Rapports douloureux (dyspareunie) : comment la kiné peut aider

Avoir mal pendant l'amour, c'est une douleur dont on parle peu. Pourtant, les rapports douloureux sont fréquents, et ils ne sont ni normaux ni une fatalité. Brûlure à la pénétration, sensation de blocage, douleur au fond du ventre : ces symptômes ont presque toujours une explication, et des solutions existent.
Parmi elles, la kiné pelvi-périnéale occupe une place souvent méconnue. Elle ne remplace pas le diagnostic médical, mais elle agit sur un acteur central de la douleur : le périnée. Dans cet article, nous vous expliquons pourquoi les rapports peuvent devenir douloureux, qui consulter en premier, ce qui se passe concrètement en séance de rééducation, et pourquoi un accompagnement psychologique est parfois précieux en complément.
Rapports douloureux : de quoi parle-t-on exactement ?
Le terme médical pour désigner les rapports douloureux est la dyspareunie. Il décrit une douleur persistante ou récurrente lors d'une tentative de pénétration ou pendant le rapport lui-même. La douleur peut aussi se prolonger après, sous forme de brûlure ou de gêne.
Les soignants distinguent deux grandes formes. La dyspareunie dite superficielle se ressent à l'entrée du vagin, dès le début de la pénétration. La dyspareunie dite profonde se manifeste plutôt dans le bas-ventre, lors d'une pénétration plus profonde. Cette distinction n'a rien d'un détail : elle oriente vers des causes différentes, et donc vers des prises en charge différentes.
Il faut aussi distinguer la dyspareunie du vaginisme. Dans le vaginisme, les muscles qui entourent l'entrée du vagin se contractent de façon involontaire. La pénétration devient alors difficile, voire impossible, et souvent douloureuse. Les classifications internationales récentes regroupent d'ailleurs ces situations sous le terme de trouble lié à la douleur génito-pelvienne ou à la pénétration, car elles s'entremêlent souvent.
Combien de femmes sont concernées ? Une vaste enquête britannique, relayée par le Vidal en 2018, estimait qu'environ 7,5 % des femmes sexuellement actives de 16 à 74 ans souffraient de dyspareunie. Les femmes les plus jeunes et celles autour de la soixantaine étaient les plus touchées. Ces chiffres sont sans doute sous-estimés, car beaucoup de femmes n'en parlent jamais à un soignant.
Si vous vous reconnaissez dans ces lignes, sachez d'abord une chose : vous n'êtes pas seule, et votre douleur mérite d'être prise au sérieux.
Pourquoi les rapports deviennent-ils douloureux ?
Les causes des douleurs pendant les rapports sont nombreuses, et elles se combinent souvent. Une cause physique de départ peut, avec le temps, entraîner une contraction réflexe du périnée et une appréhension, qui entretiennent à leur tour la douleur. Voici les situations les plus fréquentes.
Après un accouchement : cicatrice, épisiotomie et périnée fragilisé
L'accouchement par voie basse sollicite fortement le périnée. Une déchirure ou une épisiotomie laisse une cicatrice qui peut rester sensible, tirer ou adhérer aux tissus voisins. Une césarienne peut aussi modifier les tensions du bas-ventre et du bassin.
Par ailleurs, la période d'allaitement s'accompagne d'une baisse des œstrogènes. Les muqueuses deviennent alors plus fines et plus sèches, ce qui rend la pénétration plus inconfortable. Ajoutez la fatigue, le manque de sommeil et un corps qui a changé : il est fréquent que la reprise de la sexualité soit délicate. Il n'existe d'ailleurs pas de délai universel pour reprendre les rapports après une naissance.
Pour aller plus loin sur cette période, notre guide de la rééducation du périnée après l'accouchement détaille les étapes de la récupération.
Un périnée trop tendu et le vaginisme
On pense souvent au périnée « trop relâché ». Mais un périnée trop tendu, on parle d'hypertonie périnéale, est une cause très fréquente de rapports douloureux. Les muscles du plancher pelvien restent contractés en permanence, comme un poing serré. La pénétration force alors sur un muscle qui ne sait plus se relâcher.
Cette hypertonie peut s'installer après une douleur initiale, une infection à répétition, un premier rapport difficile ou une période de stress. Le vaginisme en est une forme marquée. Dans ces situations, la rééducation n'a pas pour but de muscler, mais au contraire d'apprendre à relâcher.
