Échographie de croissance supplémentaire : quand et pourquoi ?

« On va refaire une échographie dans quelques semaines pour vérifier la croissance. » Cette phrase, beaucoup de futures mères l'entendent au troisième trimestre. Elle peut surprendre, voire inquiéter. Pourtant, une échographie de croissance supplémentaire est le plus souvent une simple précaution.
En France, trois échographies sont recommandées pendant la grossesse. Parfois, une quatrième est proposée pour mieux suivre le développement du bébé. Dans cet article, nous vous expliquons dans quels cas, et pourquoi : bébé qui semble petit, retard de croissance intra-utérin, diabète gestationnel ou bébé qui paraît plus grand que la moyenne. Vous saurez aussi comment se déroule l'examen et ce que l'on peut attendre de ses résultats.
Qu'est-ce qu'une échographie de croissance ?
L'échographie de croissance sert à estimer la taille et le poids du bébé, puis à vérifier qu'il grandit de façon régulière. Elle fait partie de chaque échographie de grossesse, mais elle peut aussi être réalisée seule, entre les échographies habituelles.
Les mesures réalisées
L'échographiste mesure plusieurs éléments, que l'on appelle la biométrie fœtale :
- le périmètre crânien et le diamètre de la tête ;
- le périmètre abdominal, au niveau du ventre du bébé ;
- la longueur du fémur, l'os de la cuisse.
À partir de ces mesures, une formule calcule une estimation du poids fœtal. Les résultats sont reportés sur des courbes de référence, comme celles du carnet de santé de l'enfant. On parle de « percentile » : un bébé au 50e percentile est exactement dans la moyenne.
Le liquide amniotique, le placenta et le Doppler
L'échographie de croissance évalue aussi la quantité de liquide amniotique et l'aspect du placenta. Selon la situation, l'échographiste peut réaliser un Doppler. Cet examen mesure la circulation du sang dans le cordon ombilical ou dans certaines artères du bébé. Il renseigne sur la qualité des échanges entre le placenta et le bébé.
Les échographies habituelles de la grossesse
Les trois échographies recommandées ont lieu au premier, au deuxième et au troisième trimestre. Celle du troisième trimestre, entre 30 et 35 SA, vérifie déjà la croissance, la position du bébé et celle du placenta. Pour en savoir plus, lisez notre article sur l'échographie du 3e trimestre. L'échographie de croissance supplémentaire vient s'ajouter à ce calendrier, quand c'est utile.
Pourquoi une échographie de croissance supplémentaire ?
Une échographie supplémentaire est proposée lorsqu'une question se pose sur la croissance du bébé. Voici les principales situations.
Une hauteur utérine inhabituelle
À chaque consultation, votre sage-femme ou votre médecin mesure la hauteur utérine, du pubis au sommet de l'utérus. Si elle est plus petite ou plus grande que prévu, une échographie permet de vérifier la croissance. Souvent, tout est normal : la mesure dépend aussi de votre morphologie et de la position du bébé.
Un bébé qui semble petit
Lors d'une échographie, le bébé peut apparaître sous le 10e percentile. On parle alors de bébé « petit pour l'âge gestationnel ». Une échographie de contrôle permet de voir s'il s'agit d'un bébé constitutionnellement petit ou d'une croissance qui ralentit.
Des antécédents ou des facteurs de risque
Une surveillance plus rapprochée peut être proposée dans certaines situations : un précédent bébé de petit poids, une hypertension artérielle, une prééclampsie lors d'une grossesse antérieure, le tabagisme ou une grossesse gémellaire. Elle peut aussi l'être en cas de diabète, connu avant la grossesse ou apparu pendant.
Un bébé qui semble grand
À l'inverse, un bébé au-dessus du 90e percentile ou un excès de liquide amniotique peuvent conduire à une échographie de contrôle. On recherche alors notamment un diabète gestationnel, s'il n'a pas déjà été dépisté.
Petit poids et retard de croissance intra-utérin
Le retard de croissance intra-utérin (RCIU) inquiète beaucoup de parents. Il est important de bien distinguer les termes.
Petit pour l'âge gestationnel ou vrai retard de croissance ?
Un bébé « petit pour l'âge gestationnel » a une estimation de poids inférieure au 10e percentile. Cela ne veut pas dire qu'il est malade. Beaucoup de bébés sont simplement petits, comme leurs parents, et grandissent normalement.
On parle de RCIU lorsque, en plus d'être petit, le bébé montre des signes de croissance insuffisante. Par exemple : une croissance qui ralentit d'une échographie à l'autre, ou un Doppler anormal. Le retard est dit sévère lorsque le poids estimé est sous le 3e percentile. C'est pourquoi une seule échographie ne suffit pas : c'est l'évolution qui compte.
