Douleurs ligamentaires pendant la grossesse : comment les reconnaître, les distinguer d'une contraction et les soulager

Vous vous levez du canapé et, soudain, une pointe vive vous saisit dans l'aine. Vous éternuez et un tiraillement traverse le bas de votre ventre. Sur le moment, la question surgit : est-ce normal ? Est-ce une contraction ? Faut-il appeler la maternité ?
Dans la grande majorité des cas, il s'agit d'une douleur ligamentaire de grossesse. Elle est le plus souvent liée au ligament rond, un des cordons qui maintiennent l'utérus. Elle est fréquente, bénigne et ne met pas votre bébé en danger. Elle n'en reste pas moins déroutante, parfois franchement désagréable, et mérite d'être comprise.
Dans cet article, nous vous expliquons d'où viennent ces tiraillements, comment les distinguer d'une contraction, ce qui change d'un trimestre à l'autre et quels signes doivent vous faire consulter sans attendre. Nous verrons aussi ce que vous pouvez faire au quotidien pour vous soulager, et ce que l'ostéopathie peut apporter, en complément de votre suivi de grossesse.
Qu'est-ce qu'une douleur ligamentaire pendant la grossesse ?
On parle de douleur ligamentaire de grossesse pour décrire une douleur du bas-ventre ou de l'aine liée à la mise en tension des ligaments qui soutiennent l'utérus. C'est l'un des « petits maux » de la grossesse les plus courants. Il est désagréable, mais il ne signale pas, en lui-même, de problème.
Le ligament rond, un hauban pour l'utérus
L'utérus est maintenu dans le bassin par plusieurs ligaments. Les ligaments ronds sont deux cordons de tissu fibreux et musculaire, un de chaque côté. Ils partent du haut de l'utérus, traversent le bassin, passent dans le canal inguinal (au niveau du pli de l'aine) et se terminent dans les grandes lèvres et le mont du pubis.
Ce trajet explique la localisation si particulière de la douleur du ligament rond pendant la grossesse : elle se ressent dans le bas-ventre, sur le côté, dans le pli de l'aine, et parfois jusqu'au pubis ou à la vulve. Beaucoup de femmes la décrivent comme un « élastique qui tire » ou un « point de côté » très bas.
Pourquoi ça tire : un utérus qui grandit et des tissus qui s'assouplissent
Deux phénomènes s'additionnent. D'abord, l'utérus grossit et monte progressivement dans l'abdomen. Les ligaments ronds s'allongent et se tendent pour l'accompagner, un peu comme les cordes d'une tente que l'on écarte.
Ensuite, les hormones de la grossesse rendent les tissus de soutien plus souples et plus élastiques. C'est une adaptation utile pour préparer le corps à l'accouchement. Mais un ligament à la fois plus étiré et plus souple peut réagir à un mouvement brusque par un spasme bref et douloureux. C'est précisément ce spasme que vous ressentez.
Par ailleurs, d'autres structures du bassin travaillent aussi : articulations sacro-iliaques, symphyse pubienne, muscles abdominaux et lombaires. Toutes les douleurs du bas-ventre ne viennent donc pas du ligament rond. C'est pourquoi un avis professionnel reste utile quand la douleur vous inquiète ou change de visage.
Comment reconnaître une douleur du ligament rond ?
La douleur ligamentaire a une « signature » assez caractéristique. La reconnaître permet souvent de se rassurer rapidement.
Les sensations typiques
Voici les éléments qui reviennent le plus souvent dans les descriptions des futures mamans et des soignants :
- Une douleur vive, en coup de poignard ou en tiraillement, dans le bas-ventre ou le pli de l'aine.
- Une localisation latérale : d'un seul côté, parfois des deux. Une fiche d'un hôpital britannique du NHS indique qu’elle touche plus souvent le côté droit.
- Une durée brève : de quelques secondes à quelques minutes, avec des récidives au fil des jours.
- Parfois une gêne sourde qui persiste après le pic, comme une courbature.
- Un ventre qui reste souple : il ne se durcit pas dans son ensemble.
Ce qui la déclenche
La douleur du ligament rond est typiquement mécanique. Elle survient lors d'un changement de position rapide, quand vous vous levez d'une chaise, sortez du lit ou vous retournez dans la nuit. Elle apparaît aussi lors d'une augmentation brutale de la pression dans l'abdomen : éternuement, toux, éclat de rire. Une longue marche, une station debout prolongée ou le port de charges peuvent également la réveiller en fin de journée.
