Angoisse de séparation chez l'enfant : à quel âge c'est normal, combien de temps ça dure et quand consulter un psychologue

Hier encore, votre bébé passait volontiers de bras en bras. Aujourd'hui, il hurle dès que vous quittez la pièce. Le matin, devant la crèche, il s'agrippe à votre cou. Le soir, il vous rappelle trois fois avant de s'endormir. Vous vous demandez si vous avez fait quelque chose de travers.
Rassurez-vous : dans l'immense majorité des cas, ce que vous observez est une angoisse de séparation. C'est une étape normale, et même attendue, du développement de l'enfant. Elle témoigne d'un lien d'attachement qui se construit, pas d'une erreur de votre part. Elle apparaît le plus souvent vers 8 mois, culmine dans la deuxième année, puis s'apaise peu à peu. Elle peut aussi revenir par vagues, au moment des grandes transitions comme l'entrée en maternelle.
Dans cet article, nous vous expliquons à quel âge l'angoisse de séparation chez l'enfant est normale, combien de temps elle dure, et quels gestes concrets peuvent aider au coucher, la nuit, à la crèche et à l'école. Nous verrons aussi comment repérer le moment où elle devient un trouble, et quand consulter un psychologue pour enfants.
Qu'est-ce que l'angoisse de séparation ?
L'angoisse de séparation, c'est la détresse que ressent un tout-petit lorsqu'il est éloigné de ses figures d'attachement. Le plus souvent, il s'agit de ses parents. Elle se manifeste par des pleurs, des cris, un refus de vous laisser partir ou une recherche constante de votre présence.
Une étape du développement, pas un caprice
Pour comprendre ce qui se passe, il faut se mettre à la place du bébé. Dans ses premiers mois, il ne fait pas encore bien la différence entre lui et le monde qui l'entoure. Puis, entre 6 et 12 mois environ, il découvre deux choses à la fois.
D'abord, il comprend qu'il est une personne distincte de vous. Ensuite, il commence à saisir que les objets et les personnes continuent d'exister quand il ne les voit plus. Les spécialistes parlent de permanence de l'objet. Mais cette compréhension est encore fragile. Votre bébé sait que vous existez quelque part, sans être sûr que vous allez revenir. D'où ses protestations quand vous franchissez la porte.
Autrement dit, l'angoisse de séparation bébé est le signe d'un cerveau qui grandit. Ce n'est ni un caprice, ni une manipulation, ni un défaut d'éducation.
Le reflet d'un attachement qui se construit
Un enfant qui proteste quand vous partez vous dit, à sa manière, que vous comptez pour lui. Il a construit avec vous un lien sûr, et il cherche à le préserver. Les tout-petits qui ont un attachement solide montrent souvent cette angoisse de façon très visible. C'est rassurant, même si c'est épuisant à vivre.
Souvent, l'angoisse de séparation s'accompagne d'une peur des inconnus. Votre bébé, qui souriait à tout le monde, se cache soudain contre vous quand une personne nouvelle s'approche. Ces deux réactions apparaissent généralement à la même période et suivent le même chemin.
Si vous vous sentez dépassé·e par ces pleurs, sachez que c'est normal aussi. Être le centre du monde d'un petit enfant est à la fois touchant et éreintant.
Angoisse de séparation : à quel âge est-ce normal ?
C'est la question que se posent le plus souvent les parents. Les repères ci-dessous sont des moyennes. Chaque enfant avance à son rythme, et un décalage de quelques mois n'a rien d'inquiétant.
Vers 6-8 mois : les premiers signes
Selon les manuels de pédiatrie de référence, l'angoisse de séparation apparaît le plus souvent vers 8 mois. Certains bébés la montrent un peu plus tôt, dès 6 ou 7 mois. On parle aussi souvent de « l'angoisse du 8e mois », une expression qui désignait à l'origine surtout la peur des visages inconnus. Votre bébé commence à pleurer quand vous sortez de son champ de vision, même brièvement.
