Ménopause et ostéoporose : pourquoi le risque osseux augmente

Ménopause et ostéoporose : pourquoi le risque osseux augmente

Ménopause et ostéoporose : pourquoi le risque osseux augmente

Vous avez peut-être entendu dire qu'après la ménopause, « les os deviennent fragiles ». La formule est vague, un peu inquiétante, et elle laisse souvent les femmes sans repères concrets. Le lien entre ménopause et ostéoporose est pourtant bien documenté, et surtout : il est modifiable. En France, autour de l'âge de 65 ans, on estime que 39 % des femmes souffrent d'ostéoporose, et cette proportion atteint 70 % chez celles de 80 ans et plus. Ces chiffres impressionnent. Ils ne sont pas une fatalité.

Chez Kaliora, nous accompagnons chaque semaine des femmes qui viennent chercher l'accompagnement de la ménopause avec des questions très concrètes : faut-il faire un examen ? Que manger ? Quel sport pratiquer ? Dans cet article, nous vous expliquons pourquoi le risque osseux augmente à cette période, comment il se dépiste, et surtout quels leviers vous permettent de le limiter durablement.

Ménopause et ostéoporose : de quoi parle-t-on exactement ?

Avant d'aller plus loin, posons le vocabulaire. Les deux mots sont souvent associés dans les conversations sans que l'on sache toujours ce qu'ils recouvrent.

L'os est un tissu vivant

Contrairement à ce que suggère son apparence, l'os n'est pas une structure figée. C'est un tissu vivant qui se reconstruit en permanence : l'os ancien et endommagé est remplacé par de l'os neuf. Ce phénomène s'appelle le remodelage osseux.

Deux types de cellules s'en chargent. Les ostéoclastes détruisent l'ancien os — c'est la résorption. Les ostéoblastes fabriquent le nouvel os — c'est la formation. Tant que ces deux équipes travaillent au même rythme, la solidité de votre squelette reste stable.

Durant l'enfance et l'adolescence, la formation l'emporte largement. La masse osseuse augmente ainsi jusqu'à l'âge de 25 ans environ : c'est ce que l'on appelle le capital osseux. Jusqu'à environ 45 ans, résorption et formation s'équilibrent. Puis, avec le vieillissement, chez la femme comme chez l'homme, la balance penche du côté de la destruction.

L'ostéoporose, une maladie du squelette

L'ostéoporose est une maladie diffuse du squelette qui associe une diminution de la densité osseuse et une altération de la micro-architecture de l'os. Concrètement, l'os devient plus poreux, moins résistant, et le risque de fracture augmente.

En France, le nombre de personnes atteintes d'ostéoporose était estimé à près de 4 millions en 2019, soit 5,5 % de la population. La même année, environ 484 000 fractures de fragilité seraient survenues. Ces fractures dites « de fragilité » surviennent après un traumatisme minime, équivalent au plus à une chute de sa propre hauteur en marchant.

Ne pas confondre ostéoporose et arthrose

C'est une confusion très fréquente en consultation, et elle mérite d'être levée. L'arthrose est une usure du cartilage des articulations : elle fait mal, elle raidit, elle limite les mouvements. L'ostéoporose, elle, ne se voit pas et ne fait pas mal tant qu'aucune fracture n'est survenue. Les deux maladies sont fréquentes après 50 ans, elles peuvent coexister, mais elles n'ont ni les mêmes mécanismes ni la même prise en charge.

Pourquoi le risque osseux augmente à la ménopause

Voici le cœur du sujet. Comprendre le mécanisme aide à comprendre pourquoi la fenêtre d'action est si précieuse.

Le rôle protecteur des œstrogènes

Les hormones sexuelles, et notamment les œstrogènes, contrôlent le remodelage osseux. Elles freinent la dégradation du tissu osseux et favorisent la formation d'os jeune. Tant qu'elles circulent, elles jouent un rôle de régulateur discret mais constant.

À la ménopause, la production ovarienne d'œstrogènes s'effondre. Le frein disparaît. Les ostéoclastes continuent de détruire pendant que les ostéoblastes peinent à suivre. Le résultat est une perte osseuse accélérée. C'est pour cette raison que l'ostéoporose est 2 à 3 fois plus fréquente chez la femme que chez l'homme.