À l'inverse, elle se calme généralement au repos, quand vous changez de position ou que vous vous allongez. Ce lien très net avec le mouvement est l'un des meilleurs indices pour la distinguer d'autres causes de douleur.
Si vous vous reconnaissez dans cette description, sachez que vous êtes loin d'être la seule. Ces tiraillements font partie des questions fréquentes en consultation de suivi de grossesse.
Douleur ligamentaire ou contraction : comment faire la différence ?
C'est sans doute la question qui inquiète le plus. La confusion est compréhensible : dans les deux cas, « ça tire » dans le ventre. Pourtant, quelques repères simples permettent souvent de faire la différence.
Ce qui évoque une douleur ligamentaire
- La douleur est localisée sur le côté, dans l'aine ou le bas-ventre.
- Elle est déclenchée par un mouvement ou par un éternuement, une toux.
- Elle est brève, ressentie comme un pincement ou un étirement.
- En posant la main à plat sur le ventre, celui-ci reste souple.
- Elle cède au repos ou en changeant de position.
Ce qui évoque une contraction
- C'est tout le ventre qui se durcit : en posant la main dessus, vous sentez l'utérus se tendre comme un ballon, puis se relâcher.
- La sensation est globale, souvent décrite comme une crampe ou une pression, parfois irradiant dans le dos.
- Elle survient sans lien avec un mouvement particulier.
- Elle peut se répéter à intervalles plus ou moins réguliers.
Au cours de la grossesse, il est fréquent de sentir son ventre durcir de temps en temps, sans douleur. Ces contractions irrégulières, parfois appelées contractions de Braxton Hicks, font partie de la physiologie de la grossesse. Elles s'espacent et se calment généralement au repos.
Les contractions qui doivent amener à consulter
Ce qui doit alerter, ce sont des contractions régulières, qui se rapprochent, qui deviennent douloureuses ou qui ne cèdent pas au repos. Avant le terme, elles peuvent traduire une menace d'accouchement prématuré. Le CNGOF la définit comme l'association de contractions utérines régulières et douloureuses et de modifications du col de l'utérus, entre 22 et 36 semaines d'aménorrhée révolues.
Seul un examen permet de savoir si le col se modifie. C'est pourquoi, en cas de doute, la bonne attitude est d'appeler votre maternité ou votre sage-femme plutôt que d'attendre. Vous ne « dérangerez » personne : ce type d'appel fait partie du quotidien des équipes de maternité.
Douleur ligamentaire au premier trimestre et en début de grossesse
Beaucoup de femmes ressentent des tiraillements dans le bas-ventre dès les premières semaines, parfois avant même la première échographie. Ces sensations ressemblent souvent à des douleurs de règles.
Des tiraillements fréquents et le plus souvent bénins
En début de grossesse, l'utérus commence à grossir et les tissus qui le soutiennent s'adaptent. Des tiraillements diffus, des petites crampes ou une sensation de pesanteur sont donc fréquents. La douleur typique du ligament rond est surtout décrite à partir du deuxième trimestre, mais elle peut se manifester plus tôt.
Pourquoi la vigilance est plus grande à ce stade
Au premier trimestre, une douleur du bas-ventre doit cependant être prise au sérieux dans certaines situations. L'Assurance Maladie rappelle qu'une grossesse extra-utérine peut se manifester par des douleurs du bas-ventre, souvent d'un seul côté, associées à des saignements peu abondants de couleur noirâtre. Elle impose une consultation médicale en urgence.
De même, des saignements accompagnés de douleurs pelviennes ou de crampes peuvent évoquer une fausse couche. Les saignements du premier trimestre sont pourtant fréquents : d'après l'Assurance Maladie, environ une femme enceinte sur quatre en a. Ils justifient toujours un avis rapide, mais lorsque la grossesse est bien installée dans l'utérus, elle se poursuit jusqu'au terme dans la grande majorité des cas. Seul un examen permet de faire la part des choses.
En pratique : un tiraillement bref, déclenché par un mouvement, sans saignement et sans malaise, est le plus souvent bénin. Une douleur intense, persistante, d'un seul côté, ou associée à des saignements, doit faire consulter rapidement, surtout si la localisation de la grossesse n'a pas encore été confirmée à l'échographie.