L'endométriose : quand la douleur est profonde
L'endométriose touche environ une femme sur dix en âge de procréer, selon l'Inserm. L'Assurance Maladie cite les douleurs profondes pendant les rapports parmi ses symptômes, à côté des règles très douloureuses. Une douleur profonde qui s'aggrave au moment des règles doit donc faire évoquer ce diagnostic.
Le portail Santé.fr souligne aussi que cette douleur peut être confondue avec un vaginisme, ce qui retarde parfois le diagnostic. D'où l'importance d'un examen médical avant toute rééducation. Notre parcours de soin endométriose détaille la démarche diagnostique et la prise en charge coordonnée.
La ménopause : sécheresse et fragilité des tissus
À la ménopause, la chute des hormones féminines modifie les tissus intimes. L'Assurance Maladie décrit une sécheresse vaginale qui s'installe progressivement. Elle peut provoquer des douleurs et une baisse du plaisir pendant les rapports. Contrairement aux bouffées de chaleur, ces troubles ont tendance à durer.
La bonne nouvelle, c'est qu'ils se traitent. Des soins locaux existent, prescrits par le médecin après examen. La rééducation périnéale peut ensuite aider à entretenir la souplesse et la circulation des tissus. Notre article sur la rééducation périnéale sans accouchement aborde aussi la ménopause.
Les autres causes à ne pas oublier
D'autres causes doivent être recherchées avant toute rééducation. Les mycoses ou infections récidivantes en font partie, tout comme certaines maladies de la peau de la vulve. La vulvodynie, une douleur vulvaire chronique sans lésion visible, souvent décrite comme une brûlure, est une autre piste. Certains troubles digestifs ou urinaires peuvent aussi entretenir des douleurs profondes.
Comment se manifestent les douleurs pendant les rapports ?
Chaque femme décrit sa douleur avec ses propres mots. Pourtant, préciser ces sensations aide énormément le soignant à orienter le diagnostic.
Ce que vous pouvez ressentir
Voici les manifestations les plus souvent décrites, à noter avant votre consultation :
- une brûlure ou une sensation de déchirure à l'entrée du vagin, au début de la pénétration ;
- une impression de « mur » ou de blocage qui empêche la pénétration ;
- une douleur profonde dans le bas-ventre, parfois comme un coup ;
- une gêne qui persiste plusieurs heures après le rapport ;
- une douleur localisée sur une cicatrice d'épisiotomie ou de déchirure ;
- une douleur aussi présente lors de la pose d'un tampon ou de l'examen gynécologique.
Notez aussi quand la douleur est apparue, si elle varie selon le cycle, et ce qui la soulage ou l'aggrave. Ces détails comptent.
Le cercle douleur, appréhension, contraction
Lorsque la douleur se répète, le corps apprend à se protéger. À l'approche d'un rapport, les muscles du périnée se contractent par anticipation. L'appréhension augmente, la lubrification diminue, et la douleur devient plus probable. Le cercle se referme.
Ce mécanisme explique pourquoi une douleur peut persister alors que sa cause initiale a disparu. Il explique aussi pourquoi une prise en charge efficace agit à la fois sur le corps et sur le vécu. Ce n'est pas « dans la tête » : c'est un réflexe de protection, et il peut se désapprendre.
Qui consulter en premier, et quand ?
Face à des rapports douloureux, la première étape est une consultation médicale, avant la rééducation. L'objectif est d'identifier, puis de traiter, une éventuelle cause qui se soigne simplement : infection, sécheresse, dermatose, cicatrice anormale.
Concrètement, vous pouvez vous adresser à une sage-femme ou à un médecin généraliste. Les deux sont accessibles directement, sans passer par un spécialiste. La consultation commence toujours par un temps d'écoute. L'examen ne vient qu'ensuite, s'il est utile, avec votre accord. Vous pouvez l'interrompre à tout moment.
C'est cette consultation qui oriente ensuite vers la rééducation. Une kinésithérapeute la réalise sur prescription médicale. Si vous avez déjà accouché, une sage-femme peut aussi la démarrer directement. Notre parcours de soin des douleurs intimes décrit en détail qui fait quoi.
Quand consulter sans attendre ? Certains signes justifient un avis médical rapide : une douleur pelvienne intense ou brutale, de la fièvre, des saignements inhabituels après les rapports ou en dehors des règles, des pertes malodorantes, ou une douleur profonde qui s'aggrave nettement au moment des règles. Dans ces situations, consultez votre médecin ou votre sage-femme sans attendre.