La fenêtre des 5 à 10 premières années

C'est le point le plus important de cet article, et celui que l'on connaît le moins. Au moment de la ménopause, une accélération de la perte osseuse est observée pendant 5 à 10 ans. Passé ce cap, la perte se poursuit, mais à un rythme plus proche du vieillissement ordinaire.

Autrement dit : les premières années qui suivent l'arrêt des règles sont celles où votre marge de manœuvre est la plus grande. Agir tôt sur l'alimentation, l'activité physique et le suivi médical a plus d'effet à 52 ans qu'à 72 ans. Si vous lisez ces lignes en périménopause ou en début de ménopause, vous êtes exactement au bon moment.

Le capital osseux de départ compte aussi

Le pic de masse osseuse atteint au début de l'âge adulte est un facteur déterminant : plus il est élevé, moins le risque ultérieur d'ostéoporose est important. Son intensité dépend essentiellement de facteurs génétiques — sur lesquels vous ne pouvez rien.

En revanche, les apports en calcium et en vitamine D ainsi que l'activité physique régulière durant l'enfance et l'adolescence contribuent à l'augmenter. Une raison de plus, si vous avez des filles adolescentes, de ne pas négliger leur alimentation et leur mouvement.

Une ménopause précoce, survenant avant 40 ans, expose davantage : la période de protection hormonale a été plus courte.

Les facteurs de risque à connaître

Le risque d'ostéoporose est d'autant plus marqué que les facteurs favorisants se cumulent. En repérer plusieurs chez vous n'est pas un verdict : c'est une information utile à apporter en consultation.

Facteurs liés à votre histoire personnelle et familiale

  • Le vieillissement, qui reste la première cause d'ostéoporose.
  • Une prédisposition génétique, avec des cas d'ostéoporose dans la famille.
  • Un antécédent de fracture du col du fémur sans traumatisme chez un parent au premier degré.
  • Une ménopause précoce, avant 40 ans.
  • Un antécédent personnel de fracture par fragilité osseuse. C'est un signal fort : une personne ayant eu une fracture vertébrale ostéoporotique présente un risque de nouvelle fracture de 25 % dans l'année qui suit.

Facteurs liés au mode de vie

Ce sont ceux sur lesquels vous pouvez le plus agir, et c'est une bonne nouvelle.

Une minceur excessive, avec un indice de masse corporelle inférieur à 19, favorise la survenue d'une ostéoporose. L'absence d'activité physique ou une immobilisation prolongée également. La consommation excessive de tabac et d'alcool complète ce tableau : l'alcool diminue la densité minérale osseuse, augmente le risque de fracture et majore la probabilité de chute.

Une carence en vitamine D — fréquente en hiver, par manque d'ensoleillement — et une carence en calcium liée à des apports insuffisants ou à un régime déséquilibré entraînent une déminéralisation osseuse.

Facteurs liés aux traitements et aux maladies

Certains traitements favorisent la perte de densité osseuse : les corticoïdes à dose importante pendant au moins trois mois consécutifs, certains traitements entraînant une baisse ou un arrêt de la sécrétion des hormones sexuelles, les inhibiteurs de la pompe à protons ou certains antidépresseurs.

Du côté des maladies, une hyperthyroïdie ou une hyperparathyroïdie insuffisamment traitées peuvent également fragiliser le squelette.

Si l'un de ces éléments vous concerne, mentionnez-le lors de votre prochaine consultation. Cela ne signifie pas qu'il faut arrêter un traitement nécessaire — simplement que la surveillance osseuse mérite d'être adaptée.

Une maladie silencieuse : les signes qui doivent alerter

C'est là toute la difficulté de l'ostéoporose : elle n'entraîne aucun symptôme au début de son évolution. On ne « sent » pas ses os se déminéraliser. Beaucoup de femmes découvrent la maladie au moment d'une fracture, ce qui est tardif.

La perte de taille et le dos qui se voûte

Les fractures vertébrales, autrefois appelées « tassements », sont le plus souvent indolores. Elles passent donc inaperçues. Mais elles entraînent une diminution de la taille. Une perte de 3 ou 4 centimètres par rapport à la taille précédemment connue justifie de rechercher une ostéoporose.