Entre 10 et 18 mois : le pic
C'est souvent la période la plus intense. L'enfant marche ou commence à marcher, il explore davantage, mais il revient sans cesse vérifier que vous êtes là. Les séparations du matin peuvent devenir difficiles, et le coucher aussi. Une angoisse de séparation à 18 mois très marquée est donc tout à fait habituelle.
Vers 2-3 ans : un apaisement, avec des retours possibles
Dans la plupart des cas, l'angoisse s'atténue nettement vers 2 ans. Votre enfant comprend mieux que vous revenez toujours. Il dispose aussi de plus de mots pour exprimer ce qu'il ressent. Pourtant, une angoisse de séparation à 2 ans ou à 3 ans peut réapparaître par moments. Un déménagement, l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite sœur, une maladie ou un changement de mode de garde suffisent parfois à la réveiller.
À l'entrée en maternelle
La rentrée en petite section est un grand saut. Nouveau lieu, nouveaux adultes, groupe plus nombreux, journées longues. Il est très fréquent qu'un enfant jusque-là serein pleure à nouveau le matin pendant quelques jours ou quelques semaines. Ce retour d'angoisse est une réaction d'adaptation, pas une régression durable.
Et après : à 5 ans, entre 7 et 10 ans
Une angoisse de séparation à 5 ans peut encore s'observer ponctuellement, par exemple avant une première nuit chez un ami ou une classe découverte. Un peu d'appréhension est normal à cet âge. En revanche, une angoisse intense et persistante chez un enfant de 7 à 10 ans mérite davantage d'attention. À cet âge, elle n'est plus attendue sur le plan du développement. Nous verrons plus bas comment faire la différence.
Pour vous repérer, voici un résumé des grandes étapes :
| Âge | Ce qui est habituel |
|---|---|
| 6-8 mois | Premiers pleurs quand le parent s'éloigne, méfiance envers les inconnus |
| 10-18 mois | Pic de l'angoisse : séparations du matin et coucher souvent difficiles |
| 2-3 ans | Apaisement progressif, retours possibles lors des changements |
| 3 ans (maternelle) | Pleurs fréquents les premiers jours ou semaines de la rentrée |
| 5 ans et plus | Appréhension ponctuelle lors de situations nouvelles |
Combien de temps dure l'angoisse de séparation ?
Il n'existe pas de durée unique. Il est plus juste de parler d'une période de la vie que d'un épisode.
Dans sa forme développementale, l'angoisse de séparation s'étend en général de la fin de la première année jusqu'aux alentours de 2 ans. Elle n'est pas pour autant présente tous les jours avec la même intensité. Elle évolue plutôt par vagues : des semaines calmes, puis une période plus difficile, souvent liée à un événement.
Les « rechutes » au moment des transitions durent le plus souvent de quelques jours à quelques semaines. C'est le cas d'une adaptation à la crèche, d'une rentrée scolaire ou du retour après les vacances. Les manuels de pédiatrie notent d'ailleurs que les difficultés peuvent ressurgir après les vacances ou une absence prolongée de l'école. Ce n'est pas un retour en arrière, mais un nouvel ajustement.
Plusieurs facteurs peuvent rendre une période plus intense ou plus longue :
- la fatigue ou la faim, qui rendent toute séparation plus difficile ;
- une maladie ou une poussée dentaire ;
- un changement dans la vie familiale : naissance, déménagement, séparation des parents, reprise du travail ;
- un stress ambiant, que l'enfant perçoit très bien, même sans comprendre les mots.
Si l'angoisse reste intense au-delà de 2 à 3 ans, qu'elle s'aggrave au lieu de s'atténuer, ou qu'elle empêche votre enfant de vivre sa vie d'enfant, il est utile d'en parler à un professionnel.
Comment se manifeste l'angoisse de séparation selon l'âge ?
Les signes varient avec l'âge et le langage de l'enfant. Les reconnaître vous aide à y répondre avec plus de sérénité.
Chez le bébé et le tout-petit
Avant 2 ans, l'enfant s'exprime surtout avec son corps. Vous pouvez observer :
- des pleurs intenses dès que vous quittez la pièce ;
- un enfant qui vous suit partout, à quatre pattes ou en marchant ;
- des bras tendus, un refus d'être porté par quelqu'un d'autre ;
- des réveils nocturnes plus fréquents, avec un besoin de vérifier votre présence ;
- une méfiance soudaine envers des proches pourtant familiers, comme un grand-parent.