La kiné pelvi-périnéale face aux rapports douloureux : ce qui se passe en séance
La rééducation pelvi-périnéale est une branche de la kinésithérapie dédiée au plancher pelvien. Face à une dyspareunie, elle vise surtout à retrouver un périnée souple, mobile et capable de se relâcher. Voici, concrètement, comment se déroule la prise en charge d'une dyspareunie en kiné du périnée, de la première séance aux exercices à la maison.
Le bilan : écouter avant de toucher
La première séance est un bilan. Votre kinésithérapeute vous interroge longuement : histoire de la douleur, accouchements, cycle, transit, vessie, contexte de vie. Elle vous explique ensuite l'anatomie du périnée, souvent à l'aide d'un schéma ou d'un modèle.
L'examen est toujours proposé, expliqué et réalisé avec votre accord. Il commence par l'observation et la palpation externe. L'examen interne n'intervient que si vous êtes prête. S'il est trop douloureux, il est reporté : on peut parfaitement travailler d'abord de l'extérieur.
Apprendre à relâcher plutôt qu'à muscler
Contrairement à une idée reçue, la rééducation des douleurs pendant les rapports ne consiste pas à renforcer le périnée. Il s'agit d'abord d'en prendre conscience, puis d'apprendre à le relâcher volontairement.
Votre kiné vous guide avec des exercices de respiration abdominale et de détente. Le biofeedback peut aider : une petite sonde ou des capteurs affichent l'activité du muscle sur un écran. Vous voyez ainsi en direct quand votre périnée se contracte et quand il se détend. Pour en savoir plus sur ces outils, consultez notre article sur les séances de rééducation périnéale : manuelle, sonde ou biofeedback.
Le travail manuel sur les tensions et les cicatrices
Le cœur de la prise en charge est souvent manuel. Par des pressions douces et des étirements progressifs, votre kiné relâche les zones de tension du plancher pelvien. Elle travaille aussi sur les cicatrices d'épisiotomie, de déchirure ou de césarienne, pour leur rendre de la mobilité.
Ce travail s'étend souvent au-delà du périnée : hanches, bas du dos, respiration, abdominaux. Le bassin fonctionne comme un ensemble, et une tension à distance peut entretenir la douleur intime.
La désensibilisation progressive
Lorsque la pénétration est redoutée ou impossible, la kiné propose une désensibilisation par étapes. Elle peut s'appuyer sur des dilatateurs vaginaux de tailles croissantes, utilisés d'abord en séance, puis chez vous. Vous gardez le contrôle à chaque instant : rien n'avance sans votre accord.
L'objectif est de permettre au corps de réapprendre qu'une pénétration peut se faire sans douleur. Cette approche est particulièrement utile en cas de vaginisme.
Ce que vous faites entre les séances
La rééducation ne s'arrête pas à la porte du cabinet. Votre kiné vous confie souvent des exercices simples à faire chez vous : respiration, auto-massage de la cicatrice ou de l'entrée du vagin, étirements. Quelques minutes régulières valent mieux qu'une longue séance occasionnelle.
Prescription, nombre de séances et remboursement
La rééducation périnéale réalisée par une kinésithérapeute est prise en charge par l'Assurance Maladie sur prescription médicale. Le nombre de séances dépend de votre situation et de vos progrès. Pour un repère plus précis, lisez notre article combien de séances de rééducation du périnée.
Les autres approches : une prise en charge à plusieurs mains
La kinésithérapie est rarement la seule réponse. Les rapports douloureux mêlent souvent plusieurs causes, et la pluridisciplinarité permet de toutes les traiter. Voici le rôle de chaque soignante présente chez Kaliora.
La sage-femme : écoute, examen et suivi gynécologique
La sage-femme assure le suivi gynécologique de prévention. Elle écoute votre description de la douleur, réalise l'examen si vous y consentez et repère les signes d'appel. Après un accouchement, elle peut aussi réaliser elle-même la rééducation périnéale. Devant une suspicion de vulvodynie, de dermatose ou d'endométriose, elle vous oriente vers un médecin.
Le médecin généraliste : diagnostic et traitement des causes
Le médecin généraliste pose le diagnostic et traite les causes médicales : infection, sécheresse liée à la ménopause, irritation. Il prescrit si besoin des examens complémentaires et la rééducation chez la kinésithérapeute. Il coordonne aussi l'orientation vers un avis spécialisé quand la situation l'exige.
