Crises de colère chez l'enfant : ce qui est normal selon l'âge, comment réagir et quand consulter un psychologue

Il s'est jeté par terre au milieu du supermarché. Il a hurlé parce que vous aviez coupé sa tartine dans le mauvais sens. Il vous a tapé quand vous avez éteint la tablette. Si vous lisez ces lignes, vous avez sans doute déjà vécu ce moment où la crise de colère enfant vous laisse démuni, épuisé, parfois honteux sous le regard des autres.
Rassurez-vous : vous n'êtes ni seul, ni un mauvais parent. Entre 2 et 8 ans, les colères font partie du chemin de très nombreux enfants. Elles disent quelque chose d'important : votre enfant ressent des émotions puissantes, et il n'a pas encore les outils pour les contenir.
Dans cet article, nous vous proposons des repères concrets. Ce qui est attendu selon l'âge. Ce que vous pouvez faire pendant la tempête, et après. Les situations qui méritent un avis, comme un enfant qui tape ou des crises très fréquentes. Et enfin, comment se déroule une consultation avec une psychologue pour enfants dans nos centres pluridisciplinaires Kaliora de Paris 14e et Paris 15e.
Crise de colère chez l'enfant : de quoi parle-t-on ?
Une crise de colère est une explosion émotionnelle, le plus souvent déclenchée par une frustration. L'enfant crie, pleure, trépigne, se roule au sol, lance des objets. Il peut devenir rouge, donner des coups de pied ou de poing. Certains enfants retiennent même leur respiration quelques secondes avant de reprendre leur souffle.
Une tempête émotionnelle, pas un caprice
On parle souvent de « caprice ». Le mot est trompeur. Il laisse penser que l'enfant choisit de faire une scène pour obtenir quelque chose. En réalité, pendant la crise, il est le plus souvent débordé par ce qu'il ressent. Il ne « fait » pas une colère : il est dans la colère.
C'est pourquoi les longues explications passent rarement au cœur de la crise. Votre enfant n'est pas en état de les entendre. Il a d'abord besoin de redescendre, et il a besoin de vous pour y parvenir.
Pourquoi l'enfant s'emballe aussi vite
Plusieurs éléments se combinent. Le Manuel MSD cite d'abord la frustration, la fatigue, l'ennui et la faim. S'y ajoutent parfois la recherche d'attention, le désir d'obtenir quelque chose ou d'éviter une tâche. Le plus souvent, la crise naît d'une rencontre entre le tempérament de l'enfant, les circonstances du moment et une étape normale de son développement.
Par ailleurs, le jeune enfant vit un décalage permanent. Ses envies sont immenses, mais son langage reste limité. Il veut tout faire seul, mais il n'y arrive pas encore. Il sent l'émotion monter, mais il ne sait pas encore la nommer ni la freiner. Cette capacité à réguler ses émotions se construit lentement, pendant toute l'enfance, grâce aux adultes qui l'accompagnent.
Enfin, certains moments sont plus sensibles que d'autres : la fin de journée, le retour de la crèche ou de l'école, les transitions (quitter le parc, sortir du bain, aller se coucher), ou les périodes de changement comme l'arrivée d'un bébé ou un déménagement.
Crise de colère selon l'âge : ce qui est normal
Les colères n'ont pas le même visage à 2 ans et à 7 ans. Selon le Manuel MSD, elles apparaissent souvent vers la fin de la première année, sont les plus fréquentes entre 2 et 4 ans, puis deviennent plus rares après 5 ans. Voici ce que l'on observe le plus souvent à chaque âge.
Crise de colère à 2-3 ans : l'âge du « non »
C'est la période la plus intense, celle que l'on surnomme parfois les « terribles deux ans ». Votre enfant découvre qu'il est une personne distincte de vous. Il dit « non » pour exister, pour affirmer ses choix. Il veut mettre ses chaussures seul, choisir son verre, décider du chemin.
Chaque obstacle peut alors devenir une tragédie. Le pain cassé, le jouet refusé, la porte que vous avez ouverte à sa place. Les crises peuvent être spectaculaires et survenir plusieurs fois par semaine, parfois par jour. À cet âge, il arrive aussi qu'un enfant morde ou tape : comme le rappellent les pédiatres de l'AFPA sur Santé.fr, avant 2 ans l'agressivité passe surtout par le geste, faute de mots.