De la même façon, un dos qui se voûte progressivement — une cyphose — peut résulter de plusieurs tassements vertébraux successifs. Si vous avez l'impression que votre silhouette change, que vos vêtements tombent différemment, parlez-en. Ce n'est pas de la coquetterie, c'est un signe clinique.

La fracture de fragilité

Une fracture survenue après une chute de sa propre hauteur, sans choc violent, doit toujours faire évoquer une fragilité osseuse. Les localisations les plus fréquentes sont l'extrémité supérieure du fémur (le fameux col du fémur), les deux os de l'avant-bras et le poignet, ainsi que les vertèbres. Plus rarement, l'épaule, le bassin ou les côtes.

À noter : les fractures du crâne, des os de la face, des vertèbres cervicales, des trois premières vertèbres thoraciques, des mains et des orteils ne sont pas considérées comme des fractures ostéoporotiques.

Quand consulter sans attendre

  • Vous avez perdu 3 cm ou plus de taille.
  • Vous vous êtes fracturé un os après une chute simple, de votre hauteur.
  • Vous ressentez une douleur dorsale brutale, sans traumatisme évident.
  • Votre dos se voûte de manière visible et progressive.
  • Vous avez une ménopause précoce ou vous prenez des corticoïdes au long cours.

Ces situations justifient un avis médical rapide. Elles n'annoncent pas nécessairement une mauvaise nouvelle, mais elles méritent d'être explorées.

Femme marchant en pleine nature, activité physique et prévention de l'ostéoporose après la ménopause

Diagnostic : ostéodensitométrie, T-score et FRAX

Bonne nouvelle : le diagnostic peut se faire avant la première fracture. Encore faut-il savoir quel examen demander, et à qui.

L'ostéodensitométrie, méthode de référence

L'ostéodensitométrie est la méthode de référence pour mesurer la densité minérale osseuse. La mesure est effectuée sur deux parties du corps : le rachis et le col du fémur. L'os est exposé à une très faible quantité de rayons X ; plus il est dense, plus il en absorbe.

L'examen dure moins de quinze minutes. Il ne nécessite ni injection ni prélèvement : vous vous allongez sur une table de radiologie et vous restez immobile. Rien d'invasif, rien de douloureux.

Dans quels cas est-elle remboursée ?

C'est une question qui revient systématiquement. L'ostéodensitométrie est prise en charge à 70 % sur la base d'un tarif fixé à 39,96 €, sur prescription médicale, pour les personnes présentant des facteurs de risque.

Pour un premier examen, quels que soient l'âge et le sexe, la prise en charge est assurée en cas de pathologie ou de traitement pouvant induire une ostéoporose (hyperthyroïdie évolutive non traitée, corticothérapie de plus de trois mois), ou en cas d'antécédent de fracture sans traumatisme majeur diagnostiquée par une radiographie.

Pour un premier examen chez la femme ménopausée, quatre situations ouvrent droit à la prise en charge :

  • un antécédent de fracture du col du fémur sans traumatisme chez un parent du premier degré ;
  • un indice de masse corporelle inférieur à 19 kg/m² ;
  • une ménopause précoce, avant 40 ans ;
  • un antécédent de corticothérapie de plus de trois mois consécutifs.

Un deuxième examen est pris en charge à l'arrêt d'un traitement anti-ostéoporotique, ou, chez la femme ménopausée sans fracture n'ayant pas débuté de traitement après une première mesure normale ou en ostéopénie, 3 à 5 ans plus tard selon l'apparition de nouveaux facteurs de risque.

Comprendre son T-score

Le résultat s'exprime en T-score, qui compare votre densité osseuse à une valeur de référence :

  • T-score supérieur à -1 : densité normale ;
  • T-score entre -2,5 et -1 : ostéopénie, c'est-à-dire une densité abaissée mais pas encore au seuil de la maladie ;
  • T-score inférieur ou égal à -2,5 : ostéoporose ;
  • T-score inférieur ou égal à -2,5 avec une ou plusieurs fractures : ostéoporose sévère.