L'ostéopathe : le bassin et les tensions associées
En complément du traitement médical, jamais à sa place, l'ostéopathe peut travailler sur la mobilité du bassin, du dos et des tensions associées. Cet accompagnement est notamment proposé en cas d'endométriose ou après un accouchement. Notre article sur l'endométriose et l'ostéopathie en détaille les apports.
La diététicienne : quand le ventre s'en mêle
Lorsqu'un trouble digestif entretient les douleurs du bas-ventre, notamment dans l'endométriose, notre diététicienne peut vous accompagner. Elle vous aide à repérer ce qui aggrave vos symptômes, sans régime restrictif.
Douleur et psychisme : quand un suivi psychologique aide en complément
Proposer un accompagnement psychologique ne signifie jamais que la douleur est imaginaire. La dyspareunie a des mécanismes physiques réels. Mais une douleur qui dure laisse des traces : appréhension, perte de confiance, évitement de l'intimité, tensions dans le couple.
Un suivi avec une psychologue est particulièrement utile dans plusieurs situations. C'est le cas lorsque la peur de la douleur devient envahissante, ou lorsqu'un accouchement a été vécu comme traumatisant. Il aide aussi quand le désir s'éteint, ou quand le sujet devient difficile à aborder avec votre partenaire. Il est également précieux dans le vaginisme, où l'anticipation joue un rôle central.
La psychologue vous offre un espace pour mettre des mots sur ce que vous vivez, sans jugement. Elle peut vous aider à apaiser l'anxiété, à retrouver un rapport plus serein à votre corps et à renouer le dialogue dans le couple. Ce travail se mène en parallèle de la rééducation, et les deux se renforcent.
Pour aller plus loin, notre article sur la baisse de désir sexuel et sa dimension psychologique explore ce lien. Si l'endométriose est en cause, lisez aussi endométriose et santé mentale. Nos psychologues à Paris 15 et à Paris 14 vous accueillent dans les deux centres. Lorsqu'un accompagnement en sexologie est nécessaire, nous vous orientons vers nos correspondants.

Focus Kaliora : notre approche pluridisciplinaire
Sur un sujet aussi intime, devoir raconter son histoire à chaque nouveau soignant coûte cher. C'est souvent ce qui fait abandonner en cours de route. Chez Kaliora, nous avons fait le choix de la pluridisciplinarité : sages-femmes, médecins généralistes, kinésithérapeutes, ostéopathes, psychologues et diététicienne exercent sous le même toit.
Concrètement, votre parcours peut commencer par une consultation de sage-femme ou de médecin. Si une rééducation est indiquée, la prescription est faite sur place. Le rendez-vous suivant se prend au secrétariat, sans nouveau cabinet à chercher. Les professionnelles échangent entre elles pour ajuster la prise en charge : accélérer la désensibilisation, faire une pause, proposer un soutien psychologique.
Nos kinésithérapeutes formées à la pelvi-périnéologie vous accueillent dans nos deux centres. Mathilde Levé, à Paris 14, est formée notamment aux algies périnéales, au traitement des cicatrices et aux troubles sexuels féminins. Alice Mazzola, kinésithérapeute et ostéopathe à Paris 15, est formée à la thérapie manuelle des douleurs pelvi-périnéales et prend en charge les dyspareunies.
Vous pouvez consulter notre kinésithérapeute à Paris 15 ou notre kinésithérapeute à Paris 14, selon le centre le plus proche de chez vous. Cette pluridisciplinarité n'est pas un slogan : c'est ce qui permet de traiter la douleur sous tous ses angles, au même endroit.
Conseils pratiques au quotidien
En parallèle de votre prise en charge, quelques gestes simples peuvent vous soulager. Ils ne remplacent pas une consultation, mais ils vous aident à reprendre la main.
1. Ne forcez jamais un rapport douloureux. Continuer malgré la douleur renforce le réflexe de contraction et l'appréhension. Le corps enregistre la pénétration comme un danger. Mettez-vous d'accord avec votre partenaire sur un signal clair pour arrêter. La sexualité ne se résume pas à la pénétration : d'autres formes d'intimité restent possibles pendant la rééducation.
