Kiné maxillo-faciale : soulager les douleurs de mâchoire et l'ATM

Vous vous réveillez la mâchoire serrée. Un craquement se fait entendre quand vous ouvrez la bouche. Bâiller devient inconfortable, mordre dans une pomme aussi. Puis viennent les maux de tête, les tensions dans le cou, parfois une gêne dans l'oreille sans qu'aucune infection ne soit retrouvée. Ces signes, très fréquents, ont un point commun : ils concernent l'appareil manducateur, c'est-à-dire l'ensemble des structures qui permettent de mâcher, parler et avaler. Et il existe une rééducation dédiée, encore trop peu connue : la kiné maxillo-faciale.
Chez Kaliora, nous rencontrons régulièrement des femmes qui vivent avec ces douleurs depuis des mois, parfois des années, sans avoir jamais entendu parler de cette prise en charge. Beaucoup ont consulté leur dentiste, essayé une gouttière, appris à « faire avec ». Nous voulons vous montrer ici qu'une autre voie existe. Dans cet article, nous vous expliquons ce qu'est la kinésithérapie maxillo-faciale, à qui elle s'adresse, comment se déroule une séance, ce que la recherche en dit, et comment l'intégrer à un accompagnement plus global.
Qu'est-ce que la kiné maxillo-faciale ?
La kiné maxillo-faciale, aussi appelée rééducation oro-maxillo-faciale, est une spécificité de la masso-kinésithérapie consacrée à la sphère du visage, de la mâchoire et du cou. Elle s'intéresse aux articulations temporo-mandibulaires, aux muscles masticateurs, aux muscles du visage, à la langue et aux fonctions qui les mobilisent : mastication, déglutition, phonation, ventilation.
Contrairement à une idée répandue, il ne s'agit pas simplement de « masser la mâchoire ». La rééducation maxillo-faciale est une thérapie par le mouvement et par le réapprentissage. Elle vise à restaurer une amplitude articulaire correcte, à relâcher des muscles devenus hypertoniques, et surtout à corriger les habitudes qui entretiennent le problème. Car une mâchoire douloureuse est rarement une mâchoire isolée : la posture cervicale, la respiration, le stress et la position de la langue au repos participent tous à l'équilibre de cette région.
Cette discipline reste peu enseignée en formation initiale. Elle fait l'objet de formations complémentaires spécifiques, ce qui explique que peu de kinésithérapeutes la pratiquent. C'est aussi pourquoi tant de patientes errent longtemps avant d'être orientées correctement.
Enfin, la kiné maxillo-faciale ne se substitue à aucun autre soin. Elle s'articule avec le travail du chirurgien-dentiste, de l'orthodontiste, du chirurgien maxillo-facial ou de l'ORL. Le kinésithérapeute est un maillon d'une chaîne de soins, jamais un acteur isolé.
L'articulation temporo-mandibulaire : une mécanique méconnue
L'articulation temporo-mandibulaire (ATM) relie la mandibule, l'os mobile de la mâchoire inférieure, à l'os temporal du crâne. Vous en avez deux, une de chaque côté, juste devant les oreilles. Placez vos doigts à cet endroit et ouvrez la bouche : vous sentez leur mouvement.
Ces deux articulations ont une particularité qui explique bien des choses : elles sont indissociables. Impossible de bouger l'une sans l'autre. Toute asymétrie d'un côté se répercute immédiatement de l'autre. Entre le condyle mandibulaire et l'os temporal s'interpose un disque articulaire, sorte de coussin fibreux qui accompagne le mouvement. Lorsque ce disque se déplace mal, un bruit apparaît : le fameux claquement.
L'ATM est également l'une des articulations les plus sollicitées du corps. On estime qu'elle est mobilisée plusieurs milliers de fois par jour, pour parler, avaler, mâcher. Elle supporte mal les contraintes en compression prolongée, exactement comme une épaule. C'est pourquoi le serrement de dents, même léger mais continu, finit par la fatiguer.
Autour d'elle travaillent des muscles puissants : les masséters, que vous sentez se contracter sous vos doigts quand vous serrez les dents, les temporaux qui s'étendent sur les tempes, et les ptérygoïdiens, plus profonds. Ces muscles sont en lien direct avec la musculature cervicale. C'est la raison pour laquelle une tension de mâchoire se propage si souvent vers la nuque, les épaules et le crâne.
Pourquoi la mâchoire se dérègle : causes et facteurs
Les troubles de l'appareil manducateur sont multifactoriels. Il est rare qu'une cause unique explique tout, et c'est précisément ce qui rend la démarche diagnostique intéressante.
Les facteurs mécaniques
Une malocclusion dentaire, un traitement orthodontique en cours, l'extraction de dents de sagesse, une prothèse mal adaptée ou un traumatisme facial peuvent modifier l'équilibre de l'articulation. Une intervention chirurgicale sur la mâchoire laisse également des raideurs qui appellent une rééducation. Par ailleurs, une posture cervicale prolongée en avant — celle que nous adoptons tous devant un écran — modifie la position de repos de la mandibule et augmente la charge sur l'ATM.