Ces crises sont attendues à cet âge. Elles ne signifient pas que votre enfant « a un problème », ni que vous vous y prenez mal.
Crise de colère à 4-5 ans : les mots prennent le relais
Vers 4 ou 5 ans, le langage s'est enrichi. Votre enfant peut dire « je suis fâché », négocier, argumenter. D'après l'AFPA, après 3 ans l'agressivité physique diminue généralement au profit d'une agressivité plus verbale. Les crises s'espacent souvent, même si elles peuvent rester vives.
À cet âge, la colère s'exprime aussi par des mots qui blessent : « Je ne t'aime plus », « Tu es méchante ». Ces phrases font mal à entendre. Elles traduisent pourtant une émotion du moment, pas un sentiment profond. L'entrée à l'école, les règles collectives et la fatigue des journées longues peuvent alimenter les colères du soir.
Crise de colère à 6-8 ans : des colères plus rares, plus « raisonnées »
Entre 6 et 8 ans, la plupart des enfants savent mieux attendre, patienter, mettre des mots sur ce qu'ils ressentent. Les grandes crises au sol deviennent rares. La colère prend d'autres formes : claquer une porte, bouder, s'enfermer dans sa chambre, crier « c'est injuste ! ».
À cet âge, l'enfant est très sensible à la justice, au regard des copains, à la réussite. Une colère peut cacher une déception, une humiliation à l'école, une inquiétude. Elle mérite d'être écoutée, sans pour autant être excusée si elle déborde sur les autres.
Pour résumer ces repères, voici ce qui relève le plus souvent du développement normal :
- des crises fréquentes entre 2 et 4 ans, qui s'espacent ensuite ;
- des crises courtes : beaucoup d'enfants se calment en quelques minutes dans un endroit sûr ;
- un enfant qui retrouve son calme, son sourire et ses jeux entre les crises ;
- des colères liées à des déclencheurs identifiables : fatigue, faim, frustration, transitions.
Comment calmer une crise de colère : les gestes pendant la tempête
Il n'existe pas de formule magique, et aucun parent ne réussit à chaque fois. Mais quelques gestes peuvent aider l'enfant à traverser la crise, et vous à la traverser avec lui. Comment calmer une crise de colère ? Souvent, en commençant par préserver votre propre calme, ce qui est loin d'être facile.
Prendre une respiration avant d'agir. Une crise d'enfant réveille facilement notre propre agacement, surtout quand nous sommes fatigués ou observés. Prendre deux secondes pour souffler aide à ne pas être emporté à son tour. Votre calme peut aider votre enfant à retrouver le sien.
Mettre votre enfant en sécurité. Écartez les objets dangereux, éloignez-le doucement de la route ou de l'escalier. S'il lance des objets ou se cogne, protégez-le, et protégez les autres.
Parler peu, d'une voix posée. Au cœur de la crise, les longues explications passent rarement. Quelques mots suffisent : « Je suis là. Tu es très en colère. Je reste avec toi. » Raisonner ou négocier pourra attendre que la tempête soit passée.
Tenir la règle, avec douceur. Il arrive à tous les parents de céder, surtout en fin de journée ou devant du monde. Quand c'est possible, maintenir calmement un « non » aide l'enfant à comprendre que les limites restent stables, même quand il est très fâché. Vous pouvez accueillir l'émotion (« Tu es déçu, je comprends ») sans changer la règle.
Proposer une diversion, si elle est possible. Le Manuel MSD souligne que détourner l'attention vers une autre activité fonctionne souvent mieux que de revenir sans cesse sur l'objet de la colère, ce qui tend à prolonger la crise. Chez le tout-petit, un oiseau à la fenêtre ou une chanson suffisent parfois.