2. Utilisez un lubrifiant adapté. Une lubrification insuffisante augmente les frottements et la douleur, surtout pendant l'allaitement ou à la ménopause. Privilégiez un lubrifiant à base d'eau ou de silicone, sans parfum. Évitez les huiles avec les préservatifs en latex, qu'elles fragilisent. Si la sécheresse persiste au quotidien, parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme.
3. Respirez pour relâcher votre périnée. Le périnée suit la respiration : à l'inspiration, il descend et se détend. Allongée, posez une main sur le ventre et inspirez lentement en le laissant se gonfler. Faites cet exercice quelques minutes chaque jour, puis avant un moment d'intimité. C'est un outil simple pour casser le cercle de la contraction.
4. Adoucissez votre hygiène intime. Les savons parfumés, les gels douche et les lingettes irritent les muqueuses. Lavez la vulve à l'eau claire ou avec un produit doux, une fois par jour suffit. Préférez des sous-vêtements en coton et une lessive sans parfum. Ces gestes limitent les irritations qui entretiennent la douleur.
5. Choisissez le moment et la position. La fatigue et le stress augmentent les tensions musculaires. Privilégiez des moments où vous êtes détendue. Les positions où vous contrôlez la profondeur et le rythme de la pénétration aident souvent, surtout en cas de douleur profonde. Prenez le temps de l'excitation : elle favorise la lubrification et la détente.
6. Tenez un petit carnet de vos douleurs. Notez quand la douleur survient, son intensité, sa localisation et le moment du cycle. Ce carnet aide énormément votre soignante à affiner le diagnostic. Il vous permet aussi de mesurer vos progrès au fil des séances, ce qui est très encourageant.
Prévention et suivi à long terme
Une fois la douleur apaisée, quelques réflexes aident à préserver ce confort retrouvé. Les exercices de relâchement appris en séance restent utiles sur le long terme. Reprenez-les si vous sentez les tensions revenir, par exemple en période de stress.
Après un accouchement, le suivi postnatal est un moment clé pour signaler toute gêne. N'attendez pas que la douleur s'installe pour en parler. Plus une dyspareunie est prise en charge tôt, moins le cercle douleur-appréhension a le temps de s'installer.
À l'approche de la ménopause, le suivi gynécologique régulier permet de repérer la sécheresse et la fragilité des tissus avant qu'elles ne deviennent douloureuses. Notre accompagnement de la ménopause réunit plusieurs disciplines autour de ces questions.
Enfin, en cas d'endométriose, le suivi est souvent au long cours. Les douleurs peuvent varier, et la rééducation peut être reprise ponctuellement. Restez en lien avec votre équipe soignante : c'est ce qui permet d'ajuster le traitement au fil du temps.
Vos questions les plus fréquentes
Les rapports douloureux sont-ils normaux après un accouchement ?
Une gêne lors des premiers rapports après une naissance est fréquente. La cicatrice peut rester sensible, et l'allaitement assèche souvent les muqueuses. En revanche, une douleur qui persiste, s'intensifie ou empêche les rapports n'est pas normale et mérite une consultation. Parlez-en lors de votre consultation postnatale ou à votre sage-femme. Elle examinera votre cicatrice et votre périnée, puis proposera si besoin une rééducation. Il n'existe pas de délai imposé pour reprendre les rapports : l'important est de vous sentir prête, sans douleur, et de ne jamais forcer. Une prise en charge précoce évite souvent que la douleur s'installe durablement.
Faut-il une ordonnance pour voir une kiné pour des douleurs pendant les rapports ?
Pour être remboursée, la rééducation chez une kinésithérapeute se fait sur prescription médicale. C'est aussi le bon ordre des choses : une consultation préalable avec un médecin ou une sage-femme permet d'écarter une cause à traiter, comme une infection ou une dermatose. Si vous avez déjà accouché, une sage-femme peut également réaliser elle-même la rééducation périnéale. Chez Kaliora, nos médecins généralistes établissent la prescription en consultation, puis vous pouvez prendre rendez-vous avec l'une de nos kinésithérapeutes dans le même centre. Ce relais rapide évite de multiplier les démarches et les délais.
La rééducation du périnée pour une dyspareunie est-elle douloureuse ?
La rééducation est conçue pour soulager, pas pour faire mal. Votre kinésithérapeute adapte chaque geste à votre ressenti et s'arrête dès que vous le demandez. L'examen interne n'est jamais imposé : s'il est trop douloureux, le travail commence de l'extérieur, par la respiration, le relâchement et le massage des zones de tension. Certaines techniques peuvent provoquer une sensation d'étirement ou d'inconfort passager, toujours sous votre contrôle. La progression se fait à votre rythme. Au fil des séances, la plupart des femmes constatent que le toucher devient plus confortable, ce qui est déjà un premier signe d'amélioration.