Une ostéopénie n'est pas une ostéoporose. C'est un signal d'alerte précieux, qui laisse largement le temps d'agir sur l'hygiène de vie.

Le FRAX, pour évaluer le risque de fracture

La densité osseuse ne dit pas tout. Pour affiner l'évaluation, les médecins disposent d'outils comme le FRAX®, qui intègre douze paramètres : densité minérale osseuse, âge, poids, tabac, alcool, carences en vitamine D et en calcium, traitements reçus, antécédents de fracture personnels ou familiaux, maladies chroniques associées. Il calcule la probabilité qu'une fracture de la hanche ou une fracture majeure survienne dans les dix ans.

Le risque de chute est également apprécié, car les chutes sont à l'origine de nombreuses fractures. Une analyse de l'équilibre et de l'autonomie fait partie intégrante de l'évaluation.

Limiter le risque : les leviers thérapeutiques

Il n'existe pas de solution unique. C'est précisément pour cela qu'une approche pluridisciplinaire prend ici tout son sens : chaque professionnel intervient sur un levier différent, et c'est leur combinaison qui produit un effet durable.

Le suivi médical : évaluer, prescrire, réévaluer

Votre médecin généraliste est le premier interlocuteur. C'est lui qui recense vos facteurs de risque, prescrit l'ostéodensitométrie lorsqu'elle est indiquée, vérifie votre statut en vitamine D et coordonne la suite. Chez Kaliora, ce suivi peut se faire en médecine générale à Paris, en lien direct avec les autres professionnelles du centre.

La question du traitement hormonal de la ménopause (THM) revient souvent. Il prévient l'ostéoporose : le THM réduit le risque de fractures osseuses de 30 à 40 %. En 2025, la Haute Autorité de santé a confirmé sa place dans la prise en charge des troubles du climatère modérés à sévères et dans la prévention de l'ostéoporose chez les femmes à risque de fracture, avec une réévaluation au moins annuelle de la prescription.

Ce n'est pas pour autant une décision automatique. Elle se prend au cas par cas, après évaluation de la balance bénéfice-risque, en tenant compte de vos antécédents et de vos symptômes. Votre médecin est là pour construire cette réflexion avec vous, pas pour trancher à votre place.

Le suivi gynécologique de cette période est également essentiel. Chez Kaliora, il est assuré par nos sages-femmes, qui accompagnent les femmes tout au long de la transition ménopausique.

La kinésithérapie : l'activité physique comme traitement

L'activité physique n'est pas un complément agréable : c'est un pilier. Les exercices qui augmentent la masse osseuse sont ceux dits « en mise en charge », c'est-à-dire pendant lesquels les pieds et les jambes soutiennent tout le poids du corps : monter les escaliers, marcher, courir, danser, pratiquer le badminton ou le tennis.

S'y ajoutent les exercices contre résistance, qui créent une résistance avec un objet ou avec le corps : haltères, bandes élastiques. Ils font travailler les muscles et renforcent les os de la région sollicitée.

À l'âge adulte et lors du vieillissement, le maintien d'une bonne masse musculaire et l'amélioration de la souplesse et de l'équilibre sont les meilleures façons d'éviter les chutes. Nos kinésithérapeutes construisent des programmes progressifs et adaptés à votre condition physique de départ. Vous pouvez découvrir leur approche sur notre page dédiée à la kinésithérapeute à Paris.

L'accompagnement diététique : calcium, vitamine D et protéines

Le calcium joue un rôle clé dans la minéralisation du squelette, et son absorption est favorisée par la vitamine D. En France, la référence nutritionnelle pour la population adulte de plus de 25 ans est fixée par l'Anses à 950 mg de calcium par jour.

Les principales sources alimentaires sont les produits laitiers, mais aussi les légumineuses, les fruits à coque, les produits céréaliers, certains légumes-feuilles comme les choux, les blettes ou les épinards, les fruits de mer et certaines eaux minérales riches en calcium. Il est donc tout à fait possible de couvrir ses besoins sans consommer de laitages, à condition de savoir où chercher.

