Assurance Maladie, qui s'appuie sur l'Enquête nationale périnatale de Santé publique France, sa fréquence est passée de 10,8 % en 2016 à 16,4 % en 2021. Cette hausse s'explique en partie par un meilleur dépistage, et en partie par des facteurs de risque plus fréquents, comme les grossesses plus tardives.

Autrement dit, si vous êtes concernée, vous êtes loin d'être seule. Et les équipes qui vous suivent connaissent très bien cette situation.

Pourquoi la glycémie augmente pendant la grossesse

Pendant la grossesse, le placenta fabrique des hormones indispensables au développement du bébé. Certaines de ces hormones rendent l'insuline un peu moins efficace : c'est ce qu'on appelle l'insulinorésistance. L'insuline est l'hormone qui permet au sucre de passer du sang vers les cellules.

Ce mécanisme est normal. Il garantit au bébé un apport régulier en sucre, son principal carburant. Pour compenser, le pancréas de la mère produit davantage d'insuline. Chez certaines femmes, cette compensation ne suffit pas tout à fait : la glycémie (le taux de sucre dans le sang) s'élève alors au-dessus des valeurs attendues. C'est pourquoi le diabète gestationnel apparaît le plus souvent au deuxième trimestre, quand ces hormones sont plus abondantes.

Pourquoi on le surveille

Un diabète gestationnel non pris en charge peut avoir des conséquences pour la mère et pour le bébé. Côté maternel, il est associé à un risque plus élevé d'hypertension, de pré-éclampsie ou de césarienne. Côté bébé, l'excès de sucre peut favoriser une croissance trop importante, appelée macrosomie (un poids de naissance supérieur à 4 kg à terme), et une baisse de sucre dans les premières heures de vie.

La bonne nouvelle, c'est que la prise en charge réduit nettement ces risques. Lorsque la glycémie est bien équilibrée, la grossesse se déroule le plus souvent comme n'importe quelle autre.

Qui doit être dépistée, et quand ?

En France, le dépistage du diabète gestationnel est ciblé : il est proposé aux femmes qui présentent au moins un facteur de risque. Ces critères viennent des recommandations du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) et de la Société francophone du diabète, reprises par l'Assurance Maladie.

Les facteurs de risque

Voici les situations dans lesquelles un dépistage vous sera proposé :

  • vous avez 35 ans ou plus ;
  • votre indice de masse corporelle (IMC) avant la grossesse est de 25 ou plus ;
  • un de vos parents, frères ou sœurs a un diabète ;
  • vous avez eu un diabète gestationnel lors d'une grossesse précédente ;
  • vous avez déjà donné naissance à un bébé de plus de 4 kg.

L'Assurance Maladie mentionne aussi le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) parmi les situations à risque. Si vous ne vous reconnaissez dans aucun de ces critères, un dépistage systématique n'est en principe pas nécessaire. Votre sage-femme reste toutefois attentive tout au long du suivi, notamment grâce à la recherche de sucre dans les urines lors des consultations mensuelles.

Au premier trimestre : la glycémie à jeun

Si vous présentez un facteur de risque, une prise de sang est proposée dès le début de la grossesse : la glycémie à jeun. Elle se fait le matin, sans avoir mangé depuis la veille au soir.

Ce premier contrôle sert surtout à repérer un diabète qui existait peut-être déjà avant la grossesse, sans avoir été découvert. Selon les recommandations, une glycémie à jeun à partir de 0,92 g/L conduit à une prise en charge comme un diabète gestationnel. Au-delà de 1,26 g/L, on évoque plutôt un diabète préexistant, ce qui demande un suivi adapté dès le début.

Entre 24 et 28 SA : l'HGPO

Si la glycémie du premier trimestre est normale, ou si elle n'a pas été faite, une hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) est proposée entre 24 et 28 semaines d'aménorrhée (SA). C'est le moment où l'insulinorésistance liée à la grossesse s'installe vraiment, ce qui rend le test plus pertinent.

Vous ne savez plus où vous en êtes dans les semaines ? Notre article sur la grossesse mois par mois vous aide à vous repérer dans le calendrier des examens.

Comment se déroule le test HGPO ?

L'HGPO a mauvaise réputation, souvent à cause de la boisson sucrée. En réalité, c'est un examen simple, qui demande surtout un peu de patience. Savoir à quoi s'attendre aide à l'aborder plus sereinement.