Le vaginisme se soigne-t-il ?
Oui, le vaginisme se prend en charge, et beaucoup de femmes retrouvent une sexualité sans douleur. La prise en charge associe souvent plusieurs approches. La rééducation périnéale aide à prendre conscience des muscles, à les relâcher et à désensibiliser progressivement, parfois avec des dilatateurs. Un accompagnement psychologique ou sexologique aide à apaiser l'appréhension et le réflexe de protection. Avant tout, une consultation médicale vérifie qu'aucune autre cause, comme une endométriose, ne se cache derrière la douleur. Le chemin demande de la patience et de la bienveillance envers soi-même, mais il est loin d'être sans issue.
Ma douleur pendant les rapports peut-elle venir d'une endométriose ?
C'est possible, en particulier si la douleur est profonde, ressentie au fond du ventre, et qu'elle s'aggrave autour des règles. L'Assurance Maladie cite la dyspareunie profonde parmi les symptômes de l'endométriose, qui concerne environ une femme sur dix selon l'Inserm. D'autres signes peuvent orienter : règles très douloureuses, douleurs en allant aux toilettes, fatigue importante. Seul un professionnel de santé peut poser le diagnostic, à partir de l'examen et parfois d'une imagerie. Parlez-en à votre médecin ou à votre sage-femme : une douleur pendant les rapports n'est jamais à banaliser.
En conclusion
Les rapports douloureux ne sont pas une fatalité, ni un sujet honteux. Qu'ils surviennent après un accouchement, à cause d'un périnée trop tendu, d'une endométriose ou de la ménopause, ils ont une explication. Ils se soignent, le plus souvent grâce à une prise en charge coordonnée.
La première étape est une consultation avec une sage-femme ou un médecin, pour identifier et traiter la cause. La kiné pelvi-périnéale prend ensuite le relais pour relâcher les tensions, assouplir les cicatrices et réapprendre au corps à accueillir la pénétration sans douleur. Un suivi psychologique peut accompagner ce chemin quand l'appréhension ou le couple sont touchés.
Vous méritez une sexualité sereine, et vous n'avez pas à attendre en silence. Pour découvrir le parcours complet, consultez notre page dédiée au parcours douleurs intimes ou prenez contact avec notre kinésithérapeute à Paris 15.
Pour choisir la professionnelle qui vous accompagnera, retrouvez l'ensemble de l'équipe pluridisciplinaire de nos centres Paris 14 et Paris 15, avec ses disponibilités de rendez-vous.
Ces informations ne remplacent pas une consultation médicale. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.
Sources
- Assurance Maladie, Endométriose : symptômes, diagnostic et évolution, avril 2026 : ameli.fr
- Assurance Maladie, Ménopause : symptômes et diagnostic, février 2026 : ameli.fr
- Inserm, Endométriose (dossier d'information), mis à jour en juillet 2024 : inserm.fr
- Santé.fr, La dyspareunie : douleurs lors des rapports sexuels, janvier 2024 : sante.fr
- Vidal, Douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunies) : diagnostic et prise en charge, juillet 2018 : vidal.fr
Les parcours de soin Kaliora sur ce sujet
Nos équipes de Paris 14 et Paris 15 accompagnent cette situation dans la durée, en coordonnant plusieurs professionnels autour d'un même suivi.
Parcours Douleurs intimes — Paris 14 et Paris 15
Douleurs pendant les rapports, brûlures vulvaires, vaginisme : un accompagnement coordonné entre sage-femme, médecin, kinésithérapeute et psychologue pour comprendre la cause et la traiter.
Parcours Post-partum — Paris 14 et Paris 15
Du retour de la maternité à la reprise de votre rythme : suivi sage-femme, rééducation périnéale et abdominale, allaitement, soutien psychologique et ostéopathie.

Kinésithérapeute
Kinésithérapeute au centre Kaliora, Chloé est spécialisée dans la prise en charge de la femme, du nourrisson, de l'enfant et de l'adolescent, avec une expertise particulière en kinésithérapie pédiatrique et en accompagnement des femmes touchées par un cancer du sein.
N° RPPS : 10110612578
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