Chez l'enfant de 3 à 6 ans
L'enfant met davantage de mots sur ses peurs, mais il les exprime aussi par son comportement. Il peut négocier longuement au moment de se quitter, refuser de s'habiller le matin ou se plaindre de maux de ventre avant l'école. Le coucher devient parfois un long rituel, avec des appels répétés.
Chez l'enfant plus grand
Entre 7 et 10 ans, une angoisse de séparation persistante prend souvent une autre forme. L'enfant peut avoir peur qu'il vous arrive quelque chose quand vous êtes loin. Il peut refuser de dormir ailleurs, appeler souvent pour être rassuré ou présenter des plaintes physiques répétées. Ces maux de ventre ou de tête sont bien réels, même sans cause médicale : nous en parlons dans notre article sur la somatisation de l'anxiété chez l'enfant.
Que faire face à l'angoisse de séparation ? Les gestes qui apaisent
Il n'existe pas de méthode miracle, et c'est une bonne nouvelle : vous n'avez pas à tout réussir. Quelques repères simples, appliqués avec constance, aident la plupart des enfants à traverser cette période. Voici ceux qui reviennent dans les recommandations des pédiatres.
1. Dire au revoir, toujours. Il est tentant de partir discrètement pour éviter les larmes. Pourtant, disparaître sans prévenir entretient l'inquiétude de l'enfant, qui ne sait jamais quand vous allez vous éclipser. Un au revoir clair lui permet d'anticiper. Il pleurera peut-être, mais il apprendra que vous partez… et que vous revenez.
2. Garder des adieux courts et chaleureux. Un câlin, une phrase toujours identique, puis vous partez. Les adieux qui s'éternisent, ou les retours en arrière au premier sanglot, prolongent souvent la détresse. Votre calme est contagieux : un parent serein rassure l'enfant sur le fait que la situation est sûre.
3. Créer un petit rituel de départ. Un bisou sur la main à garder dans la poche, un signe par la fenêtre, une formule qui vous appartient. Les rituels donnent des repères au tout-petit. Ils transforment un moment redouté en une séquence connue, donc plus prévisible.
4. Annoncer le retour avec des repères concrets. Un jeune enfant ne lit pas l'heure. « Je reviens après la sieste » ou « après le goûter » a plus de sens pour lui que « à 17 heures ». Et quand vous revenez, faites-le remarquer : « Tu vois, je suis revenu·e, comme je te l'avais dit. »
5. S'appuyer sur un objet transitionnel. Un doudou, un foulard qui porte votre odeur, une petite photo : ces objets font le lien entre vous et l'enfant pendant votre absence. Ils l'aident à se consoler seul, progressivement.
6. Jouer à disparaître et réapparaître. Le jeu du « coucou-caché » n'est pas qu'un amusement. Il permet au bébé d'expérimenter, sans stress, que ce qui disparaît revient. Vous pouvez aussi lui parler depuis la pièce d'à côté plutôt que de revenir aussitôt.
7. Proposer de petites séparations progressives. Quelques minutes avec un proche familier, puis une heure, puis une demi-journée. Ces expériences réussies construisent la confiance de l'enfant, et la vôtre.
8. Prendre soin de vous aussi. Les recommandations des pédiatres sont claires : il n'est pas nécessaire de renoncer à vos activités à cause de l'angoisse de votre enfant. Si les séparations vous serrent le cœur, c'est humain. Parler de vos propres inquiétudes à un proche ou à un professionnel peut vous aider à les vivre plus sereinement.
L'angoisse de séparation la nuit et au coucher
Le coucher est une séparation à part entière. Chaque soir, votre enfant vous quitte pour plusieurs heures, dans le noir, sans pouvoir vérifier que vous êtes là. Il n'est donc pas étonnant que l'angoisse de séparation la nuit soit l'une des plus fréquentes.