Offrir un temps pour se calmer. Si la crise dure, éloigner l'enfant de la situation peut aider. Il ne s'agit pas de le punir ni de le laisser seul avec sa détresse. Il s'agit de lui offrir un endroit calme, avec un adulte disponible à proximité. Certains enfants acceptent un câlin, d'autres ont besoin d'un peu d'espace : vous apprendrez peu à peu à reconnaître ce qui convient au vôtre.
Et en public ? Le regard des autres pèse lourd. Pourtant, votre enfant a besoin de la même chose qu'à la maison : un adulte présent, aussi calme que possible. Vous pouvez l'emmener à l'écart, dans un coin plus tranquille ou dehors. Une crise au supermarché ne dit rien de la qualité de votre lien avec votre enfant.
Un mot enfin sur les réponses que l'on regrette. À bout de nerfs, il arrive à chacun de crier plus fort que l'enfant, ou d'avoir un geste brusque. Cela ne fait pas de vous un mauvais parent. Revenir vers votre enfant, reconnaître que vous vous êtes emporté et vous excuser lui montre aussi comment on répare. Et si ces débordements se répètent, c'est le signe qu'il est temps de chercher du soutien pour vous, pas une faute.
Après la crise : renouer le lien et apprendre ensemble
Le moment qui suit la crise compte autant que la crise elle-même. C'est là que l'apprentissage peut se faire, quand chacun a retrouvé son calme.
Renouer avant d'expliquer
Après une colère, l'enfant se sent souvent fragile. Il peut avoir eu peur de sa propre émotion, ou craindre d'avoir perdu votre affection. Un câlin, un regard, un « c'est fini, je t'aime toujours » le rassurent. Le lien d'abord, l'explication ensuite.
Mettre des mots sur ce qui s'est passé
Quand votre enfant est apaisé, revenez brièvement sur la scène, sans faire de procès. « Tout à l'heure, tu étais très fâché parce qu'on devait partir du parc. » Mettre des mots sur l'émotion aide l'enfant à la reconnaître la prochaine fois. Avec un plus grand, vous pouvez chercher ensemble ce qui aurait pu l'aider : prévenir plus tôt, prendre un objet du parc, compter jusqu'à cinq.
Réparer, en douceur
Si la colère a abîmé quelque chose ou blessé quelqu'un, l'enfant peut participer à réparer : ramasser les jouets lancés, faire un dessin pour sa sœur, aider à recoller la page déchirée. La réparation l'aide à comprendre les conséquences de ses actes, sans le réduire à « l'enfant méchant ».
Enfant colérique : que faire au quotidien ?
Certains enfants semblent plus prompts que d'autres à exploser. On parle alors d'enfant colérique. Souvent, il s'agit d'un tempérament plus intense, plus sensible à la frustration ou aux changements. Ce n'est ni une faute, ni une fatalité. Au quotidien, plusieurs pistes peuvent alléger les journées. Prenez celles qui vous parlent : il ne s'agit pas de tout appliquer d'un coup.
Prendre soin des besoins de base. La fatigue et la faim font partie des déclencheurs les plus courants. Un goûter à la sortie de l'école, des horaires de coucher réguliers et des temps calmes dans la journée peuvent limiter les occasions de crise. Pourquoi cela peut aider ? Parce qu'un enfant reposé et nourri dispose de plus de ressources pour supporter la frustration.
Anticiper les transitions. Passer d'une activité à une autre est difficile pour beaucoup d'enfants. Prévenez quelques minutes avant : « Encore deux toboggans, puis on rentre. » Un minuteur ou une petite routine (dire au revoir aux balançoires) peuvent aider. L'enfant se prépare ainsi au changement au lieu de le subir.
Offrir des choix limités. « Tu veux mettre le pull bleu ou le vert ? » plutôt que « Mets ton pull. » Choisir entre deux options donne à l'enfant un sentiment de contrôle, sans remettre en cause la règle. C'est particulièrement utile à l'âge du « non ».
Remarquer ce qui va bien. Quand les journées sont difficiles, il est bien naturel de relever surtout ce qui ne va pas. L'AFPA rappelle d'ailleurs qu'un enfant souvent en colère est plus souvent repris que complimenté. Soulignez les moments où il a su attendre, partager, dire « je suis fâché » au lieu de taper. Ces encouragements nourrissent sa confiance et l'envie de recommencer.