Les causes possibles
La cause la plus fréquente est un fonctionnement insuffisant du placenta, qui apporte moins de nutriments et d'oxygène. D'autres causes existent : le tabac, certaines infections, une anomalie chromosomique ou génétique, ou des maladies maternelles. Souvent, aucune cause précise n'est retrouvée. Vous n'êtes pas responsable de ce qui arrive.
Comment le RCIU est surveillé
La surveillance repose sur des échographies de croissance répétées. Elles sont espacées de plusieurs semaines, car un intervalle trop court rend la comparaison peu fiable. Le Doppler de l'artère ombilicale est l'examen clé pour évaluer la situation. Selon les résultats, d'autres Doppler et un enregistrement du rythme cardiaque du bébé peuvent être proposés.
En cas de RCIU confirmé, le suivi est confié à une équipe obstétricale en maternité. Elle décide du rythme de surveillance et, si besoin, du meilleur moment pour la naissance. L'objectif est de trouver l'équilibre entre laisser le bébé grandir et le protéger.
Diabète gestationnel et macrosomie
Le diabète gestationnel est une autre raison fréquente de se poser la question de la croissance.
Le diabète gestationnel en quelques mots
Le diabète gestationnel correspond à une élévation du sucre dans le sang qui apparaît pendant la grossesse. Il est recherché chez les femmes qui présentent au moins un facteur de risque : âge de 35 ans ou plus, surpoids, diabète dans la famille proche, antécédent de diabète gestationnel ou de gros bébé. Le dépistage repose sur une glycémie à jeun au premier trimestre et, souvent, sur un test de charge en sucre entre 24 et 28 SA.
L'échographie en cas de diabète gestationnel
Lorsque le diabète gestationnel est bien équilibré, le suivi de grossesse est le même que pour toute grossesse. Une échographie supplémentaire en fin de grossesse peut toutefois être proposée, selon les recommandations du CNGOF et de la Société francophone du diabète. Elle permet notamment de vérifier que le bébé ne grandit pas trop vite.
Si le diabète est mal équilibré, ou si le bébé montre déjà des signes de croissance excessive, la surveillance est renforcée.
La macrosomie : un « gros bébé »
On parle de macrosomie lorsqu'un bébé pèse plus de 4 000 g à la naissance. C'est la principale conséquence démontrée du diabète gestationnel. Un bébé macrosome est plus exposé à un accouchement difficile et à une baisse de sucre dans le sang (hypoglycémie) juste après la naissance.
Une estimation de poids à prendre avec prudence
L'estimation du poids fœtal à l'échographie reste imprécise, surtout en fin de grossesse. Elle peut se tromper de plusieurs centaines de grammes, dans un sens comme dans l'autre. C'est pourquoi une estimation élevée ne suffit pas, à elle seule, à décider d'une césarienne. La décision est individuelle et se prend avec vous, après information.

Comment se déroule l'échographie de croissance ?
L'examen ressemble à vos autres échographies de grossesse. Il est indolore et sans danger pour le bébé.
Avant l'examen
Aucun jeûne n'est nécessaire. Au troisième trimestre, une vessie pleine n'est en général pas utile. Pensez à apporter vos comptes rendus d'échographies précédentes : ils sont indispensables pour comparer les mesures. Notre article sur la préparation de l'échographie de grossesse donne d'autres conseils pratiques.
Pendant l'examen
Vous êtes allongée sur le dos, ou légèrement sur le côté si cette position vous gêne. L'échographiste passe la sonde sur votre ventre avec du gel. Elle prend les mesures, évalue le liquide amniotique et, si besoin, réalise un Doppler. L'examen dure en général un peu plus longtemps si le bébé est mal placé.
Après l'examen
L'échographiste vous explique les résultats et vous remet un compte rendu. Les mesures sont comparées aux échographies précédentes. Si tout est rassurant, le suivi continue normalement. Sinon, un nouveau contrôle ou un avis en maternité peut être proposé.
⚠️ Quand consulter sans attendre ?
- Votre bébé bouge moins que d'habitude, ou vous ne le sentez plus bouger.
- Des maux de tête intenses, des troubles de la vue, des douleurs en haut du ventre ou un gonflement brutal du visage et des mains.
- Des saignements, une perte de liquide ou des contractions régulières avant terme.
Dans ces situations, rendez-vous à la maternité ou appelez le 15 (SAMU).
Les professionnelles qui vous accompagnent
Une échographie de croissance supplémentaire s'inscrit dans un suivi global. Plusieurs soignantes peuvent intervenir, chacune dans son rôle.