Pour la vitamine D, la couverture par la seule alimentation est difficile. Les poissons gras, le jaune d'œuf et le beurre en apportent, et l'exposition solaire permet une synthèse cutanée. En cas de carence, une supplémentation peut être proposée par votre médecin. Notre diététicienne à Paris réalise un bilan précis de vos apports et construit avec vous des ajustements réalistes, sans régime restrictif.

Un point mérite d'être souligné : la restriction alimentaire et la perte de poids importante fragilisent l'os. À la ménopause, chercher à maigrir à tout prix peut se payer en densité osseuse. L'accompagnement diététique sert aussi à cela — trouver un équilibre qui préserve votre santé globale.

Ostéopathie et soutien psychologique : le confort et la motivation

Les douleurs articulaires et dorsales sont fréquentes à la ménopause. Elles ne sont pas causées par l'ostéoporose elle-même, mais elles découragent parfois de bouger — et c'est là que le cercle devient vicieux. Nos ostéopathes travaillent sur ces tensions pour vous permettre de reprendre une activité physique confortable.

Enfin, cette période s'accompagne souvent de bouleversements psychologiques : rapport au corps qui change, fatigue, sommeil perturbé. Nos psychologues accompagnent ce vécu, et vous pouvez en lire davantage dans notre article sur la santé mentale et la ménopause. Se sentir soutenue est aussi ce qui permet de tenir dans la durée des changements d'hygiène de vie.

Légumes et légumineuses riches en calcium, alimentation ménopause et ostéoporose

Notre approche pluridisciplinaire chez Kaliora

Vous l'aurez compris : limiter le risque osseux après la ménopause ne relève pas d'un seul professionnel. C'est exactement la raison d'être de notre organisation.

Kaliora est un centre de santé pluridisciplinaire dédié aux femmes et à la famille, avec deux adresses parisiennes : Paris 14e — Montparnasse et Paris 15e — Motte-Picquet. Médecin généraliste, sage-femme, kinésithérapeute, diététicienne, ostéopathe et psychologue exercent sous le même toit.

Concrètement, pour une femme qui nous consulte autour de la question osseuse, le parcours ressemble souvent à cela : une consultation de médecine générale pour faire le point sur les facteurs de risque et prescrire l'examen si nécessaire ; un suivi gynécologique avec une sage-femme ; un bilan nutritionnel avec notre diététicienne pour évaluer les apports en calcium et en protéines ; un programme d'activité physique adapté construit avec une kinésithérapeute ; et, selon les besoins, des séances d'ostéopathie ou un accompagnement psychologique.

Ce qui change tout, c'est que ces professionnelles se parlent. Pas de courrier à faire suivre, pas de délai, pas de bilan à refaire trois fois. Cette coordination pluridisciplinaire fait gagner du temps, évite les redites et donne de la cohérence à votre suivi. Vous pouvez également consulter notre parcours de soin dédié à l'ostéoporose pour voir comment nous structurons cet accompagnement.

Nous savons que cette période soulève beaucoup de questions, et parfois beaucoup d'inquiétudes. Vous n'avez pas à les trier seule.

Six conseils pratiques au quotidien

Passons au concret. Voici ce que vous pouvez mettre en place dès cette semaine.

1. Marchez au moins trente minutes par jour, en extérieur si possible. La marche est un exercice en mise en charge : votre squelette porte votre poids, et cette contrainte mécanique stimule la formation osseuse. En pratique, fractionnez si nécessaire — trois fois dix minutes valent mieux qu'une bonne intention hebdomadaire. Marcher dehors ajoute un bénéfice : l'exposition à la lumière favorise la synthèse cutanée de vitamine D.

2. Ajoutez deux séances de renforcement par semaine. Les exercices contre résistance renforcent les os de la région sollicitée, en plus de préserver la masse musculaire. Concrètement : des petits haltères, des bandes élastiques, ou simplement le poids du corps (squats contre un mur, montées de marche). Vingt minutes suffisent pour commencer. Une kinésithérapeute peut vous construire une séance type que vous referez seule.

3. Répartissez vos apports en calcium sur la journée. L'organisme absorbe mieux le calcium par petites quantités qu'en une seule prise massive. En pratique : un produit laitier ou une alternative enrichie au petit-déjeuner, des légumes verts ou des légumineuses au déjeuner, des amandes en collation, une eau minérale calcique dans la journée. C'est plus efficace que de tout concentrer sur un seul repas.