Jouer avec les émotions. Les livres, les jeux de rôle, les marionnettes permettent d'apprivoiser la colère à froid. Demandez-lui ce que ressent le personnage, ce qu'il pourrait faire. Une activité sportive ou artistique peut aussi aider à canaliser l'énergie.
Prendre soin de vous. Accompagner un enfant colérique demande une énergie considérable. Si vous vous sentez à bout, irritable, coupable en permanence, ce n'est pas un échec personnel. Notre article sur le burn-out parental peut vous aider à repérer les signes d'épuisement. Et si c'est votre propre colère qui vous inquiète, nous avons aussi consacré un article à la façon de gérer sa colère et ses émotions à l'âge adulte.
Enfant qui tape : sa maman, les autres enfants
C'est l'une des situations qui inquiètent le plus les parents. Un enfant qui tape sa maman, son père, son frère ou un camarade à la crèche suscite souvent beaucoup de honte et de questions.
Chez le tout-petit, un geste à la place des mots
Avant 3 ans, taper, mordre ou griffer sont des réactions fréquentes. L'enfant n'a pas encore les mots pour dire sa frustration, alors il la dit avec son corps. Il n'est pas rare qu'il tape d'abord le parent dont il se sent le plus proche : c'est souvent avec la personne la plus sûre que l'on ose le plus.
Vous pouvez pour autant poser une limite claire. Arrêtez le geste calmement, en tenant sa main si besoin. Dites simplement : « Je ne te laisse pas me taper. Tu peux être en colère, mais pas me faire mal. » Proposez-lui une autre façon d'exprimer sa colère : taper du pied, serrer un coussin, dire « je suis fâché ».
Quand l'enfant tape les autres enfants
À la crèche, chez l'assistante maternelle ou à l'école, un enfant qui tape ses camarades est souvent signalé par les professionnels. Échangez avec eux pour comprendre dans quelles situations cela se produit : moments de partage, de fatigue, de bruit, de jeu en groupe. Ces observations sont précieuses.
Après le geste, aidez votre enfant à reconnaître ce que l'autre a ressenti, puis à réparer : demander pardon, proposer un jouet, prendre des nouvelles. L'AFPA conseille de ne pas dramatiser un geste isolé, tout en réagissant et en expliquant à chaque fois.
Quand s'en inquiéter ?
Selon les pédiatres de l'AFPA, une agressivité qui persiste après 3 ans, ou qui devient de la violence envers les parents, les autres enfants ou l'enfant lui-même, mérite un avis. C'est aussi le cas si l'enfant semble incapable de maîtriser ses colères de façon répétée. Ce comportement peut alors traduire une souffrance qu'il ne sait pas exprimer autrement.
Crise de colère et TDAH : quand se poser la question ?
Beaucoup de parents se demandent si les colères de leur enfant pourraient être le signe d'un trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH). La question est légitime, mais la réponse n'est jamais simple.
Selon la Haute Autorité de santé, le diagnostic du TDAH repose sur des symptômes d'inattention, avec ou sans hyperactivité et impulsivité. Ces symptômes persistent dans le temps et ont des répercussions à l'école, avec les amis et en famille. Les crises de colère et la difficulté à supporter la frustration font partie des éléments explorés lors de l'évaluation. Mais à elles seules, elles ne suffisent pas à évoquer un TDAH.
En effet, d'autres situations peuvent rendre un enfant irritable et explosif. La HAS cite notamment les troubles anxieux et un sommeil non réparateur, qui peuvent provoquer agitation, irritabilité et difficultés d'attention. Le contexte de vie de l'enfant compte aussi. C'est pourquoi l'évaluation prend le temps de regarder l'enfant dans sa globalité.
Avant 5 ans, la HAS invite d'ailleurs à une prudence particulière : les enfants de cet âge varient énormément dans leur développement. Les symptômes ne doivent alerter que s'ils sont nettement disproportionnés par rapport aux enfants du même âge.