Un rituel du coucher qui prépare à la séparation
Le service public d'information en santé recommande un rituel du coucher qui prépare l'enfant à la séparation. L'idée est de l'aider à s'endormir progressivement sans la présence continue de l'adulte. Concrètement, ce rituel peut associer quelques étapes toujours dans le même ordre :
- un moment calme, sans écran ;
- le bain ou la toilette, puis le pyjama ;
- une histoire ou une chanson ;
- un câlin, une phrase rituelle, la lumière qui se tamise.
La régularité compte autant que le contenu. Des horaires stables, y compris le week-end dans la mesure du possible, aident l'horloge interne de l'enfant et le rassurent.

Le doudou, un allié de la nuit
L'objet transitionnel prend ici tout son sens. Il accompagne l'enfant dans la séparation du soir. Pour les bébés, veillez simplement à respecter les règles de couchage sécurisé : les autorités de santé déconseillent les gros objets mous dans le lit des nourrissons. Un petit doudou adapté à l'âge, puis plus tard une veilleuse, peuvent apaiser.
Que faire lors des réveils nocturnes ?
Les réveils sont fréquents pendant le pic de l'angoisse de séparation. Quelques repères peuvent vous aider :
- Laissez une chance au rendormissement. Les éveils brefs font partie du sommeil normal. Un tout-petit peut se rendormir seul après quelques minutes.
- Rassurez sans relancer la soirée. Si vous intervenez, restez calme, parlez doucement, évitez la lumière forte et les jeux.
- Soyez présent·e, puis repartez. Une main posée, quelques mots, puis vous quittez la chambre. Vous montrez à votre enfant que vous êtes joignable, et qu'il peut continuer seul.
- Restez cohérent·e. Une même réponse, d'un soir à l'autre et d'un parent à l'autre, aide l'enfant à comprendre ce qui va se passer.
Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise famille ici. Certains parents choisissent de rester plus longtemps près du lit pendant une période difficile. L'essentiel est de trouver un équilibre qui fonctionne pour vous et qui reste tenable dans la durée.
Si les nuits restent très perturbées pendant plusieurs semaines, ou si votre enfant fait des cauchemars répétés autour de la séparation, parlez-en à votre médecin ou à un psychologue. Les troubles du sommeil peuvent avoir d'autres causes, et un regard extérieur aide souvent à démêler la situation.
Angoisse de séparation à la crèche, chez l'assistante maternelle et à l'école maternelle
Confier son enfant pour la première fois est souvent aussi difficile pour les parents que pour l'enfant. Bonne nouvelle : les professionnels de la petite enfance connaissent bien ces moments et savent les accompagner.
Bien vivre l'adaptation à la crèche ou chez l'assistante maternelle
La période d'adaptation, ou de familiarisation, permet à l'enfant de découvrir progressivement le lieu et les adultes qui vont s'occuper de lui. Elle commence généralement par de courts moments en votre présence, puis de courtes séparations, qui s'allongent peu à peu.
Quelques conseils pour cette période :
- Prévoyez du temps. Dans la mesure du possible, ne calez pas la reprise du travail le jour même de la première vraie séparation.
- Partagez les habitudes de votre enfant : rythme, rituels d'endormissement, doudou, petits mots. Cela aide les professionnelles à le rassurer.
- Faites confiance à la figure relais. Les manuels de pédiatrie soulignent qu'un lien avec un adulte référent sur le lieu d'accueil aide l'enfant à se séparer.
- Partagez les rôles. Quand c'est possible, l'autre parent peut aussi accompagner l'adaptation à la crèche ou chez l'assistant maternel, par exemple pendant un congé.
Beaucoup d'enfants pleurent au moment de la séparation, puis se calment rapidement une fois engagés dans une activité. N'hésitez pas à demander aux professionnelles comment s'est passée la journée : leur retour est souvent rassurant.
Angoisse de séparation à l'école maternelle
L'angoisse de séparation à l'école se prépare en amont. Quelques semaines avant la rentrée, parlez de l'école de façon positive et concrète. Passez devant le bâtiment, lisez ensemble des albums sur la rentrée, évoquez ce qu'il va y faire.