4. Travaillez votre équilibre, pas seulement vos os. La majorité des fractures ostéoporotiques survient lors d'une chute. Améliorer l'équilibre réduit donc directement le risque, indépendamment de la densité osseuse. Un exercice simple : tenez-vous sur un pied trente secondes, en vous appuyant légèrement au plan de travail pendant que vous vous brossez les dents. Alternez les côtés. C'est gratuit et cela s'intègre dans une routine existante.

5. Limitez l'alcool et arrêtez le tabac. L'alcool diminue la densité minérale osseuse, augmente le risque de fracture et majore la probabilité de chute. Le repère proposé par les experts de Santé publique France et de l'Institut national du cancer est de 10 verres standard par semaine maximum, sans dépasser 2 verres par jour, avec des jours sans consommation. Pour le tabac, des aides efficaces existent et votre médecin peut vous orienter.

6. Faites mesurer votre taille une fois par an. C'est le geste le plus simple et le plus sous-utilisé. Une perte de 3 à 4 centimètres justifie de rechercher une ostéoporose. Notez votre taille dans votre carnet de santé ou dans votre téléphone, et demandez à ce qu'elle soit mesurée lors de vos consultations annuelles.

Prévention et suivi à long terme

La prévention de l'ostéoporose ne commence pas à la ménopause : elle commence dès l'enfance, avec une alimentation équilibrée et une activité physique régulière qui permettent de constituer une masse osseuse suffisante.

Mais elle ne s'arrête pas non plus après 60 ans. Contrairement à une idée reçue tenace, les besoins nutritionnels ne diminuent pas avec l'âge, et certains augmentent même. Manger moins en vieillissant est une erreur. Manger mieux et bouger tous les jours reste la bonne stratégie, à tout âge.

Sur le plan du suivi, quelques repères. Si votre première ostéodensitométrie est normale ou montre une ostéopénie et qu'aucun traitement n'a été mis en route, un deuxième examen peut être proposé 3 à 5 ans plus tard, en fonction de l'apparition de nouveaux facteurs de risque. Entre les deux, ce sont vos habitudes de vie qui font le travail.

Enfin, gardez en tête l'enjeu réel derrière ces chiffres : les fractures peuvent remettre en cause l'autonomie. Seulement la moitié des patients de plus de 60 ans retrouvent une mobilité normale de la hanche après une fracture du col du fémur. Ce n'est pas dit pour vous inquiéter, mais pour donner du sens aux trente minutes de marche quotidienne. Elles protègent bien plus que vos os.

Si vous ressentez également des inconforts périnéaux à cette période, notre article sur la rééducation périnéale sans accouchement complète utilement cette lecture.

Questions fréquentes sur ménopause et ostéoporose

Toutes les femmes ménopausées vont-elles développer une ostéoporose ?

Non, et c'est un point important. La perte osseuse après la ménopause est un phénomène physiologique qui concerne toutes les femmes, mais elle ne conduit pas systématiquement à l'ostéoporose. Chez certaines, cette perte reste sans conséquence grave. L'ostéoporose apparaît lorsque la résorption osseuse s'accélère anormalement sans être compensée par une formation suffisante. C'est le cumul des facteurs de risque — génétiques, hormonaux, liés au mode de vie ou aux traitements — qui fait la différence. Autour de 65 ans, on estime que 39 % des femmes sont concernées : c'est beaucoup, mais cela signifie aussi que six femmes sur dix ne le sont pas.

À partir de quel âge faut-il faire une ostéodensitométrie ?

Il n'existe pas de dépistage systématique par âge en France. L'examen n'est utile — et remboursé — que chez les personnes présentant des facteurs de risque médicaux. Chez la femme ménopausée, un premier examen est pris en charge en cas d'antécédent familial de fracture du col du fémur au premier degré, d'indice de masse corporelle inférieur à 19, de ménopause précoce avant 40 ans, ou d'antécédent de corticothérapie de plus de trois mois. En dehors de ces situations, l'examen n'est indiqué que si son résultat peut modifier la prise en charge. Le mieux est d'en discuter avec votre médecin généraliste, qui évaluera votre profil de risque global.