Avant le test

L'HGPO se fait dans un laboratoire d'analyses médicales, sur prescription de votre sage-femme ou de votre médecin. Pensez à prendre rendez-vous si votre laboratoire le demande, et prévoyez environ deux heures et demie sur place.

Vous devez venir à jeun, c'est-à-dire sans avoir mangé depuis au moins 8 heures. En pratique, vous dînez normalement la veille, puis vous ne mangez plus rien. L'eau plate est généralement autorisée jusqu'au test. Les jours précédents, gardez votre alimentation habituelle : inutile de manger moins de sucre « pour réussir le test », cela fausserait le résultat.

Pendant le test

Le déroulement suit trois étapes :

  1. Une première prise de sang, à jeun.
  2. Vous buvez une boisson contenant 75 g de glucose, en quelques minutes.
  3. Deux nouvelles prises de sang, une heure puis deux heures après la boisson.

Entre les prélèvements, vous restez assise au calme, sans manger, sans fumer et sans marcher. L'activité physique fait en effet baisser la glycémie et pourrait fausser le résultat. Emportez un livre, une série téléchargée ou de la musique : ce temps peut devenir une parenthèse pour vous.

Les petits désagréments possibles

La boisson est très sucrée, et certaines femmes la trouvent écœurante. Une légère nausée ou une sensation de tête qui tourne peuvent survenir. Prévenez l'équipe du laboratoire si vous ne vous sentez pas bien. Si vous vomissez la boisson, le test ne peut pas être interprété et devra être reprogrammé, ce qui n'a rien de grave.

Après le dernier prélèvement, prévoyez une collation à manger tout de suite : vous l'aurez bien méritée.

Ce que veut dire le diagnostic

Recevoir les résultats de son HGPO peut générer de l'appréhension. Voici comment les lire, et surtout ce qu'ils signifient pour la suite.

Comment lire les résultats

Les recommandations françaises retiennent trois seuils pour l'HGPO à 75 g :

  • à jeun : 0,92 g/L ;
  • une heure après la boisson : 1,80 g/L ;
  • deux heures après la boisson : 1,53 g/L.

Une seule valeur égale ou supérieure à l'un de ces seuils suffit pour poser le diagnostic de diabète gestationnel. Si les trois valeurs sont en dessous, le test est normal. Votre sage-femme vous expliquera vos résultats lors de votre prochaine consultation.

Un diagnostic, pas un jugement

Le mot « diabète » peut faire peur. Il est normal de ressentir de la surprise, de l'inquiétude, voire un peu de colère. Beaucoup de femmes se demandent ce qu'elles ont « mal fait ». La réponse est simple : rien. Le diabète gestationnel est d'abord lié aux hormones du placenta et à des facteurs que vous ne choisissez pas, comme l'âge ou les antécédents familiaux.

Ce diagnostic est surtout une information utile. Il permet de mettre en place un accompagnement qui protège votre santé et celle de votre bébé, dès maintenant.

Ce qui change concrètement

Dans la plupart des cas, la prise en charge repose sur trois piliers : une alimentation adaptée, une activité physique régulière et une autosurveillance glycémique. Cette dernière consiste à mesurer vous-même votre glycémie à l'aide d'un petit lecteur et d'une goutte de sang prélevée au bout du doigt. Les mesures se font en général à jeun et après les repas, selon le rythme fixé par l'équipe qui vous suit.

Selon l'Assurance Maladie, les objectifs visés sont une glycémie inférieure à 0,95 g/L à jeun et à 1,20 g/L deux heures après le repas. Si ces objectifs ne sont pas atteints après une dizaine de jours d'alimentation adaptée et d'activité physique, un traitement par insuline peut être proposé. C'est le cas d'un peu plus d'une femme sur quatre. L'insuline est sans danger pour le bébé, et elle ne signifie pas que vos efforts ont échoué.

⚠️ Quand consulter sans attendre ?

  • Vous avez des maux de tête intenses, des troubles de la vue, des douleurs en haut du ventre ou un gonflement brutal du visage et des mains.
  • Votre bébé bouge moins que d'habitude.
  • Vos glycémies restent nettement au-dessus des objectifs plusieurs jours de suite, malgré les ajustements.
  • Vous avez une soif intense, vous urinez très souvent ou vous vous sentez très fatiguée.