Douleur ligamentaire à 4, 5 et 6 mois : le deuxième trimestre
Le deuxième trimestre est la période où la douleur du ligament rond est la plus souvent décrite. Les sources médicales s'accordent sur ce point, du NHS à la Cleveland Clinic.
Pourquoi c'est la période la plus concernée
Entre le 4e et le 6e mois, l'utérus sort du petit bassin et prend rapidement du volume. Les ligaments ronds subissent alors un étirement important, sur une période relativement courte. Votre ventre devient visible, votre centre de gravité se déplace et vos gestes du quotidien changent sans que vous y pensiez. Tout cela crée les conditions idéales pour ces spasmes ligamentaires.
C'est aussi souvent le moment où l'on reprend une vie plus active après la fatigue du premier trimestre : sport, trajets, travail. Le corps est sollicité alors qu'il est en pleine transformation.
Ce qui doit rester rassurant
Dans la plupart des cas, la douleur est gênante sans être inquiétante. Elle a tendance à s'atténuer pour certaines femmes au troisième trimestre, quand le corps s'est adapté. Pour d'autres, elle persiste par intermittence jusqu'à l'accouchement. Les deux situations sont normales.
En revanche, au deuxième trimestre comme au troisième, tout saignement est anormal selon l'Assurance Maladie et doit conduire à consulter immédiatement. Une douleur associée à de la fièvre, des brûlures urinaires ou des contractions régulières justifie également un avis rapide.
Douleur ligamentaire en fin de grossesse
Au troisième trimestre, le tableau se complique un peu, car plusieurs sensations se superposent.
Des douleurs qui se mélangent
En fin de grossesse, le poids du bébé, la descente de sa tête dans le bassin et le relâchement articulaire peuvent provoquer d'autres douleurs : pesanteur pelvienne, douleur au niveau du pubis, sciatalgie, lombalgie. Les ligaments ronds peuvent continuer à tirer, mais ils ne sont pas toujours en cause.
Si votre douleur se situe plutôt sur l'os du pubis, à l'avant, et s'aggrave en marchant ou en écartant les jambes, elle peut venir de la symphyse pubienne. Nous lui avons consacré un article dédié : douleur au pubis pendant la grossesse et symphyse pubienne. Si elle descend dans la fesse ou la jambe, lisez notre article sur la sciatique et la lombalgie pendant la grossesse.
Savoir reconnaître le début du travail
À l'approche du terme, les contractions deviennent plus fréquentes. L'Assurance Maladie décrit des contractions de travail qui, d'abord brèves et espacées, se rapprochent puis deviennent régulières, plus intenses et douloureuses. La perte des eaux impose de se rendre à la maternité, même si les contractions ne sont pas encore intenses.
Une douleur ligamentaire, elle, reste brève, latérale et liée au mouvement. Si vous hésitez, n'hésitez pas : appelez la maternité. Les équipes préfèrent toujours un appel « pour rien » à une situation qui aurait mérité d'être vue.
Quand consulter sans attendre : les signes d'alerte
La douleur ligamentaire est bénigne. Mais une douleur du ventre pendant la grossesse peut avoir d'autres origines : infection urinaire, appendicite, complication placentaire, prééclampsie, début de travail. Certains signes ne doivent jamais être mis sur le compte du ligament rond.
Consultez sans attendre (maternité, sage-femme, médecin, ou le 15 / 112 en cas d'urgence) si votre douleur s'accompagne de :
- saignements, quelle que soit leur abondance ;
- perte de liquide par le vagin ;
- contractions régulières, qui se rapprochent, ou un ventre dur en permanence ;
- douleur brutale, très intense ou qui ne cède pas au repos ni en changeant de position ;
- fièvre, frissons, nausées ou vomissements inhabituels ;
- brûlures ou douleurs en urinant, sang dans les urines ;
- maux de tête intenses, troubles de la vue ou douleur en barre sous les côtes ;
- malaise, vertiges, sensation de faiblesse ;
- diminution des mouvements de votre bébé ;
- douleur survenue après une chute ou un choc sur le ventre.
L'Assurance Maladie le résume simplement : si vous êtes enceinte et que vous ressentez un type de douleur que vous n'avez jamais ressenti, contactez sans tarder le 15 ou le 112.