Le matin, le même principe s'applique : un au revoir clair, court et confiant. Confiez votre enfant à l'enseignant ou à l'ATSEM, puis partez. Le soir, prenez un moment pour les retrouvailles, sans le bombarder de questions. Il racontera sa journée à son rythme.
Les pleurs des premiers jours sont très fréquents. Ils diminuent en général au fil des semaines. Si, au contraire, votre enfant refuse d'aller à l'école de façon persistante, se plaint de maux physiques chaque matin, ou si l'angoisse s'intensifie, parlez-en à l'enseignant et à votre médecin. L'Assurance Maladie rappelle que l'anxiété de séparation est fréquente chez les enfants qui refusent d'aller à l'école. Notre article sur la phobie scolaire chez l'enfant et l'adolescent vous aidera à repérer les signes.
Quand l'angoisse devient un trouble anxiété de séparation
Dans la grande majorité des cas, l'angoisse de séparation s'apaise d'elle-même. Mais chez certains enfants, elle reste intense, s'installe et finit par gêner leur vie quotidienne. On parle alors de trouble anxiété de séparation.
Trois critères pour faire la différence
Pour distinguer l'angoisse développementale du trouble, les professionnels s'intéressent à trois éléments.
L'intensité et l'âge. La peur est-elle disproportionnée par rapport à ce qui est attendu à cet âge ? Pleurer devant la crèche à 14 mois est attendu. Paniquer à l'idée de quitter ses parents pour une sortie scolaire à 9 ans l'est beaucoup moins.
La durée. Le DSM-5-TR, la classification américaine de référence, exige que les symptômes durent au moins 4 semaines chez l'enfant et l'adolescent, et en général 6 mois chez l'adulte. La CIM-11, la classification de l'Organisation mondiale de la santé, évoque une persistance d'au moins plusieurs mois.
Le retentissement. Le trouble entraîne une souffrance importante, ou empêche l'enfant de participer aux activités de son âge : école, sorties, nuits chez des amis, activités extrascolaires.
Les signes décrits par les classifications
Le DSM-5-TR décrit huit manifestations possibles. Au moins trois doivent être présentes pour retenir le diagnostic. Voici les principales, reformulées :
- une détresse excessive et répétée quand une séparation survient ou se prépare ;
- une peur persistante qu'il arrive malheur aux parents, comme une maladie ou un accident ;
- la crainte d'un événement qui provoquerait la séparation, par exemple se perdre ;
- le refus ou la réticence à sortir, à aller à l'école, par peur de la séparation ;
- une peur excessive d'être seul ;
- le refus de dormir hors de la maison ou de s'endormir sans un parent à proximité ;
- des cauchemars répétés sur le thème de la séparation ;
- des plaintes physiques répétées (maux de ventre, de tête, nausées) au moment des séparations.
Seul un professionnel peut poser un diagnostic. Cette liste n'est pas un outil d'autodiagnostic, mais un repère pour savoir quand demander un avis.
Est-ce fréquent ?
Selon les études en population générale, le trouble anxiété de séparation concernerait entre 1 % et 6 % des enfants et adolescents. Il apparaît surtout chez les jeunes enfants et devient plus rare à l'adolescence. Il peut être déclenché par un événement de vie : un deuil, un déménagement, un changement d'école.
La bonne nouvelle, c'est qu'il se soigne : plusieurs accompagnements psychologiques ont fait la preuve de leur efficacité. Si votre enfant souffre, vous pouvez donc demander un avis sans attendre que tout rentre dans l'ordre de lui-même.
Les signaux qui doivent vous amener à consulter
- L'angoisse reste intense au-delà de 2 à 3 ans, ou réapparaît fortement chez un enfant plus grand.
- Elle dure depuis plusieurs semaines sans s'atténuer.
- Votre enfant refuse d'aller à l'école, à la crèche ou chez des amis.
- Il exprime une peur persistante qu'il vous arrive malheur.
- Il se plaint de maux de ventre ou de tête répétés au moment des séparations.
- Ses nuits sont durablement perturbées par des cauchemars ou des réveils angoissés.