Dans les deux premières situations, rendez-vous à la maternité ou appelez le 15 (SAMU). Pour les autres, contactez rapidement votre sage-femme.

Femme enceinte savourant un bol de flocons d'avoine et fruits rouges, alimentation et diabète gestationnel

Qui vous accompagne ?

Le diabète gestationnel se gère à plusieurs. Chaque professionnelle a un rôle précis, et c'est leur coordination qui fait la qualité du suivi. Chez Kaliora, cette pluridisciplinarité est au cœur de notre façon de travailler.

La sage-femme, votre repère tout au long de la grossesse

La sage-femme assure le suivi de votre grossesse : consultations mensuelles, prescription des examens, dont la glycémie à jeun et l'HGPO, et interprétation des résultats. C'est souvent elle qui vous annonce le diagnostic et vous explique les étapes suivantes.

Ensuite, elle reste votre interlocutrice principale. Elle surveille votre tension, la croissance de votre bébé, la hauteur utérine et vos carnets de glycémie. Elle répond aussi à vos questions, et à vos doutes, entre deux rendez-vous. Pour en savoir plus sur le suivi de grossesse au sein de nos centres, consultez notre page suivi de grossesse à Paris, ou prenez contact avec une sage-femme à Paris.

La diététicienne, pour adapter l'alimentation sans se priver

La diététicienne vous aide à construire une alimentation adaptée à votre glycémie, à vos goûts, à votre rythme de vie et à vos habitudes culturelles. Son rôle n'est pas de vous imposer un régime, mais de vous donner des repères concrets et réalistes.

Lors de la première consultation, elle fait le point sur votre façon de manger, vos horaires et vos envies. Elle vous explique quels aliments font monter la glycémie plus ou moins vite, et comment les associer. Elle vous aide ensuite à ajuster vos repas en fonction de vos résultats d'autosurveillance. Les consultations suivantes permettent de vérifier que les conseils sont faciles à appliquer et de les faire évoluer avec la grossesse.

Chez Kaliora, Stéphanie Ballot, diététicienne, reçoit les futures mères dans nos deux centres. Pour découvrir notre approche nutritionnelle, rendez-vous sur notre page dédiée à la diététicienne à Paris.

L'orientation vers un suivi obstétrical, si besoin

Si votre glycémie reste difficile à équilibrer, si un traitement par insuline devient nécessaire ou si d'autres éléments apparaissent, votre sage-femme vous oriente vers un suivi obstétrical spécialisé, en lien avec votre maternité. Cette orientation fait partie du parcours normal. Elle ne signifie pas que votre grossesse devient « grave », mais qu'elle mérite un regard complémentaire.

Le suivi peut alors inclure des contrôles plus rapprochés : rendez-vous à la maternité, enregistrement du rythme cardiaque du bébé ou échographie de croissance supplémentaire au troisième trimestre. Votre sage-femme et votre diététicienne continuent, si vous le souhaitez, de vous accompagner au quotidien, en coordination avec l'équipe de la maternité.

Le soutien psychologique, si le diagnostic pèse

Mesurer sa glycémie plusieurs fois par jour, réfléchir à chaque repas : cela peut devenir lourd, surtout si la grossesse est déjà source d'inquiétudes. Si vous sentez que l'anxiété prend trop de place, parlez-en. Une psychologue peut vous aider à traverser cette période plus sereinement.

Notre approche chez Kaliora

Chez Kaliora, nous accompagnons les femmes et les familles dans nos deux centres de Paris 14e (Montparnasse) et de Paris 15e (Motte-Picquet). Notre conviction : un diabète gestationnel se vit mieux quand les professionnelles qui vous suivent se parlent.

C'est tout le sens de notre pluridisciplinarité. Votre sage-femme et notre diététicienne exercent sous le même toit. Elles peuvent échanger facilement sur vos résultats, avec votre accord, et ajuster leurs conseils de façon cohérente. Vous n'avez pas à répéter votre histoire à chaque rendez-vous, ni à faire le lien vous-même entre des recommandations parfois contradictoires.