La sage-femme échographiste
Chez Kaliora, nos sages-femmes échographistes réalisent les échographies de grossesse, y compris les échographies de croissance, au centre de Paris 15. Elles comparent les mesures avec vos examens précédents et prennent le temps de vous les expliquer. Si la croissance soulève une question, elles vous orientent rapidement vers la maternité ou un échographiste référent. Toutes les informations pratiques sont sur notre page échographie à Paris 15.
La sage-femme de suivi
Votre sage-femme suit votre grossesse de consultation en consultation. Elle mesure la hauteur utérine, surveille votre tension et repère les signes qui doivent alerter. C'est souvent elle qui prescrit l'échographie de croissance et qui en reprend les résultats avec vous. Découvrez nos sages-femmes à Paris.
La diététicienne en cas de diabète gestationnel
Le diabète gestationnel se traite d'abord par l'alimentation et l'activité physique. Notre diététicienne vous aide à adapter vos repas, sans régime restrictif ni culpabilité. L'objectif est d'équilibrer la glycémie tout en couvrant vos besoins et ceux de votre bébé. Elle travaille en lien avec l'équipe qui suit votre diabète.
Le médecin généraliste et la psychologue
Le médecin généraliste peut prendre en charge une hypertension, une fatigue importante ou d'autres soucis de santé. Une surveillance rapprochée peut aussi faire monter l'inquiétude. Nos psychologues accompagnent les futures mères qui en ressentent le besoin.

Notre approche chez Kaliora
Chez Kaliora, nous souhaitons que chaque échographie soit un moment compris, et non une source d'angoisse. Nous prenons le temps d'expliquer les chiffres et ce qu'ils signifient vraiment pour votre bébé.
Notre force, c'est la pluridisciplinarité. Sages-femmes, sage-femme échographiste, diététicienne, médecin généraliste et psychologues travaillent sous le même toit. Lorsqu'une échographie de croissance montre un bébé petit ou grand, l'équipe peut coordonner la suite : contrôle échographique, adaptation de l'alimentation, soutien émotionnel. Et lorsque la situation relève de la maternité, nous vous orientons sans attendre.
Conseils pratiques pour aborder votre échographie de croissance
Voici quelques conseils pour vivre cet examen plus sereinement et en tirer le meilleur parti.
1. Gardez tous vos comptes rendus. La croissance s'évalue dans le temps. Sans les mesures précédentes, l'échographiste ne peut pas savoir si votre bébé suit sa courbe. Rangez vos comptes rendus dans une pochette ou prenez-les en photo. Apportez-les à chaque rendez-vous, y compris s'ils viennent d'un autre cabinet.
2. Posez la question du percentile. Un chiffre isolé dit peu de choses. Demandez à l'échographiste à quel percentile se situe votre bébé et comment il évolue. Un bébé qui reste sur le 15e percentile depuis le début grandit souvent de façon régulière. C'est le changement de courbe qui compte davantage.
3. Prenez l'estimation de poids avec recul. L'échographie estime le poids, elle ne le pèse pas. Une erreur de plusieurs centaines de grammes est possible en fin de grossesse. Évitez donc de vous focaliser sur un chiffre. Retenez plutôt le message global : la croissance est-elle régulière ?
4. Restez attentive aux mouvements du bébé. Au troisième trimestre, vous connaissez le rythme de votre bébé. Une diminution nette de ses mouvements doit vous amener à consulter le jour même. Ne patientez pas jusqu'à la prochaine échographie programmée.
5. Prenez soin de votre alimentation et de votre activité. En cas de diabète gestationnel, l'alimentation et l'activité physique adaptée sont au cœur du traitement. Une marche après les repas aide souvent à réguler la glycémie. Une diététicienne peut vous aider à trouver un équilibre réaliste, sans frustration.
6. Parlez de vos inquiétudes. Une surveillance rapprochée peut être vécue comme une source de stress. Exprimez-le à votre sage-femme. Comprendre pourquoi un examen est demandé, et ce qu'il peut montrer, aide souvent à apaiser l'anxiété.
Le suivi jusqu'à la naissance et après
Lorsqu'une échographie de croissance est rassurante, le suivi reprend son cours habituel. Votre sage-femme continue de mesurer la hauteur utérine et de vous examiner.
En cas de bébé petit pour l'âge gestationnel, la maternité définit le rythme de surveillance jusqu'à l'accouchement. Après la naissance, le bébé est pesé et mesuré. Sa croissance est ensuite suivie sur les courbes du carnet de santé.
En cas de diabète gestationnel, le suivi ne s'arrête pas à l'accouchement. Un dépistage du diabète est recommandé dans les mois qui suivent, puis régulièrement au fil des années. En effet, un diabète gestationnel augmente le risque de développer un diabète de type 2 plus tard. Votre sage-femme ou votre médecin généraliste peut organiser ce suivi.