- Toute la vie familiale s'organise autour de l'évitement des séparations.
Quand consulter un psychologue pour son enfant ?
Consulter ne veut pas dire que votre enfant « a un problème », ni que vous êtes un mauvais parent. C'est une façon de prendre soin de lui, et de vous. Vous pouvez consulter dès que la situation vous inquiète, même sans tous les signes listés ci-dessus.
Par où commencer ?
Votre médecin traitant ou le pédiatre de votre enfant est un bon premier interlocuteur. Il vérifie notamment que des plaintes physiques n'ont pas une cause médicale. Vous pouvez aussi consulter directement un psychologue pour enfants, sans ordonnance.
Si vous hésitez encore, notre article consulter un psychologue pour son enfant : quand et comment vous donne d'autres repères pour décider sereinement.
Comment se passe l'accompagnement ?
Le premier rendez-vous réunit souvent les parents, avec ou sans l'enfant selon son âge. Le psychologue écoute votre histoire, observe l'enfant, souvent à travers le jeu ou le dessin, et cherche à comprendre ce que l'angoisse exprime. Vous trouverez plus de détails dans notre article sur la séance chez le psychologue pour enfant : déroulé, durée et prix.
Plusieurs approches existent. Les thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont recommandées en première intention par l'Assurance Maladie pour les troubles anxieux légers à modérés de l'enfant. Une revue Cochrane publiée en 2020, portant sur 87 essais, montre qu'environ la moitié des enfants et adolescents traités par TCC ne présentaient plus leur trouble anxieux principal à l'issue du traitement, contre moins d'un sur cinq en liste d'attente. D'autres approches, d'inspiration psychanalytique, systémique ou psychocorporelle, sont aussi proposées par les psychologues. Le plus important reste la qualité de la relation et l'adaptation à votre enfant.
Les parents au cœur du soin
Chez le jeune enfant, l'accompagnement passe très souvent par les parents. Le psychologue peut vous aider à ajuster les séparations, à répondre aux pleurs sans les renforcer, et à retrouver confiance dans vos propres ressources. Les manuels de pédiatrie insistent sur ce point : soutenir le parent fait partie du soin, car l'anxiété circule dans les deux sens.
Si l'angoisse de votre enfant réveille la vôtre, ce n'est pas une faute. C'est une information précieuse, que vous pouvez aussi déposer en consultation.
Enfin, si les difficultés s'aggravent ou ne s'améliorent pas malgré l'accompagnement, l'avis d'un psychiatre peut être sollicité. Avec votre accord, l'école peut aussi être associée pour mettre en place des aménagements adaptés.
Et l'angoisse de séparation chez l'adulte ?
On l'associe surtout à l'enfance, mais l'angoisse de séparation adulte existe aussi. La CIM-11 précise que, chez l'adulte, elle concerne le plus souvent le ou la partenaire, ou les enfants. Elle peut se traduire par une peur envahissante qu'il arrive malheur à un proche, ou par une grande difficulté à rester seul.
Une étude américaine publiée en 2006 a montré qu'environ un tiers des troubles anxiété de séparation de l'enfance persistaient à l'âge adulte. La même étude indique que la majorité des cas adultes débutaient pourtant à l'âge adulte. Si vous vous reconnaissez dans ces difficultés, un accompagnement psychologique peut vous aider, quel que soit votre âge.
Chez Kaliora : des psychologues pour accompagner l'enfant et sa famille
Dans nos centres de Paris 14e et Paris 15e, plusieurs psychologues reçoivent les enfants, les adolescents et leurs parents. Nous travaillons dans une logique de pluridisciplinarité : psychologues, médecins généralistes, sages-femmes, ostéopathes et kinésithérapeutes exercent sous le même toit et peuvent, avec votre accord, échanger pour vous proposer un accompagnement cohérent.
Nos psychologues
Cinq psychologues consultent dans nos centres de Paris 14e (13 rue Édouard Jacques) et de Paris 15e (8 rue Daniel Stern) :
La fiche de chacune précise le centre où elle consulte, le public qu'elle reçoit (enfants, adolescents, adultes ou parents) et si elle propose aussi des consultations en visioconférence.
