Douleur au pubis pendant la grossesse (symphyse pubienne) : pourquoi ça fait mal, et comment la kiné peut soulager

Une sensation de brûlure, de pincement ou de « coup de poignard » juste au-dessus du sexe quand vous enfilez un pantalon, montez un escalier ou vous retournez dans le lit ? Vous n'êtes pas seule, et vous n'êtes pas en train d'exagérer. La douleur au pubis pendant la grossesse fait partie des douleurs du bassin les plus fréquentes chez la femme enceinte. Selon une revue Cochrane, près d'une femme enceinte sur cinq souffre de douleurs pelviennes au cours de sa grossesse.
Cette douleur a un nom : on parle de douleur de la symphyse pubienne, de dysfonction symphysaire ou, plus largement, de douleur de la ceinture pelvienne. Elle peut être simplement gênante ou franchement handicapante au quotidien. Bonne nouvelle : elle se comprend bien, elle se soulage, et elle s'améliore le plus souvent après la naissance.
Dans cet article, nous vous expliquons pourquoi le pubis fait mal pendant la grossesse, comment reconnaître cette douleur, quand consulter, ce qui soulage au quotidien et ce que la kinésithérapie peut concrètement vous apporter.
La symphyse pubienne, cette articulation dont on ne parle jamais
La symphyse pubienne est une petite articulation située à l'avant du bassin, juste au-dessus du sexe. Elle relie les deux os pubiens, la partie droite et la partie gauche du bassin. Entre les deux, un disque de fibrocartilage joue le rôle d'amortisseur. Des ligaments solides entourent l'ensemble et le stabilisent.
En temps normal, cette articulation bouge très peu. Elle travaille en équipe avec les deux articulations sacro-iliaques, situées à l'arrière du bassin, de part et d'autre du sacrum. Ensemble, ces trois articulations forment un anneau. C'est cet anneau qui transmet le poids du haut du corps vers les jambes, à chaque pas.
Un anneau qui doit s'assouplir pour l'accouchement
Pendant la grossesse, le corps prépare le passage du bébé. Le bassin doit pouvoir s'ouvrir un peu le jour de l'accouchement. Pour cela, les ligaments deviennent plus souples et l'anneau pelvien gagne en mobilité. C'est une adaptation physiologique, utile et normale.
Mais cette souplesse a un revers. Un anneau plus mobile est aussi un anneau moins stable. Lorsque l'une des articulations bouge plus que l'autre, ou que les muscles peinent à compenser, la symphyse est davantage sollicitée. C'est là que la douleur peut apparaître.
Un vocabulaire parfois confusant
Vous entendrez peut-être plusieurs termes : pubalgie de grossesse, syndrome symphysaire, dysfonction de la symphyse pubienne, douleur de la ceinture pelvienne. Ils décrivent des réalités proches. La douleur peut rester localisée à l'avant, ou s'associer à une douleur à l'arrière du bassin, au niveau des fesses et des sacro-iliaques.
Le diastasis symphysaire, lui, désigne un écartement plus important que la normale entre les deux os pubiens. Pendant la grossesse, un écartement de quelques millimètres est physiologique. On parle de diastasis au-delà d'environ un centimètre. Il reste rare, et l'importance de l'écartement n'est pas toujours liée à l'intensité de la douleur.
Pourquoi le pubis fait-il mal pendant la grossesse ?
La douleur symphysaire n'a pas une cause unique. Elle résulte plutôt d'une combinaison de facteurs hormonaux, mécaniques et individuels. Comprendre ces mécanismes aide souvent à moins s'inquiéter… et à mieux agir.
La relaxine et les hormones de la grossesse
Dès le début de la grossesse, le corps sécrète plusieurs hormones, dont la relaxine. Comme son nom l'indique, elle participe au relâchement des tissus conjonctifs, et notamment des ligaments du bassin. Les œstrogènes et la progestérone contribuent aussi à cette laxité ligamentaire.
Résultat : les articulations du bassin deviennent plus mobiles. Chez certaines femmes, cette mobilité reste parfaitement tolérée. Chez d'autres, elle crée de petits déséquilibres et des frottements qui irritent la symphyse. On ne sait pas toujours prédire qui sera concernée, et ce n'est en aucun cas « de votre faute ».