Nous sommes attentives à trois choses. D'abord, l'écoute : vos questions, vos peurs et vos contraintes comptent autant que vos chiffres. Ensuite, la simplicité : des conseils applicables dans votre vraie vie, avec votre travail, vos enfants éventuels et vos envies. Enfin, la bienveillance : jamais de reproche sur une glycémie trop haute, mais une recherche commune de solutions.

Notre approche pluridisciplinaire s'étend aussi au-delà de la grossesse. Après la naissance, les mêmes équipes peuvent vous accompagner pour le suivi post-partum, la rééducation du périnée, l'allaitement ou le retour à une alimentation équilibrée pour toute la famille.

Couple attendant un bébé se promenant main dans la main dans un pré, activité physique et diabète gestationnel

Diabète gestationnel : adapter son alimentation au quotidien

L'alimentation est le premier levier pour équilibrer la glycémie. Bonne nouvelle : il ne s'agit pas de supprimer le sucre ni de manger moins, mais de mieux répartir et de mieux associer. Voici les repères les plus utiles. Votre diététicienne les adaptera à votre situation.

1. Répartir les repas sur la journée

Pourquoi ça marche : de grosses quantités de glucides en une seule fois font monter la glycémie de façon marquée. En répartissant les apports, vous lissez ces pics. L'Assurance Maladie recommande ainsi trois repas et deux collations par jour.

Comment le mettre en pratique : gardez un petit-déjeuner, un déjeuner et un dîner, et ajoutez une collation en milieu de matinée et une dans l'après-midi. Par exemple, un yaourt nature avec une poignée d'amandes, ou un fruit avec un morceau de fromage. Préparez vos collations à l'avance pour les avoir toujours sous la main au travail.

2. Garder des féculents à chaque repas

Pourquoi ça marche : les glucides restent indispensables pendant la grossesse, pour vous comme pour votre bébé. Les supprimer peut entraîner fatigue, fringales et, paradoxalement, des glycémies à jeun plus difficiles à équilibrer. Les sucres lents, c'est-à-dire les glucides qui passent progressivement dans le sang, sont à privilégier.

Comment le mettre en pratique : mettez dans votre assiette une portion raisonnable de féculents à chaque repas. Privilégiez les versions complètes ou semi-complètes : pain complet ou aux céréales, riz basmati ou complet, pâtes cuites al dente, quinoa, boulgour. Les légumineuses, comme les lentilles, les pois chiches ou les haricots, sont aussi de très bons alliés. Votre diététicienne vous aidera à trouver la quantité qui vous convient.

3. Associer les aliments plutôt que les éviter

Pourquoi ça marche : un aliment sucré consommé seul fait monter la glycémie plus vite que s'il est accompagné de fibres, de protéines ou de bonnes graisses. Ces nutriments ralentissent l'absorption du sucre. C'est pourquoi la composition de l'assiette compte autant que chaque aliment pris isolément.

Comment le mettre en pratique : construisez vos repas avec des légumes, une source de protéines (œufs, poisson bien cuit, viande, légumineuses, produits laitiers) et des féculents. Commencez si possible par les légumes. Si vous avez envie d'un dessert sucré, prenez-le plutôt à la fin d'un repas complet qu'en collation isolée. Les fruits entiers sont préférables aux jus, qui contiennent moins de fibres.

4. Repérer les sucres rapides sans les diaboliser

Pourquoi ça marche : certains produits font monter la glycémie très vite : sodas, jus de fruits, sirops, confiseries, viennoiseries. Les limiter aide à rester dans les objectifs. Mais l'interdiction totale entretient souvent la frustration et le sentiment d'échec.

Comment le mettre en pratique : remplacez les boissons sucrées par de l'eau, plate ou gazeuse, éventuellement aromatisée avec du citron ou de la menthe. Gardez les douceurs pour des moments choisis, en fin de repas. Et si une glycémie dépasse l'objectif après un gâteau d'anniversaire, ce n'est pas grave : c'est une information, pas une faute. Notez-la simplement pour en parler à votre diététicienne.

5. Bouger un peu chaque jour

Pourquoi ça marche : l'activité physique aide les muscles à utiliser le sucre présent dans le sang, ce qui fait baisser la glycémie. En l'absence de contre-indication obstétricale, l'Assurance Maladie recommande environ 30 minutes d'activité, trois à cinq fois par semaine.