Les motifs pour lesquels vous pouvez consulter
Ensemble, notre équipe de psychologues accompagne notamment :
- l'angoisse de séparation et les difficultés d'adaptation à la crèche ou à l'école ;
- l'anxiété de l'enfant et de l'adolescent, y compris quand elle s'exprime par le corps ;
- les troubles du sommeil et les difficultés du coucher ;
- les difficultés émotionnelles, relationnelles et scolaires ;
- le soutien à la parentalité et les questions des parents sur leur rôle ;
- la période périnatale : grossesse, post-partum, premiers mois avec bébé ;
- les changements familiaux : naissance, séparation, déménagement, deuil ;
- l'anxiété, le stress et les traumatismes chez l'adulte, notamment chez les parents.
Les approches varient d'une psychologue à l'autre : psychanalytique, systémique, intégrative, psycho-corporelle ou phénoménologique. Certaines consultations sont aussi possibles dans d'autres langues que le français. Vous pouvez consulter les fiches de chacune pour découvrir son parcours et sa façon de travailler. Notre secrétariat peut également vous orienter.
La pluridisciplinarité prend tout son sens quand l'angoisse se mêle à d'autres difficultés. Des maux de ventre répétés peuvent être examinés par un médecin généraliste du centre. Des troubles du sommeil du nourrisson peuvent être abordés en lien avec l'ostéopathe. Et pendant la grossesse ou le post-partum, nos sages-femmes peuvent orienter vers un soutien psychologique. Et si un avis psychiatrique paraît utile, votre psychologue ou votre médecin pourra vous orienter.
FAQ : vos questions sur l'angoisse de séparation
Jusqu'à quel âge l'angoisse de séparation est-elle normale ?
L'angoisse de séparation apparaît le plus souvent vers 8 mois, culmine entre 10 et 18 mois, puis s'atténue généralement vers 2 ans. Elle peut revenir ponctuellement jusqu'à 3 ans et au-delà, lors de changements comme l'entrée en maternelle, une naissance ou un déménagement. Ces retours sont normaux s'ils restent passagers. En revanche, une angoisse intense qui persiste au-delà de 2 à 3 ans, ou qui apparaît chez un enfant de 7 à 10 ans et l'empêche de vivre normalement, mérite un avis. Votre médecin ou un psychologue pour enfants pourra faire le point avec vous, sans dramatiser.
Mon enfant se réveille la nuit et m'appelle : est-ce de l'angoisse de séparation ?
C'est possible, surtout entre 8 mois et 2 ans, lorsque l'angoisse de séparation est la plus forte. La nuit est une longue séparation, et l'enfant cherche à vérifier que vous êtes toujours là. D'autres causes sont possibles : poussée dentaire, maladie, changement de rythme. Un rituel du coucher stable, un doudou et des réponses calmes et brèves aux réveils aident souvent. Si les réveils restent très fréquents pendant plusieurs semaines, ou s'accompagnent de cauchemars répétés autour de la séparation, parlez-en à votre médecin. Un psychologue peut aussi vous aider à comprendre ce qui se joue.
Faut-il partir en cachette pour éviter les pleurs ?
Non, même si c'est tentant. Partir en cachette évite les larmes sur le moment, mais votre enfant découvre ensuite votre absence sans l'avoir anticipée. Il risque alors de rester sur ses gardes et de vous surveiller davantage. Mieux vaut un au revoir clair, court et chaleureux, toujours selon le même petit rituel. Annoncez votre retour avec un repère concret, comme « après la sieste ». Votre enfant pleurera peut-être quelques minutes, puis se calmera le plus souvent. Surtout, il apprendra peu à peu que vous partez et que vous revenez. C'est précisément cette expérience qui l'aide à grandir.
Mon enfant pleure tous les matins à l'école maternelle : que faire ?