Ce dernier repère est précieux. Vous connaissez votre corps. Si quelque chose vous semble différent, inhabituel ou simplement inquiétant, faites-vous examiner. Il n'y a pas de « petite » raison de consulter pendant une grossesse.
Pour un premier épisode de douleur, même rassurant, parlez-en à votre sage-femme ou à votre médecin lors de la consultation suivante. Elle pourra confirmer qu'il s'agit bien d'une douleur ligamentaire et vous aider à la gérer.

Que faire pour soulager une douleur ligamentaire ?
Bonne nouvelle : quelques ajustements simples suffisent souvent à rendre ces tiraillements beaucoup plus supportables. Voici les conseils que nous partageons le plus souvent en consultation.
1. Changer de position lentement
Pourquoi ça marche : le spasme ligamentaire est déclenché par un étirement brusque. En ralentissant vos mouvements, vous laissez au ligament le temps de s'adapter.
Comment faire : pour sortir du lit, roulez d'abord sur le côté, genoux pliés. Poussez ensuite avec les bras pour vous redresser en position assise, puis levez-vous. Pour vous lever d'une chaise, avancez-vous au bord de l'assise et prenez appui sur vos cuisses. Évitez de vous retourner d'un bloc dans la nuit.
2. Anticiper les éternuements, la toux et les fous rires
Pourquoi ça marche : ces efforts brefs augmentent brutalement la pression dans l'abdomen et tirent sur les ligaments.
Comment faire : dès que vous sentez venir l'éternuement, penchez-vous légèrement en avant et soutenez votre ventre avec vos mains. Plier les hanches, voire fléchir un genou vers le ventre si vous êtes allongée, détend aussi la zone. Ce geste devient vite un réflexe.
3. Se reposer sur le côté, avec un coussin
Pourquoi ça marche : la position allongée sur le côté soulage les ligaments du poids de l'utérus et détend le bassin.
Comment faire : allongez-vous sur le côté opposé à la douleur, un coussin entre les genoux pour garder le bassin aligné. Un petit coussin sous le ventre peut ajouter du confort à partir du deuxième trimestre. Un coussin de grossesse ou de maternité est souvent très apprécié pour la nuit.
4. Utiliser la chaleur douce
Pourquoi ça marche : la chaleur favorise le relâchement musculaire et apaise la sensation de spasme.
Comment faire : un bain ou une douche tiède, et non chaud, peut soulager rapidement. Vous pouvez aussi appliquer une bouillotte tiède enveloppée dans un linge sur la zone douloureuse, quelques minutes. Évitez les sources de chaleur intense directement sur le ventre.
5. Bouger en douceur et adapter l'effort
Pourquoi ça marche : une activité physique douce et régulière entretient la souplesse et la force des muscles qui soutiennent le bassin. La revue Cochrane de 2015 sur les douleurs lombo-pelviennes de grossesse retrouve d'ailleurs un bénéfice de l'exercice, avec un niveau de preuve faible à modéré.
Comment faire : marche, natation, yoga prénatal ou exercices de mobilité du bassin, comme le mouvement à quatre pattes en arrondissant puis en creusant doucement le dos. Faites des pauses, évitez la station debout prolongée et le port de charges lourdes. Demandez à votre sage-femme ou à votre kinésithérapeute quels exercices conviennent à votre grossesse.
6. Envisager une ceinture de soutien
Pourquoi ça marche : une ceinture ou une bande de grossesse soutient le ventre et peut limiter la tension sur les ligaments lors des déplacements.
Comment faire : choisissez un modèle souple, porté lors des activités ou des longues marches plutôt qu'en continu. Demandez conseil à votre sage-femme ou à votre pharmacien pour le choix de la taille.
Et les médicaments ?
Les mesures ci-dessus suffisent le plus souvent. Si la douleur reste gênante, demandez l'avis de votre sage-femme, de votre médecin ou de votre pharmacien avant de prendre un antalgique. Le paracétamol peut être envisagé ponctuellement, selon leurs conseils. En revanche, l'ANSM rappelle que tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), comme l'ibuprofène, sont contre-indiqués à partir du début du 6e mois de grossesse. Cette contre-indication vaut aussi pour les gels et crèmes appliqués sur la peau. Ne prenez pas d'AINS pendant la grossesse sans avis médical.