Le poids du bébé et le changement de posture
Au fil des semaines, le ventre s'arrondit et le poids augmente. Le centre de gravité se déplace vers l'avant. Pour garder l'équilibre, le dos se cambre davantage et le bassin bascule. Ces changements modifient la façon dont les forces se répartissent dans l'anneau pelvien.
De plus, les muscles abdominaux s'étirent pour laisser de la place à l'utérus. Ils stabilisent donc moins bien le bassin. Les muscles des fesses, des cuisses et du plancher pelvien doivent compenser. Lorsqu'ils fatiguent, la symphyse encaisse davantage. C'est pourquoi la douleur s'accentue souvent en fin de journée et au troisième trimestre.
Des facteurs qui augmentent le risque
Certaines situations rendent la douleur plus probable. Les avoir ne signifie pas que vous souffrirez forcément, mais cela invite à être attentive :
- des douleurs du bassin ou du dos avant la grossesse, ou lors d'une grossesse précédente ;
- une grossesse multiple, ou des grossesses rapprochées ;
- un antécédent de traumatisme du bassin (chute, accident) ;
- un travail physique avec port de charges ou station debout prolongée ;
- une grande asymétrie dans les appuis du quotidien, comme porter souvent un aîné sur la même hanche.
Comment reconnaître une douleur de la symphyse pubienne ?
La douleur symphysaire a une signature assez caractéristique. La reconnaître permet d'en parler précisément à votre sage-femme ou à votre médecin, et d'être orientée plus vite.
Les signes typiques
La douleur se situe à l'avant du bassin, au centre, juste au-dessus du sexe. Elle est souvent décrite comme une brûlure, un pincement, une décharge ou une sensation de « bassin qui se déboîte ». Elle peut irradier vers l'aine, l'intérieur des cuisses, le périnée ou le bas du ventre.
D'autres signes sont fréquents :
- un claquement ou un craquement perçu au niveau du pubis lors de certains mouvements ;
- une douleur au toucher directement sur l'os pubien ;
- une démarche qui change, plus lente, avec un léger dandinement ;
- une association avec des douleurs à l'arrière du bassin, au niveau des fesses ou des sacro-iliaques ;
- une aggravation en fin de journée ou après une longue marche.
La douleur peut s'installer progressivement au fil des mois, ou survenir plus brutalement. Elle varie beaucoup d'une femme à l'autre, et parfois d'un jour à l'autre.
Les gestes qui réveillent la douleur
Ce qui caractérise la douleur symphysaire, c'est surtout son lien avec certains mouvements. Ce sont tous des gestes où les deux jambes travaillent de façon asymétrique, ou s'écartent :
- se tenir debout sur une seule jambe, par exemple pour enfiler un pantalon ou une chaussette ;
- monter ou descendre un escalier ;
- se retourner dans le lit ;
- sortir de la voiture ;
- écarter les jambes, notamment pendant un examen gynécologique ;
- marcher longtemps, faire de grands pas ou porter une charge.
Si vous vous reconnaissez dans cette liste, ce n'est pas une fatalité. Vous verrez plus loin que de petits ajustements changent souvent beaucoup de choses.
Quand consulter, et qui consulter ?
Une douleur au pubis mérite toujours d'être signalée, même si elle vous paraît banale. Inutile de « serrer les dents » jusqu'à l'accouchement : plus la prise en charge est précoce, plus il est facile de garder une vie quotidienne confortable.
Le diagnostic est avant tout clinique. Votre sage-femme ou votre médecin vous interroge sur la douleur, les gestes qui la déclenchent, puis examine le bassin. Certains tests simples permettent de reproduire la douleur et de distinguer une origine pelvienne d'une origine lombaire. Une échographie de la symphyse peut parfois être proposée, mais elle n'est pas systématique. L'objectif est aussi d'éliminer d'autres causes de douleur du bas du ventre.
Ensuite, si besoin, une prescription de kinésithérapie vous sera remise. Une sage-femme peut tout à fait vous la prescrire dans le cadre du suivi de grossesse.
Quand consulter en urgence ?