Si vous vous posez la question, le médecin généraliste de votre enfant est un bon premier interlocuteur. Il pourra faire un premier bilan et vous orienter si besoin vers un médecin formé au diagnostic du TDAH. Vous pouvez consulter la recommandation de la HAS sur le TDAH de l'enfant et de l'adolescent pour en savoir plus. En parallèle, une psychologue peut vous aider à comprendre ce que vit votre enfant et à ajuster le quotidien. La HAS souligne d'ailleurs l'intérêt d'accompagner les parents dès qu'une difficulté est suspectée, sans attendre un diagnostic.
Quand consulter un psychologue pour une crise de colère ?
La grande majorité des colères s'apaisent avec le temps, la patience et quelques ajustements. Mais il arrive qu'elles prennent trop de place. Parfois, on parle de crise de rage enfant pour décrire ces crises particulièrement violentes, longues, difficiles à apaiser. Dans ces situations, un regard extérieur peut soulager toute la famille.
Voici les signaux qui méritent d'en parler à un professionnel :
- des crises qui durent souvent plus de 15 minutes, ou qui surviennent plusieurs fois par jour (repères du Manuel MSD) ;
- des crises qui restent fréquentes au-delà de 5 ans ;
- des crises violentes, où l'enfant se met en danger, se fait mal ou blesse les autres ;
- un enfant qui tape régulièrement ses parents, ses frères et sœurs ou ses camarades après 3 ans ;
- un retentissement à l'école : exclusions de la classe, plaintes répétées, isolement, refus d'y aller ;
- un retentissement en famille : quotidien organisé autour des crises, tensions dans le couple, fratrie qui en souffre ;
- un enfant triste, irritable ou anxieux entre les crises, ou un changement brutal de comportement ;
- des parents épuisés, qui ne savent plus comment faire.
Un dernier point : si votre enfant perd connaissance pendant une crise ou devient bleu en retenant sa respiration, parlez-en à son médecin, même si cela ne s'est produit qu'une fois.
Consulter ne signifie pas que quelque chose de grave se passe. Parfois, quelques rencontres permettent déjà de mieux comprendre ce qui se joue et de retrouver des repères. Si vous hésitez encore, notre article sur le fait de consulter un psychologue pour son enfant peut vous aider à y voir plus clair.
Comment se passe une consultation avec une psychologue pour enfants chez Kaliora ?
Pousser la porte d'un cabinet de psychologue peut impressionner, autant les parents que l'enfant. Voici, concrètement, comment se déroule l'accompagnement dans nos centres. Les modalités peuvent varier d'une psychologue à l'autre, mais l'esprit reste le même.
Le premier rendez-vous : faire connaissance
Le premier rendez-vous réunit généralement l'enfant et ses parents. Parfois, la psychologue propose de recevoir d'abord les parents seuls, pour qu'ils puissent parler librement. Vous racontez ce qui vous inquiète : depuis quand, dans quelles situations, ce que vous avez déjà essayé. La psychologue s'intéresse aussi à l'histoire de votre enfant, à son sommeil, à l'école, à la vie de famille.
Votre enfant, lui, n'est pas obligé de parler. Il peut dessiner, jouer, observer. La psychologue lui explique simplement pourquoi il est là : « Tes parents m'ont dit qu'il y a parfois de grosses colères à la maison. Ici, on peut en parler, ou jouer, comme tu préfères. »
Les séances suivantes : comprendre ce que dit la colère
Chez l'enfant, le travail passe beaucoup par le jeu, le dessin, les histoires. Ce sont ses façons naturelles de dire ce qu'il ressent. La colère est souvent la partie visible de quelque chose de plus profond : une jalousie, une inquiétude, une frustration, un changement mal vécu. Les premières séances permettent de mieux comprendre ce que cette colère vient exprimer.
À l'issue de ce temps d'évaluation, la psychologue partage avec vous ce qu'elle a compris. Plusieurs suites sont possibles : quelques séances pour l'enfant, des rencontres avec les parents, des séances parents-enfant, ou simplement des repères et une réassurance. Si un avis médical lui paraît utile, elle pourra vous orienter. Pour découvrir le déroulé en détail, vous pouvez lire notre article sur la séance chez le psychologue pour enfant.
Et vous, parents ?