Comment le mettre en pratique : une marche de 15 à 20 minutes après le repas est souvent très efficace. La natation, le vélo d'appartement ou le yoga prénatal sont aussi adaptés. Demandez toujours l'avis de votre sage-femme avant de commencer. Pour trouver l'activité qui vous convient, lisez notre article sur le sport enceinte.

6. Tenir son carnet de glycémie avec bienveillance

Pourquoi ça marche : noter vos glycémies à côté de ce que vous avez mangé permet de comprendre comment votre corps réagit. C'est l'outil le plus précieux pour ajuster votre alimentation de façon personnalisée.

Comment le mettre en pratique : utilisez le carnet ou l'application fournie avec votre lecteur. Ajoutez une courte note sur le repas et l'activité du jour. Apportez-le à chaque consultation. Surtout, considérez ces chiffres comme une boussole, pas comme une note : ils servent à trouver des solutions, pas à vous juger.

Et n'oubliez pas les règles d'hygiène alimentaire propres à la grossesse, qui restent valables : bien cuire la viande et le poisson, laver soigneusement les fruits et légumes, éviter les fromages au lait cru. Votre sage-femme et votre diététicienne pourront faire le point avec vous.

Après l'accouchement : le suivi à long terme

Le diabète gestationnel disparaît le plus souvent avec la naissance, car les hormones du placenta ne sont plus là. Pourtant, il reste une information importante pour votre santé future.

Juste après la naissance

En salle de naissance et dans les jours qui suivent, la glycémie de votre bébé est surveillée par de petites piqûres au talon. Le risque de baisse de sucre est le plus souvent corrigé par des tétées ou des biberons précoces et fréquents, toutes les deux à trois heures. Votre propre glycémie est aussi vérifiée pour s'assurer qu'elle revient à la normale. L'allaitement, si vous le choisissez, est tout à fait possible et même encouragé.

Les contrôles des mois suivants

Après un diabète gestationnel, le risque de développer un diabète de type 2 plus tard est multiplié par sept, selon l'Assurance Maladie, et ce sur de nombreuses années. Ce n'est pas une fatalité, mais une bonne raison de rester attentive.

Un dépistage est donc recommandé : une glycémie à jeun ou une HGPO lors de la consultation postnatale, puis à trois mois après l'accouchement, avant une nouvelle grossesse, et ensuite tous les un à trois ans selon vos facteurs de risque. Ni l'allaitement ni la contraception ne justifient de reporter ces examens. Votre sage-femme ou votre médecin généraliste peut les prescrire et en assurer le suivi.

Prendre soin de soi, pour toute la famille

Les habitudes prises pendant la grossesse sont un vrai capital. Une alimentation variée, des repas réguliers et une activité physique quotidienne réduisent le risque de diabète de type 2. Elles profitent aussi à toute la famille, y compris à votre enfant.

Si vous envisagez une nouvelle grossesse, parlez-en en amont : le diabète gestationnel peut récidiver, et un dépistage précoce sera proposé. Votre diététicienne peut aussi vous accompagner après la naissance, à votre rythme, sans aucun objectif de poids imposé.

FAQ : vos questions sur le diabète gestationnel

L'HGPO est-elle obligatoire ?

Non, aucun examen n'est obligatoire pendant la grossesse, et vous restez libre de vos choix. L'HGPO est toutefois recommandée entre 24 et 28 SA si vous présentez au moins un facteur de risque et si votre glycémie du premier trimestre était normale ou n'a pas été réalisée. Ce test permet de repérer un diabète gestationnel qui, le plus souvent, ne donne aucun symptôme. Si la boisson sucrée vous inquiète ou si vous l'avez mal supportée lors d'une grossesse précédente, parlez-en à votre sage-femme. Elle vous expliquera les enjeux et cherchera avec vous la solution la plus adaptée à votre situation.

Le diabète gestationnel est-il dangereux pour mon bébé ?

Bien pris en charge, le diabète gestationnel n'empêche pas d'avoir un bébé en bonne santé. Les risques, comme une croissance excessive ou une baisse de sucre à la naissance, sont surtout liés à une glycémie qui reste élevée sans être traitée. C'est justement l'objectif du suivi : équilibrer votre glycémie grâce à l'alimentation, à l'activité physique et, si besoin, à l'insuline. Lorsque l'équilibre est bon et qu'il n'existe pas d'autre facteur de risque, la grossesse se déroule le plus souvent comme une grossesse sans diabète. Votre équipe vous indiquera si une surveillance plus rapprochée est utile.