Certains signes ne relèvent pas de la douleur symphysaire « classique » et doivent vous amener à contacter rapidement votre maternité ou les urgences :
- une douleur du bas du ventre associée à des contractions régulières, des saignements ou une perte de liquide ;
- de la fièvre, ou des brûlures en urinant (une infection urinaire peut donner des douleurs au-dessus du pubis) ;
- une douleur brutale et intense après une chute ou un choc ;
- l'impossibilité de vous tenir debout ou de marcher ;
- une jambe rouge, chaude, gonflée ou douloureuse, en particulier au mollet ;
- une diminution des mouvements de votre bébé.

Ce que la kinésithérapie peut vous apporter
La kinésithérapie est au cœur de la prise en charge de la douleur symphysaire. Elle ne « referme » pas la symphyse, et ce n'est d'ailleurs pas le but. Elle vise à rendre le bassin plus stable, à diminuer la douleur et à vous redonner de l'aisance dans vos mouvements.
Une revue Cochrane sur les douleurs lombaires et pelviennes de la grossesse montre que l'activité physique adaptée améliore la fonction au quotidien et réduit les arrêts de travail. Elle suggère aussi que les approches combinant thérapie manuelle, exercices et éducation peuvent être bénéfiques. Les effets indésirables rapportés étaient mineurs et transitoires. Les études restent toutefois de qualité variable : c'est pourquoi une prise en charge individualisée reste la clé.
Le premier rendez-vous : un bilan complet
La première séance commence toujours par un temps d'échange. Votre kinésithérapeute vous demande où vous avez mal, depuis quand, et surtout quels gestes réveillent la douleur. Elle s'intéresse aussi à votre quotidien : votre travail, vos trajets, vos enfants éventuels, votre sommeil.
Vient ensuite un examen doux du bassin, du dos et des hanches. Elle observe votre posture, votre façon de marcher, la mobilité de chaque articulation et la force de vos muscles stabilisateurs. Tout se fait à votre rythme, et vous pouvez demander à arrêter un test à tout moment. À l'issue de ce bilan, elle vous explique ce qu'elle a observé et vous propose un plan de soins adapté.
Le déroulé des séances
Chaque séance associe plusieurs approches, choisies selon vos besoins :
- des techniques manuelles douces pour détendre les muscles contractés autour du bassin et rééquilibrer les appuis ;
- des exercices de stabilisation du bassin, en travaillant les muscles profonds : transverse de l'abdomen, fessiers, adducteurs et plancher pelvien ;
- un travail respiratoire, car la respiration et le périnée sont intimement liés à la stabilité du tronc ;
- de l'éducation aux bons gestes : se lever, se coucher, s'habiller, porter, avec des stratégies concrètes pour votre vie à vous ;
- des conseils sur la ceinture de soutien, son choix et son port, si elle est indiquée.
Le nombre de séances varie selon l'intensité de la douleur et son évolution. Souvent, quelques séances rapprochées permettent de soulager, puis le rythme s'espace. L'objectif est que vous repartiez avec des exercices simples à refaire chez vous.
Les exercices adaptés
Les exercices proposés en séance sont doux, progressifs et toujours indolores. Il ne s'agit pas de « forcer », mais de réveiller les muscles qui tiennent le bassin. On travaille souvent en position assise, sur le côté ou à quatre pattes, des positions confortables pendant la grossesse.
Par exemple, votre kinésithérapeute peut vous apprendre à contracter doucement le transverse de l'abdomen en expirant, comme pour rentrer légèrement le bas du ventre vers la colonne. Elle peut aussi vous proposer de serrer un petit coussin entre les genoux, pour activer les adducteurs et rapprocher les deux os pubiens. Ces exercices semblent simples, mais leur précision compte : c'est pourquoi il est préférable de les apprendre avec une professionnelle avant de les pratiquer seule.
Et le rôle de l'ostéopathie et de la sage-femme ?
La douleur symphysaire gagne à être prise en charge en équipe. Votre sage-femme assure le suivi de grossesse, pose le diagnostic et coordonne les soins. L'ostéopathe peut compléter la kinésithérapie par une approche manuelle globale du bassin et du dos, comme nous l'expliquons dans notre article sur l'ostéopathie pendant la grossesse. Ces approches ne s'opposent pas : elles se complètent.
Ce qui soulage au quotidien : nos conseils pratiques
En parallèle des séances, de petits ajustements au quotidien peuvent nettement diminuer la douleur. L'idée générale est simple : garder les jambes ensemble et éviter les mouvements asymétriques. Voici nos conseils les plus utiles.