FAQ : vos questions sur l'échographie de croissance
L'échographie de croissance est-elle remboursée ?
Les échographies prescrites dans le cadre du suivi de grossesse sont prises en charge par l'Assurance Maladie. À partir du sixième mois de grossesse, vos frais médicaux remboursables, liés ou non à la grossesse, sont pris en charge à 100 % sur la base des tarifs de l'Assurance Maladie, comme l'indique ameli.fr. Une échographie de croissance supplémentaire prescrite au troisième trimestre entre donc en général dans ce cadre. Des dépassements d'honoraires peuvent exister selon le praticien. Le secrétariat vous renseigne sur les conditions au moment de la prise de rendez-vous.
Mon bébé est sous le 10e percentile : est-ce grave ?
Pas forcément. Être sous le 10e percentile signifie que votre bébé est plus petit que 90 % des bébés au même terme. Beaucoup de bébés sont simplement petits de nature, comme l'un ou l'autre de leurs parents, et grandissent normalement. Pour distinguer un petit bébé en bonne santé d'un vrai retard de croissance, l'équipe s'appuie sur l'évolution de la croissance et sur le Doppler. Une échographie de contrôle quelques semaines plus tard permet souvent de lever le doute. Si un retard de croissance est confirmé, une surveillance adaptée est organisée avec la maternité.
Un diabète gestationnel signifie-t-il forcément un gros bébé ?
Non. Lorsque le diabète gestationnel est bien équilibré grâce à l'alimentation, à l'activité physique et, si besoin, à un traitement, le risque de macrosomie diminue nettement. La plupart des femmes avec un diabète gestationnel donnent naissance à un bébé de poids normal. C'est justement pour vérifier que tout se passe bien qu'une échographie supplémentaire peut être proposée en fin de grossesse. Si le bébé semble grandir trop vite, la surveillance et le traitement sont adaptés. Votre diététicienne et votre sage-femme sont là pour vous accompagner.
L'estimation du poids à l'échographie est-elle fiable ?
Elle donne une bonne idée de la tendance, mais elle reste approximative. L'estimation repose sur une formule qui combine plusieurs mesures du bébé. En fin de grossesse, elle peut s'écarter du poids réel de plusieurs centaines de grammes. La position du bébé, la quantité de liquide amniotique ou la morphologie de la mère influencent la précision. C'est pourquoi les décisions ne reposent jamais sur une seule estimation. L'équipe tient compte de l'évolution de la croissance, du Doppler et de votre situation. À la naissance, le poids réel réserve parfois une surprise.
Pourquoi faut-il attendre plusieurs semaines entre deux échographies de croissance ?
Parce qu'un bébé grandit de quelques dizaines de grammes par jour seulement, alors que chaque mesure comporte une petite marge d'erreur. Si les échographies sont trop rapprochées, cette marge peut masquer la croissance réelle, voire faire croire à tort qu'elle stagne. Espacer les examens de plusieurs semaines permet une comparaison plus fiable. Dans l'intervalle, le Doppler et la surveillance des mouvements du bébé renseignent sur son bien-être. Si l'équipe juge nécessaire un contrôle plus rapproché, elle vous l'expliquera.
En conclusion
Une échographie de croissance supplémentaire n'est pas un signe d'alarme. C'est un outil de vigilance, proposé lorsqu'une question se pose : bébé qui semble petit, retard de croissance intra-utérin, diabète gestationnel ou bébé qui paraît grand. Dans la grande majorité des cas, elle rassure. Lorsqu'elle révèle une difficulté, elle permet d'agir au bon moment.
Pour vos échographies de grossesse, retrouvez toutes les informations sur notre page échographie à Paris 15. Et si vous souhaitez être accompagnée tout au long de votre grossesse, vous pouvez rencontrer les sages-femmes et soignantes de nos centres de Paris 14 et 15.
Ces informations ne remplacent pas une consultation médicale. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.
Sources
- CNGOF / Société francophone du diabète, Recommandations pour la pratique clinique : le diabète gestationnel, décembre 2010.
- CNGOF, Recommandations pour la pratique clinique : le retard de croissance intra-utérin, 2013.
- Assurance Maladie (ameli.fr), Grossesse : démarches et accompagnement, consulté en octobre 2026.

Sage-femme échographiste
Sage-femme échographiste au centre Kaliora Paris 15, Élodie réalise les échographies gynécologiques et obstétricales et assure le suivi gynécologique de prévention, la contraception et l'orthogénie. Elle est titulaire du D.I.U. d'échographie gynécologique et obstétricale de la faculté de médecine Cochin-Port Royal.
N° RPPS : 10100041374
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