Ce que l'ostéopathie peut apporter
Beaucoup de futures mamans se tournent vers l'ostéopathie pour ces douleurs du bassin et du bas-ventre. Elle peut être une aide utile, à condition de bien comprendre ce qu'elle propose et ce qu'elle ne remplace pas.
Un bilan global du bassin et de la posture
En consultation, l'ostéopathe commence par un échange détaillé : terme de la grossesse, localisation et déclencheurs de la douleur, antécédents, déroulement du suivi. Il vérifie l'absence de signes d'alerte et vous oriente vers votre sage-femme ou votre médecin si un symptôme sort du cadre d'une douleur mécanique.
Il observe ensuite votre posture et la mobilité de votre bassin, de vos hanches, de votre colonne lombaire et de votre cage thoracique. L'objectif est de comprendre comment votre corps s'organise autour de ce ventre qui grandit, et où se concentrent les tensions.
Des techniques douces, adaptées à la grossesse
Pendant la grossesse, l'ostéopathe utilise des techniques douces, en position confortable, souvent sur le côté. Il peut travailler sur la mobilité du bassin, des sacro-iliaques et des hanches, sur les tensions musculaires lombaires et abdominales, et sur la respiration. L'idée est de redonner de l'aisance à l'ensemble du système qui soutient l'utérus, pour que les ligaments soient moins sollicités.
L'ostéopathe vous donne aussi des conseils personnalisés : positions de repos, façons de vous lever, exercices simples à faire chez vous.
Ce que disent les études, honnêtement
Les études sur l'ostéopathie pendant la grossesse portent surtout sur les lombalgies et les douleurs de la ceinture pelvienne. Une revue systématique publiée en 2017 (Franke et coll.) conclut à un bénéfice cliniquement pertinent sur la douleur et la fonction chez les femmes enceintes souffrant de lombalgie, avec un niveau de preuve modéré. Les auteurs appellent à des études plus larges.
En revanche, il n'existe pas, à notre connaissance, d'étude spécifique sur l'ostéopathie et la douleur du ligament rond. Nous préférons vous le dire clairement. L'ostéopathie peut améliorer votre confort, mais elle ne « répare » pas un ligament et ne fait pas disparaître à coup sûr ces tiraillements.
Un cadre précis, en complément du suivi médical
L'ostéopathie s'inscrit en complément du suivi de grossesse par votre sage-femme ou votre médecin, jamais à sa place, dans une logique de pluridisciplinarité. La réglementation française encadre d'ailleurs strictement la pratique : le décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 interdit notamment aux ostéopathes les manipulations gynéco-obstétricales et les touchers pelviens. Les manipulations sont exclusivement manuelles et externes : une séance d'ostéopathie pendant la grossesse ne comporte donc aucun examen interne. La consultation est en accès direct, sans ordonnance ; le décret n'exige un avis médical préalable que pour certains actes précis, comme les manipulations du rachis cervical.
Pour en savoir plus sur l'accompagnement ostéopathique tout au long de la grossesse, vous pouvez lire notre article ostéopathie et grossesse : soulager les maux de la femme enceinte.
Un accompagnement pluridisciplinaire chez Kaliora
Une douleur ligamentaire touche à la fois le suivi de grossesse, la mécanique du bassin et le confort de vie. C'est précisément là que la pluridisciplinarité prend son sens.
Dans nos deux centres, à Paris 14e (Montparnasse) et Paris 15e (La Motte-Picquet), plusieurs professionnels peuvent intervenir, chacun dans son champ de compétence :
- Les sages-femmes assurent le suivi de grossesse, examinent, rassurent et repèrent les situations qui nécessitent un avis complémentaire. Au centre Paris 15, notre sage-femme échographiste peut réaliser les échographies de suivi.
- L'ostéopathe travaille sur la mobilité du bassin et la posture, en complément de ce suivi. Vous pouvez consulter un ostéopathe à Paris 15, notamment Benoît Dechamp, auteur de cet article. Formé à la périnatalité, il exerce au centre Paris 15e, en lien avec les sages-femmes.
- Le kinésithérapeute propose un travail actif : renforcement adapté, mobilité, conseils de postures et de gestes.
- Le médecin généraliste peut être consulté pour tout symptôme associé ou toute question de traitement.