1. S'habiller assise
Enfiler un pantalon, une culotte ou des chaussettes debout sur une jambe sollicite fortement la symphyse. En vous asseyant au bord du lit ou sur une chaise, vous répartissez le poids sur les deux fesses et le bassin reste stable. Préparez vos vêtements à portée de main la veille, pour ne pas avoir à vous pencher ou à tourner. Des chaussures sans lacets, que l'on enfile sans se baisser, rendent aussi la vie plus douce.
2. Se retourner dans le lit « en bloc »
Se retourner dans le lit est souvent l'un des moments les plus douloureux de la nuit. Pour limiter le cisaillement au niveau du pubis, serrez les genoux l'un contre l'autre, contractez légèrement le bas du ventre, puis tournez épaules, bassin et genoux en même temps, comme un seul bloc. Un coussin d'allaitement ou un oreiller placé entre les genoux et les chevilles garde ensuite les jambes alignées pendant le sommeil. Certaines femmes apprécient aussi un drap en satin, qui facilite le glissement.
3. Monter les escaliers une marche à la fois
Dans les escaliers, chaque marche oblige une jambe à porter tout le poids. Pour soulager la symphyse, montez avec la jambe la moins douloureuse en premier, puis ramenez l'autre sur la même marche. Pour descendre, commencez par la jambe la plus douloureuse. Tenez-vous à la rampe, prenez votre temps, et limitez si possible le nombre d'allers-retours dans la journée. Ce n'est pas un aveu de faiblesse : c'est de l'économie articulaire.
4. Sortir de la voiture les jambes serrées
Pour sortir de la voiture, asseyez-vous d'abord sur le siège, genoux serrés, puis pivotez les deux jambes ensemble vers l'extérieur avant de vous lever. Faites l'inverse pour entrer. Un sac plastique posé sur le siège aide à pivoter sans effort. Ce geste devient vite un réflexe et évite l'écart brutal des jambes, très sollicitant pour le pubis.
5. Faire des pas plus courts et fractionner les efforts
Les grandes enjambées et la marche prolongée augmentent la douleur. Raccourcissez légèrement vos pas, et alternez les périodes debout et assises. Mieux vaut plusieurs petites marches dans la journée qu'une longue promenade. Évitez aussi de porter une charge d'un seul côté : un sac à dos léger ou un caddie répartissent mieux le poids qu'un sac à l'épaule. Si vous avez un aîné, essayez de ne pas le porter sur la hanche ; asseyez-vous plutôt pour le câliner.
6. Écouter la douleur pour doser l'activité
Rester active reste bénéfique pendant la grossesse, mais l'activité doit être indolore pendant et après. Une bonne règle : si un mouvement augmente nettement la douleur le soir ou le lendemain, il faut l'adapter. La natation en crawl ou en dos crawlé est souvent bien tolérée ; la brasse, avec son écart des jambes, l'est moins. Votre kinésithérapeute vous aidera à trouver ce qui vous convient.
Et la ceinture de soutien ?
La ceinture de soutien de grossesse, ou ceinture pelvienne, peut apporter un vrai soulagement à certaines femmes. Placée bas, sous le ventre, au niveau des hanches, elle maintient l'anneau pelvien et limite les mouvements excessifs. Elle est particulièrement utile pendant les activités qui réveillent la douleur, comme la marche ou les courses.
Elle ne remplace pas pour autant les exercices. Portée en permanence, elle peut même réduire l'activité des muscles qu'on cherche à renforcer. C'est pourquoi nous conseillons de demander l'avis de votre kinésithérapeute ou de votre sage-femme avant de l'acheter. Elle vous aidera à choisir le bon modèle, à la placer correctement et à définir les moments où la porter. Une ceinture peut être prescrite ; pour connaître son remboursement, demandez le code LPP à votre fournisseur.
Notre approche chez Kaliora
Chez Kaliora, nous accompagnons les femmes à toutes les étapes de la vie, et la grossesse en fait évidemment partie. Nous savons combien une douleur au pubis peut peser sur le moral, le sommeil et le plaisir de vivre sa grossesse. Notre objectif est simple : vous écouter, vous expliquer, et vous soulager le plus vite possible.