Dois-je arrêter complètement le sucre ?

Non, et ce n'est pas souhaitable. Les glucides restent indispensables pendant la grossesse, pour vous et pour votre bébé. L'objectif n'est pas de les supprimer, mais de mieux les choisir et de mieux les répartir : des féculents à chaque repas, de préférence complets, associés à des légumes et à des protéines. Les produits très sucrés, comme les sodas ou les confiseries, sont à limiter, sans pour autant être interdits. Une douceur prise à la fin d'un repas complet fait souvent beaucoup moins monter la glycémie qu'en dehors des repas. Votre diététicienne vous aidera à trouver le bon équilibre, sans frustration.

Vais-je forcément avoir besoin d'insuline ?

Pas forcément. Dans la majorité des cas, l'alimentation adaptée et l'activité physique suffisent à équilibrer la glycémie. Selon l'Assurance Maladie, l'insuline est nécessaire pour un peu plus d'une femme sur quatre, lorsque les objectifs ne sont pas atteints après une dizaine de jours. Ce recours ne signifie pas que vous avez « échoué » : les hormones de la grossesse agissent parfois plus fortement chez certaines femmes, quels que soient leurs efforts. L'insuline ne passe pas le placenta et ne présente pas de danger pour votre bébé. Une équipe spécialisée vous apprendra à l'utiliser, avec un suivi obstétrical adapté.

Le diabète disparaît-il après l'accouchement ?

Dans la grande majorité des cas, oui. La glycémie revient à la normale peu après la naissance, car les hormones du placenta, responsables de l'insulinorésistance, ne sont plus produites. Votre glycémie est d'ailleurs vérifiée dans les jours qui suivent l'accouchement. En revanche, avoir eu un diabète gestationnel augmente le risque de développer un diabète de type 2 plus tard, ainsi que le risque de récidive lors d'une prochaine grossesse. C'est pourquoi des contrôles réguliers sont recommandés dans les mois et les années qui suivent. De bonnes habitudes alimentaires et une activité physique régulière réduisent nettement ce risque.

En conclusion

Le diabète gestationnel est fréquent, souvent silencieux, et très bien pris en charge. Le dépistage est proposé aux femmes qui présentent un facteur de risque : une glycémie à jeun au premier trimestre, puis une HGPO entre 24 et 28 SA. Si le diagnostic est posé, il ne remet en cause ni votre grossesse ni vos choix : il ouvre simplement un accompagnement adapté.

Au quotidien, quelques repères suffisent souvent : répartir ses repas, garder des féculents, associer les aliments et bouger un peu chaque jour. Vous n'avez pas à tout gérer seule. Votre sage-femme et votre diététicienne sont là pour avancer avec vous, à votre rythme, en lien avec la maternité si besoin.

Pour un suivi de grossesse coordonné, découvrez notre accompagnement de la grossesse dans nos centres parisiens. Et si vous souhaitez être accompagnée, vous pouvez rencontrer les sages-femmes et la diététicienne de nos centres de Paris 14 et 15.

Ces informations ne remplacent pas une consultation médicale. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.

Sources

  • CNGOF / Société francophone du diabète, Recommandations pour la pratique clinique : le diabète gestationnel, décembre 2010.
  • Assurance Maladie, Comment dépiste-t-on un diabète gestationnel chez une femme enceinte ?, mis à jour le 31 janvier 2025.
  • Assurance Maladie (ameli.fr), Diabète gestationnel : définition, facteurs de risque et conséquences, mis à jour le 31 janvier 2025.
  • Assurance Maladie (ameli.fr), Diabète gestationnel : diététique, activité physique, insuline et surveillance, mis à jour le 23 avril 2025.
  • Assurance Maladie (ameli.fr), Diabète de grossesse : la naissance, le suivi du bébé et de sa mère, mis à jour le 31 janvier 2025.
  • Santé publique France, Enquête nationale périnatale 2021, 2022.
Laurette Suzanne
Laurette Suzanne

Sage-femme

Sage-femme chez Kaliora, Laurette est passionnée par l'accompagnement de la grossesse et de la parentalité. Elle met son expertise au service du bien-être des mamans et de leurs bébés.

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