Vous restez au cœur de l'accompagnement. La psychologue ne prend pas votre place : elle peut vous aider à retrouver confiance dans votre façon de faire. Elle peut vous proposer des temps d'échange réguliers pour ajuster les gestes du quotidien, comprendre les déclencheurs, et prendre soin de vous aussi.
Chez Kaliora : des psychologues pour accompagner l'enfant et sa famille
Dans nos centres de Paris 14e et Paris 15e, plusieurs psychologues reçoivent les enfants, les adolescents et leurs parents. Nous travaillons dans une logique de pluridisciplinarité : psychologues, médecins généralistes, sages-femmes, ostéopathes, kinésithérapeutes et diététicienne exercent sous le même toit et peuvent, avec votre accord, échanger pour vous proposer un accompagnement cohérent.
Nos psychologues
Quatre psychologues reçoivent les enfants et leurs parents :
- à Paris 14e, au 13 rue Édouard Jacques (métro Pernety) : Paula Palma Rojas et Manuela Linck de Romero ;
- à Paris 15e, au 8 rue Daniel Stern (métro Dupleix ou La Motte-Picquet) : Sarah Nabeth et Violaine Lallour.
À Paris 15e, Clémence Galtier reçoit les adultes. Elle peut accompagner un parent qui traverse une période d'épuisement ou qui souhaite travailler sur sa propre colère.
La fiche de chaque psychologue présente son parcours, son approche et le public qu'elle reçoit. Pour trouver un psychologue enfant à Paris, vous pouvez aussi consulter notre parcours dédié à la psychologie de l'enfant et de l'adolescent.
Pour quelles difficultés consulter ?
Ensemble, notre équipe de psychologues accompagne notamment :
- les crises de colère, l'agressivité et les difficultés à gérer les émotions ;
- l'anxiété de l'enfant, y compris quand elle s'exprime par le corps ;
- les difficultés de sommeil et du coucher ;
- les difficultés relationnelles et scolaires ;
- les changements familiaux : naissance, séparation, déménagement, deuil ;
- le soutien à la parentalité et l'épuisement des parents.
La pluridisciplinarité prend tout son sens quand la colère se mêle à d'autres difficultés. Un sommeil agité, des maux de ventre répétés ou une question sur l'attention peuvent être examinés par un médecin généraliste du centre. Nos sages-femmes et nos psychologues accompagnent aussi les parents pendant la grossesse et après la naissance, quand l'arrivée d'un bébé bouscule l'aîné. Cette approche pluridisciplinaire vise à regarder l'enfant et sa famille dans leur ensemble.
FAQ : vos questions sur les crises de colère de l'enfant
Une crise de colère à 2 ou 3 ans, est-ce normal ?
Oui, très souvent. Les crises de colère sont plus fréquentes entre 2 et 4 ans, période où l'enfant affirme son autonomie avec des moyens encore limités. Il veut faire seul, choisir, décider, mais ses mots et sa patience ne suivent pas toujours. La frustration déborde alors en cris, pleurs ou roulades au sol. Ces crises sont généralement courtes, et l'enfant retrouve vite sa bonne humeur. Elles s'espacent ensuite, à mesure que le langage et la capacité à attendre progressent. Si elles durent souvent plus de 15 minutes ou surviennent plusieurs fois par jour, parlez-en au médecin de votre enfant ou à une psychologue.
Comment calmer une crise de colère ?
Commencez, si vous le pouvez, par prendre une respiration : votre calme peut aider votre enfant à retrouver le sien. Mettez-le en sécurité, puis parlez peu, d'une voix posée : « Je suis là, tu es très en colère. » Les longues explications passent rarement pendant la crise ; elles pourront attendre. Chez le tout-petit, une diversion aide souvent. Si la crise dure, proposez un endroit calme, en restant disponible à proximité. Quand c'est possible, maintenez la règle avec douceur. Une fois la tempête passée, prenez le temps de renouer le lien, puis de mettre des mots sur ce qui s'est passé. Et les jours où rien ne marche, rappelez-vous que cela arrive à tous les parents.
Mon enfant me tape pendant ses colères : que faire ?