Nos kinésithérapeutes, dont une praticienne spécialisée en rééducation de la femme, vous reçoivent au sein de notre équipe de kinésithérapie du 15e, à Motte-Picquet. Elles prennent en charge les douleurs du bassin et du dos pendant la grossesse, puis la rééducation périnéale et abdominale après l'accouchement. Après la naissance, elles peuvent par exemple vous accompagner pour un diastasis des grands droits, souvent associé à une fragilité de la sangle abdominale.
Le grand atout d'un centre pluridisciplinaire, c'est la coordination. Vos sages-femmes, médecins, ostéopathes et kinésithérapeutes travaillent sous le même toit et échangent entre eux, avec votre accord. Vous n'avez pas à répéter votre histoire à chaque rendez-vous. Pour en savoir plus sur l'ensemble de notre offre, découvrez notre accompagnement pour le suivi de grossesse à Paris.
Bon à savoir : à partir du premier jour du sixième mois de grossesse et jusqu'au douzième jour après l'accouchement, l'Assurance Maladie prend en charge à 100 % les frais médicaux remboursables, qu'ils soient liés ou non à la grossesse, comme le précise ameli.fr. Les séances de kinésithérapie prescrites sont concernées, dans la limite des tarifs de la Sécurité sociale.

Et après l'accouchement ?
C'est souvent la question qui inquiète le plus : la douleur va-t-elle durer ? Pour la grande majorité des femmes, la douleur symphysaire diminue nettement dans les semaines qui suivent la naissance, à mesure que les hormones de la grossesse s'estompent et que les ligaments retrouvent leur tonus.
Préparer l'accouchement en douceur
Parlez de votre douleur à l'équipe de la maternité avant le jour J, et notez-la dans votre projet de naissance. Une astuce utile : mesurez, avec l'aide d'une proche, l'écartement maximal de vos genoux sans douleur, en position allongée. Communiquez cette distance à l'équipe. Elle pourra en tenir compte pour vous installer confortablement. Les positions sur le côté ou à quatre pattes sont souvent plus confortables que les jambes très écartées.
Quand la douleur persiste
Chez certaines femmes, les douleurs du bassin persistent plus longtemps. Les recommandations françaises sur la rééducation du post-partum indiquent que les douleurs lombaires ou de la ceinture pelvienne persistent plusieurs mois après l'accouchement chez plus d'un tiers des femmes. Ces mêmes recommandations considèrent qu'une douleur pelvienne qui dure justifie une rééducation.
Si la douleur ne s'améliore pas, n'attendez pas : parlez-en lors de votre consultation postnatale. Une rééducation ciblée du bassin, du périnée et des abdominaux peut vous aider à retrouver confort et confiance dans votre corps. Une grossesse suivante n'entraîne pas forcément une récidive, mais il est utile d'anticiper et de consulter dès les premiers signes.
FAQ : vos questions sur la douleur au pubis pendant la grossesse
La douleur au pubis est-elle dangereuse pour mon bébé ?
Non, la douleur de la symphyse pubienne n'est pas dangereuse pour votre bébé. Elle concerne l'articulation du bassin de la maman, pas l'utérus ni le placenta. Elle ne signifie pas que le bébé « appuie trop » ou qu'il va naître trop tôt. En revanche, elle peut être très inconfortable et retentir sur votre sommeil, votre moral et votre mobilité, ce qui mérite d'être pris au sérieux. Restez attentive aux signes inhabituels : contractions régulières, saignements, fièvre ou perte de liquide doivent vous amener à consulter rapidement votre maternité, car ils ne relèvent pas de la douleur symphysaire.
À partir de quand la douleur au pubis apparaît-elle ?
Elle peut apparaître à n'importe quel moment de la grossesse. Certaines femmes la ressentent dès le premier trimestre, sous l'effet des hormones, d'autres seulement en fin de grossesse, quand le poids du bébé augmente. Elle est souvent plus marquée au troisième trimestre et en fin de journée. Plus rarement, elle survient ou s'aggrave autour de l'accouchement. Il n'y a pas de « bon » moment pour consulter : dès que la douleur gêne votre quotidien, parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin. Une prise en charge précoce permet souvent de garder une meilleure mobilité jusqu'à la naissance.