L'ostéoporose fait-elle mal ?

Non, pas en elle-même. C'est ce qui la rend redoutable. L'ostéoporose n'entraîne aucun symptôme au début de son évolution : on ne sent pas ses os se déminéraliser. Les douleurs apparaissent lorsqu'une fracture survient — et encore, les fractures vertébrales sont le plus souvent indolores. Si vous avez des douleurs articulaires ou dorsales à la ménopause, elles ont probablement une autre origine : arthrose, tensions musculaires, modifications posturales. Ces douleurs méritent d'être prises en charge pour elles-mêmes, mais elles ne signent pas une ostéoporose. Seule l'ostéodensitométrie permet de trancher.

Faut-il prendre des compléments de calcium et de vitamine D ?

Pas systématiquement. La priorité est de couvrir ses besoins par l'alimentation, en variant les sources : produits laitiers, légumineuses, fruits à coque, légumes-feuilles, eaux calciques. La référence nutritionnelle pour les adultes de plus de 25 ans est de 950 mg de calcium par jour selon l'Anses. Pour la vitamine D, la couverture par la seule alimentation est plus difficile, et une supplémentation peut être justifiée en cas de carence avérée. Dans tous les cas, cette décision revient à votre médecin, après évaluation de vos apports réels — un bilan que notre diététicienne peut réaliser précisément.

Le sport est-il dangereux quand on a de l'ostéoporose ?

Au contraire, l'inactivité l'est davantage. L'absence d'activité physique et l'immobilisation prolongée figurent parmi les facteurs favorisant l'ostéoporose. Ce qui change, c'est le type d'activité : les exercices en mise en charge et contre résistance sont bénéfiques, tandis que les sports à fort risque de chute ou les mouvements de flexion-torsion brusques du rachis demandent de la prudence en cas d'ostéoporose avérée. C'est précisément le rôle d'une kinésithérapeute : construire un programme qui stimule l'os sans exposer au risque fracturaire. Ne renoncez pas au mouvement — adaptez-le.

En résumé

Le lien entre ménopause et ostéoporose tient à un mécanisme simple : la chute des œstrogènes lève le frein qui protégeait votre os, et la perte osseuse s'accélère pendant 5 à 10 ans. Cette fenêtre est aussi votre meilleure opportunité. L'alimentation, l'activité physique en charge, le travail de l'équilibre, l'arrêt du tabac et, dans certaines situations, un traitement médical permettent de limiter réellement le risque de fracture.

Vous n'avez pas besoin de tout changer d'un coup. Un rendez-vous pour faire le point sur vos facteurs de risque est déjà un excellent premier pas. Nos praticiennes — médecin généraliste, sage-femme, kinésithérapeute, diététicienne, ostéopathe et psychologue — vous accueillent dans nos deux centres parisiens et travaillent ensemble sur votre suivi.

Découvrez les professionnelles qui peuvent vous accompagner sur notre équipe pluridisciplinaire à Paris 14e et 15e.

Sources

  • Assurance Maladie (Ameli). Comprendre l'ostéoporose, mis à jour le 19 septembre 2024. Consulter la fiche
  • Assurance Maladie (Ameli). Ostéoporose : diagnostic et évolution, 2024.
  • Assurance Maladie (Ameli). L'ostéodensitométrie, 29 décembre 2020.
  • Assurance Maladie (Ameli). Prévenir la survenue de l'ostéoporose, 2021.
  • Anses. Le calcium : pourquoi et comment en consommer ?, 27 octobre 2022, et Les références nutritionnelles en vitamines et minéraux, 2021.
  • Haute Autorité de santé. Spécialités indiquées dans le traitement hormonal de la ménopause, avis de la Commission de la transparence, 24 septembre 2025.

Ces informations ne remplacent pas une consultation médicale. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.

Anna Malézieux
Anna Malézieux

Sage-femme

Sage-femme au centre Kaliora, Anna accompagne les femmes à chaque étape de leur vie gynécologique et obstétricale, avec une approche bienveillante et personnalisée.

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