- Nos psychologues peuvent vous accompagner si l'inquiétude liée à la douleur ou à la grossesse prend beaucoup de place.
Cette pluridisciplinarité permet aux soignants d'échanger entre eux et de vous orienter vers le bon interlocuteur au bon moment. Pour découvrir l'ensemble de notre accompagnement, consultez notre page dédiée au suivi de grossesse à Paris.
Prévenir et vivre sa grossesse plus sereinement
Il n'existe pas de méthode pour empêcher totalement les douleurs ligamentaires. Elles accompagnent la transformation normale du corps. Quelques habitudes aident toutefois à les rendre plus rares et moins intenses.
Restez active, à votre rythme. Une activité douce et régulière entretient la souplesse et la tonicité du bassin. Alternez les positions au travail : si vous êtes souvent debout, prévoyez des pauses assises ; si vous êtes assise, levez-vous régulièrement. Aménagez votre sommeil avec des coussins dès que le ventre s'arrondit.
Écoutez aussi vos signaux de fatigue. Les douleurs ligamentaires sont souvent plus présentes en fin de journée, quand le corps a été beaucoup sollicité. Ce n'est pas un échec de ralentir : c'est une façon de prendre soin de vous et de votre bébé.
Enfin, parlez de vos douleurs à chaque consultation de suivi. Une douleur qui évolue, qui change de localisation ou d'intensité mérite d'être signalée. Votre sage-femme pourra ajuster les conseils et, si besoin, vous orienter vers un accompagnement pluridisciplinaire.
Questions fréquentes sur la douleur ligamentaire pendant la grossesse
Comment soulager rapidement une douleur ligamentaire ?
Sur le moment, arrêtez le mouvement en cours et changez doucement de position. Si vous êtes debout, asseyez-vous ou allongez-vous sur le côté opposé à la douleur, un coussin entre les genoux. Pliez légèrement les hanches pour détendre le bas-ventre. Une douche ou un bain tiède, ou une bouillotte tiède enveloppée d'un linge, aide souvent à relâcher le spasme. Pour éviter les récidives, levez-vous en roulant sur le côté et soutenez votre ventre quand vous éternuez ou toussez. Si la douleur reste gênante, demandez conseil à votre sage-femme ou à votre pharmacien avant tout médicament. N'utilisez pas d'anti-inflammatoires (ibuprofène, y compris en gel) sans avis médical : ils sont contre-indiqués à partir du début du 6e mois de grossesse.
Comment savoir si c'est une douleur ligamentaire ou une contraction ?
Posez la main à plat sur votre ventre. Lors d'une contraction, c'est tout l'utérus qui se durcit, puis se relâche. La sensation est globale, parfois ressentie dans le dos. Lors d'une douleur ligamentaire, le ventre reste souple. La douleur est localisée sur le côté ou dans l'aine, brève, et souvent déclenchée par un mouvement, un éternuement ou une toux. Elle cède au repos. Des contractions qui deviennent régulières, rapprochées ou douloureuses, surtout avant 37 semaines d'aménorrhée, doivent vous faire appeler votre maternité. En cas de doute, appelez : c’est le bon réflexe, jamais une perte de temps.
Est-ce normal d'avoir des tiraillements dans le bas-ventre en début de grossesse ?
Oui, c'est fréquent. L'utérus commence à grossir dès les premières semaines et les tissus qui le soutiennent s'adaptent. Cela peut donner des tiraillements ou de petites crampes, proches de douleurs de règles. Ils sont le plus souvent bénins. Il faut toutefois consulter rapidement si la douleur est intense, persistante, d'un seul côté, ou si elle s'accompagne de saignements ou d'un malaise. Ces signes peuvent évoquer une grossesse extra-utérine ou une fausse couche, surtout tant que la première échographie n'a pas confirmé la localisation de la grossesse. Dans le doute, un examen permet de vous rassurer.
Pourquoi la douleur ligamentaire est-elle plus forte vers 4 à 6 mois ?
Au deuxième trimestre, l'utérus sort du petit bassin et prend du volume rapidement. Les ligaments ronds, qui le relient à l'aine, s'étirent alors beaucoup en peu de temps. Les hormones de la grossesse rendent en parallèle les tissus plus souples. Un mouvement brusque peut alors provoquer un spasme bref et vif. C'est pourquoi cette période est celle où la douleur du ligament rond est la plus souvent décrite. Elle s'atténue souvent ensuite, mais peut persister par moments jusqu'à l'accouchement. Ce n'est pas un signe de danger pour votre bébé.