Avant 3 ans, taper est une réaction fréquente : l'enfant exprime avec son corps une colère qu'il ne sait pas encore dire. Il tape souvent le parent dont il se sent le plus proche. Arrêtez le geste calmement et dites clairement : « Je ne te laisse pas me taper. » Proposez-lui une autre façon d'exprimer sa colère, comme taper du pied ou serrer un coussin. Après la crise, aidez-le à réparer. Si les coups persistent après 3 ans, deviennent violents ou concernent souvent d'autres enfants, un avis peut vous aider. Une psychologue pour enfants pourra comprendre avec vous ce qui se joue.
Les crises de colère peuvent-elles être un signe de TDAH ?
Elles peuvent faire partie du tableau, mais elles ne suffisent jamais à évoquer un TDAH. Selon la Haute Autorité de santé, ce trouble repose sur des symptômes d'inattention, avec ou sans hyperactivité et impulsivité, durables et gênants à l'école comme en famille. D'autres causes peuvent rendre un enfant irritable : fatigue, sommeil de mauvaise qualité, anxiété, période de changement. Avant 5 ans, la HAS invite à une grande prudence, car les enfants varient beaucoup à cet âge. Si vous vous posez la question, parlez-en au médecin de votre enfant. Une psychologue peut aussi vous accompagner pendant cette réflexion.
Mon enfant de 7 ans fait encore des crises : faut-il consulter ?
Entre 6 et 8 ans, les grandes crises deviennent plus rares, mais une colère ponctuelle reste tout à fait possible. Elle peut traduire une déception, une injustice ressentie ou une inquiétude. Un avis est utile si les crises restent fréquentes après 5 ans, si elles sont violentes, ou si elles pèsent sur l'école, les amitiés ou la vie de famille. C'est aussi le cas si votre enfant semble triste, anxieux ou irritable entre les crises. Consulter ne signifie pas que la situation est grave. Quelques rencontres avec une psychologue peuvent déjà aider à comprendre ce qui se passe et à retrouver des repères.
En conclusion : la colère se traverse, et elle s'apprend
Les crises de colère font partie de l'enfance. Elles disent la force des émotions de votre enfant, et le long apprentissage qui l'attend pour les apprivoiser. Cet apprentissage, il ne le fait pas seul : il le fait avec vous, crise après crise, grâce à votre présence et à vos repères.
Vous n'avez pas besoin d'être un parent parfait, toujours calme et patient. Vous avez le droit d'être fatigué, de vous tromper, puis de réparer. C'est aussi comme cela que votre enfant apprend.
Si les colères de votre enfant vous inquiètent, durent ou prennent trop de place dans votre quotidien, vous pouvez en parler avec une psychologue pour enfants à Paris 15 ou une psychologue à Paris 14. Nous serons heureux de vous accueillir, vous et votre enfant, dans nos centres de la rue Daniel Stern et de la rue Édouard Jacques.
Sources
- Manuel MSD (version grand public), Accès de colère, révision mai 2025 : merckmanuals.com
- Manuel MSD (version professionnelle), Accès de colère, révision mai 2025 : msdmanuals.com
- Association française de pédiatrie ambulatoire (mpedia), Comment réagir face à l'agressivité persistante de mon enfant ?, publié sur Santé.fr, mis à jour en 2026 : sante.fr
- Haute Autorité de santé, Trouble du neurodéveloppement / TDAH : diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents, recommandation de bonne pratique, septembre 2024 : has-sante.fr
- Haute Autorité de santé, TDAH de l'enfant et adolescent : former plus de professionnels pour réduire les délais de prise en charge, communiqué du 23 septembre 2024 : has-sante.fr Ces informations ne remplacent pas une consultation médicale. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.
Le parcours de soin Kaliora sur ce sujet
Nos équipes de Paris 14 et Paris 15 accompagnent cette situation dans la durée, en coordonnant plusieurs professionnels autour d'un même suivi.

Psychologue
Psychologue clinicienne au centre Kaliora, Violaine est spécialisée en périnatalité et en psychopathologie de l'enfant, avec une formation psychanalytique approfondie et une expérience clinique en PMI et en CMPP.
N° RPPS : 10008471566
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