Les pleurs du matin sont très fréquents pendant les premières semaines de maternelle. Gardez un au revoir bref et confiant, confiez votre enfant à un adulte qu'il connaît, puis partez sans revenir en arrière. Échangez avec l'enseignant : souvent, les larmes cessent peu après votre départ. Le soir, accordez un vrai moment de retrouvailles. En revanche, si les pleurs ne diminuent pas après plusieurs semaines, si votre enfant refuse d'y aller ou se plaint chaque matin de maux de ventre, parlez-en à son médecin. Un psychologue pour enfants pourra aussi vous accompagner.
Le trouble anxiété de séparation se soigne-t-il ?
Oui. Le trouble anxiété de séparation répond bien à un accompagnement psychologique adapté. Les thérapies cognitives et comportementales sont recommandées en première intention pour les troubles anxieux légers à modérés de l'enfant, et leur efficacité est bien documentée. D'autres approches psychothérapeutiques peuvent aussi être proposées. Chez le jeune enfant, le travail implique presque toujours les parents, qui apprennent à accompagner les séparations pas à pas. Les médicaments ne sont pas un traitement de première intention. Vous pouvez demander de l'aide dès que la situation vous pèse, sans attendre qu'elle devienne intenable.
En conclusion : une étape qui se traverse, et qui se partage
L'angoisse de séparation fait partie du chemin de presque tous les enfants. Elle dit l'importance du lien qui vous unit, et la façon dont votre enfant apprend, peu à peu, à vous faire confiance quand vous n'êtes pas là. Avec des repères stables, des au revoir clairs et beaucoup de patience, elle s'apaise le plus souvent d'elle-même.
Vous n'avez pas besoin d'être des parents parfaits pour aider votre enfant. Vous avez simplement besoin d'être là, de façon prévisible, et de vous accorder de l'indulgence les jours difficiles.
Si l'angoisse de votre enfant vous inquiète, dure ou prend trop de place dans votre quotidien, vous pouvez en parler avec une psychologue pour enfants à Paris 15 ou une psychologue à Paris 14. Certaines de nos psychologues proposent aussi des consultations en visioconférence. Nous serons heureux de vous accueillir, vous et votre enfant.
Sources
- American Psychiatric Association, Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders, Fifth Edition, Text Revision (DSM-5-TR), 2022 : psychiatry.org
- Organisation mondiale de la santé, Classification internationale des maladies, 11e révision (CIM-11), code 6B05 : trouble anxiété de séparation : icd.who.int
- Assurance Maladie, Troubles anxieux et troubles obsessionnels compulsifs (TOC) de l'enfant, consulté en octobre 2026 : ameli.fr
- Assurance Maladie, Santé mentale de l'enfant de 4 à 9 ans : troubles anxieux et TOC (espace médecin), consulté en octobre 2026 : ameli.fr
- Santé.fr (service public d'information en santé), Troubles du sommeil chez l'enfant, publié le 13 août 2026 : sante.fr
- Ministère des Solidarités, Les 1 000 premiers jours : carnet de bienvenue dans la parentalité, 2023 : solidarites.gouv.fr
- Manuel MSD (version grand public), Angoisse de la séparation et angoisse face à un inconnu, mars 2025 : msdmanuals.com
- Manuel MSD (version professionnelle), Trouble d'anxiété de séparation, octobre 2025 : msdmanuals.com
- James A. C., Reardon T., Soler A., James G., Creswell C., Cognitive behavioural therapy for anxiety disorders in children and adolescents, Cochrane Database of Systematic Reviews, 2020 : cochrane.org
- Shear K., Jin R., Ruscio A. M., Walters E. E., Kessler R. C., Prevalence and correlates of estimated DSM-IV child and adult separation anxiety disorder in the National Comorbidity Survey Replication, American Journal of Psychiatry, 2006 : hcp.hms.harvard.edu
- NHS Education for Scotland, The Matrix : Separation anxiety, synthèse des données probantes : matrix.nhs.scot
Ces informations ne remplacent pas une consultation médicale. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.

Psychologue
Psychologue clinicienne au centre Kaliora, Violaine est spécialisée en périnatalité et en psychopathologie de l'enfant, avec une formation psychanalytique approfondie et une expérience clinique en PMI et en CMPP.
N° RPPS : 10008471566
Voir son profil complet →