Peut-on consulter un ostéopathe pour une douleur ligamentaire en fin de grossesse ?
Oui, l'ostéopathie peut être envisagée à tous les stades de la grossesse, en complément du suivi par votre sage-femme ou votre médecin. En fin de grossesse, l'ostéopathe adapte les positions, souvent sur le côté, et utilise des techniques douces sur le bassin, les hanches et le dos. Il vérifie d'abord l'absence de signes d'alerte et vous réoriente si besoin. La réglementation lui interdit les manipulations gynéco-obstétricales et les touchers pelviens. Les études montrent surtout un bénéfice sur les lombalgies de grossesse. Pour la douleur du ligament rond, l'objectif est d'améliorer votre confort, sans promesse de guérison.
En résumé
La douleur ligamentaire pendant la grossesse est un tiraillement fréquent et bénin, lié à l'étirement des ligaments ronds par l'utérus qui grandit. Elle se reconnaît à sa localisation latérale, dans l'aine ou le bas-ventre, à sa brièveté et à son lien avec le mouvement. Le ventre, lui, reste souple, ce qui la distingue d'une contraction.
Des gestes simples soulagent souvent bien : se lever lentement, soutenir son ventre en éternuant, se reposer sur le côté, utiliser la chaleur douce. Mais certains signes imposent de consulter sans attendre : saignements, perte de liquide, fièvre, contractions régulières, douleur intense ou inhabituelle.
Vous n'avez pas à choisir entre « supporter » et « s'inquiéter ». Entre les deux, il y a l'écoute d'un professionnel, et chez Kaliora, la pluridisciplinarité d'une équipe qui se parle. Si ces douleurs vous gênent au quotidien, notre équipe peut vous accompagner : prenez rendez-vous avec un ostéopathe à Paris 15 ou découvrez le profil de Benoît Dechamp, ostéopathe chez Kaliora, en lien avec votre sage-femme.
Sources
- Assurance Maladie (ameli.fr), Grossesse extra-utérine, consulté en octobre 2026.
- Assurance Maladie (ameli.fr), Fausse couche, consulté en octobre 2026.
- Assurance Maladie (ameli.fr), Saignements gynécologiques du premier trimestre de la grossesse, consulté en octobre 2026.
- Assurance Maladie (ameli.fr), Saignements lors du 2e et du 3e trimestre de la grossesse, consulté en octobre 2026.
- Assurance Maladie (ameli.fr), Mal de ventre : que faire et quand consulter ?, consulté en octobre 2026.
- Assurance Maladie (ameli.fr), Comment se déroule un accouchement ?, consulté en octobre 2026.
- ANSM, Bon usage du paracétamol et des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), 2019, mis à jour en décembre 2020.
- CNGOF, La menace d'accouchement prématuré à membranes intactes — recommandations pour la pratique clinique, 2002.
- HAS, Suivi et orientation des femmes enceintes en fonction des situations à risque identifiées, 2007, mise à jour 2016.
- Légifrance, Décret n° 2007-435 du 25 mars 2007 relatif aux actes et aux conditions d'exercice de l'ostéopathie.
- Liddle SD, Pennick V. Interventions for preventing and treating low-back and pelvic pain during pregnancy. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2015.
- Franke H, Franke J-D, Belz S, Fryer G. Osteopathic manipulative treatment for low back and pelvic girdle pain during and after pregnancy: a systematic review and meta-analysis. Journal of Bodywork and Movement Therapies, 2017;21(4):752-762.
- StatPearls (NCBI Bookshelf), Anatomy, Abdomen and Pelvis: Uterus Round Ligament.
- Royal Berkshire NHS Foundation Trust, Round ligament pain in pregnancy, mars 2026.
- Cleveland Clinic, Round Ligament Pain: Causes, Treatment & Prevention.
Ces informations ne remplacent pas une consultation médicale. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.

Ostéopathe
Ostéopathe au centre Kaliora, Benoît prend en charge les nourrissons, enfants et adultes. Il est spécialisé dans l'accompagnement des femmes enceintes et des troubles posturaux.
N° RPPS : 10010371861
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