Peut-on faire de la kinésithérapie pendant toute la grossesse ?
Oui, la kinésithérapie peut être pratiquée tout au long de la grossesse, du premier trimestre jusqu'aux dernières semaines. Les techniques sont adaptées à votre terme : positions confortables sur le côté ou assise, exercices doux et indolores, pas de manœuvres brutales. Votre kinésithérapeute tient compte de votre suivi médical et adapte les séances si votre grossesse nécessite des précautions particulières. Pour être remboursées, les séances doivent être prescrites, par votre médecin ou votre sage-femme. À partir du sixième mois, elles sont prises en charge à 100 % dans la limite des tarifs de la Sécurité sociale.
La ceinture de grossesse suffit-elle à soulager le pubis ?
La ceinture de soutien peut soulager, surtout pendant la marche et les activités qui réveillent la douleur. Placée bas, au niveau des hanches, elle stabilise le bassin. Mais elle ne suffit généralement pas à elle seule, et ne doit pas être portée en continu, au risque de moins solliciter les muscles stabilisateurs. Elle fonctionne mieux associée à des exercices adaptés et à de bons gestes au quotidien. Demandez conseil à votre kinésithérapeute ou à votre sage-femme pour choisir le modèle, le régler correctement et savoir quand le porter. Ce petit accompagnement fait souvent toute la différence.
Vais-je pouvoir accoucher par voie basse avec une douleur symphysaire ?
Dans l'immense majorité des cas, oui. La douleur de la symphyse pubienne n'est pas, en soi, une indication de césarienne. L'essentiel est d'en informer l'équipe de la maternité à l'avance, et de le noter dans votre projet de naissance. L'équipe pourra privilégier des positions qui limitent l'écartement des jambes, comme la position sur le côté ou à quatre pattes, et respecter vos amplitudes confortables. Mesurer au préalable l'écartement de vos genoux sans douleur est une aide précieuse. N'hésitez pas à poser toutes vos questions lors de vos consultations de fin de grossesse.
En conclusion : vous n'avez pas à serrer les dents
La douleur au pubis pendant la grossesse est fréquente, réelle et légitime. Elle s'explique par l'assouplissement naturel du bassin sous l'effet de la relaxine, combiné aux changements de posture et de poids. Elle ne met pas votre bébé en danger, mais elle peut rendre le quotidien difficile. Vous méritez d'être soulagée.
Des gestes simples, une ceinture bien choisie et surtout une prise en charge en kinésithérapie permettent dans la plupart des cas de retrouver du confort. Si vous ressentez cette douleur, parlez-en sans attendre à votre sage-femme ou à votre médecin. Pour être accompagnée par un ou une kinésithérapeute à Paris, formé·e à la grossesse et à la rééducation de la femme, notre équipe est là pour vous.
Vous souhaitez prendre rendez-vous ? Retrouvez toute l'équipe et les disponibilités de nos deux centres, Paris 14e Montparnasse et Paris 15e Motte-Picquet, sur notre page kinésithérapeutes, sages-femmes et soignants Kaliora.
Sources
- Liddle S.D., Pennick V. Interventions pour la prévention et le traitement des douleurs pelviennes et dorsales pendant la grossesse. Cochrane, 30 septembre 2015.
- ANAES (aujourd'hui HAS). Rééducation dans le cadre du post-partum, recommandations pour la pratique clinique, décembre 2002.
- Assurance Maladie. Maternité : déclaration, prise en charge et feuille de soins, ameli.fr, mis à jour le 17 mars 2026.
- Puppo S., Boubli L. Algies pelviennes non gynécologiques. CNGOF, Mises à jour en gynécologie médicale, 2005.
Ces informations ne remplacent pas une consultation médicale. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.
Le parcours de soin Kaliora sur ce sujet
Nos équipes de Paris 14 et Paris 15 accompagnent cette situation dans la durée, en coordonnant plusieurs professionnels autour d'un même suivi.

Kinésithérapeute
Kinésithérapeute au centre Kaliora, Chloé est spécialisée dans la prise en charge de la femme, du nourrisson, de l'enfant et de l'adolescent, avec une expertise particulière en kinésithérapie pédiatrique et en accompagnement des femmes touchées par un cancer du sein.
N° RPPS : 10110612578
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