Les facteurs comportementaux et émotionnels
C'est souvent ici que se joue l'essentiel. Le bruxisme, ce serrement ou grincement involontaire des dents, est l'un des principaux pourvoyeurs de douleurs de mâchoire. Il peut être nocturne, et vous n'en avez alors pas conscience, ou diurne, sous forme d'un serrement discret pendant les moments de concentration ou de contrariété. Le lien avec le stress est bien documenté. S'y ajoutent d'autres habitudes : mâcher du chewing-gum toute la journée, ronger ses ongles, mordiller un stylo, dormir systématiquement sur le ventre.
Pourquoi les femmes sont davantage concernées
Les données disponibles convergent : les dysfonctionnements de l'appareil manducateur touchent nettement plus les femmes que les hommes. Selon la littérature médicale francophone, cette affection concernerait environ 5 % des hommes et 10 % des femmes au moins une fois au cours de leur existence, et les patientes représentent la grande majorité des consultations. Les hypothèses avancées associent facteurs hormonaux, différences de perception douloureuse et exposition au stress chronique. Si vous vous reconnaissez dans ce tableau, sachez que vous n'êtes vraiment pas seule.
Les symptômes qui doivent vous alerter
La littérature décrit trois signes cardinaux, faciles à retenir : un bruit articulaire, une douleur de la mâchoire modulée par le mouvement, et une anomalie du mouvement mandibulaire. La présence d'un seul suffit à évoquer un trouble de l'appareil manducateur.
Les signes locaux
Le claquement à l'ouverture ou à la fermeture de la bouche est le plus reconnaissable. Il peut être indolore et n'imposer alors aucun traitement. La douleur, elle, siège devant l'oreille, dans la joue ou la tempe, et s'aggrave à la mastication. Vient enfin la limitation d'ouverture : normalement, vous devez pouvoir insérer trois doigts serrés verticalement entre vos incisives. Une ouverture réduite, ou une mâchoire qui dévie sur le côté en s'ouvrant, mérite un avis.
Les signes à distance
Ce sont eux qui égarent le diagnostic. Céphalées de tension au réveil, douleurs cervicales, sensation d'oreille bouchée, acouphènes, vertiges, douleurs dentaires diffuses sans cause dentaire retrouvée. Nombre de patientes consultent d'abord pour ces symptômes, sans jamais penser à leur mâchoire.
Quand consulter sans attendre
Certains signes imposent un avis médical rapide, car ils peuvent traduire autre chose qu'un simple dysfonctionnement : une limitation brutale et totale de l'ouverture buccale (trismus), une douleur intense apparue soudainement, une déformation visible du visage, une fièvre associée à un gonflement, une perte de sensibilité d'une partie du visage, ou une paralysie d'un côté du visage. Dans ces situations, orientez-vous vers votre médecin traitant ou un service d'urgence.

Diagnostic : qui consulter et comment se déroule le bilan
Le point de départ est généralement le chirurgien-dentiste ou le médecin traitant. L'examen clinique recherche les points douloureux musculaires, mesure l'ouverture buccale, observe la trajectoire de la mandibule et écoute les bruits articulaires. Des examens d'imagerie ne sont pas systématiques ; ils sont demandés dans des situations précises, notamment en cas de suspicion de lésion du disque articulaire, de traumatisme ou de contexte inflammatoire.
Le kinésithérapeute réalise ensuite son propre bilan diagnostique kinésithérapique. Celui-ci ne se limite pas à la mâchoire. Il évalue la posture globale, la mobilité cervicale, la respiration, la position de la langue au repos, le schéma de déglutition, et recherche les habitudes parafonctionnelles. Ce bilan aboutit à un projet thérapeutique individualisé et à des objectifs mesurables : gagner tant de millimètres d'ouverture, diminuer l'intensité douloureuse, retrouver une mastication confortable.
Ce temps d'évaluation est essentiel, et souvent le plus éclairant pour la patiente. Beaucoup comprennent enfin pourquoi leurs symptômes existent. Cette compréhension fait déjà partie du traitement : elle diminue l'inquiétude, et l'inquiétude alimente la tension musculaire.
Les techniques de la kinésithérapie maxillo-faciale
La séance associe plusieurs outils complémentaires. La rééducation est active : votre participation en constitue le moteur principal.
La thérapie manuelle
Le praticien mobilise doucement l'articulation, en externe et parfois en intrabuccal, pour restaurer le glissement du condyle et décomprimer l'articulation. Il travaille également les muscles masticateurs par des techniques de relâchement myofascial, ainsi que la région cervicale haute, presque toujours impliquée. Ces manœuvres ne doivent pas être douloureuses : une gêne modérée est acceptable, une douleur vive ne l'est pas. N'hésitez jamais à le dire.
Les exercices thérapeutiques
C'est le cœur du traitement, et ce qui fait durer les résultats. Vous apprenez des exercices d'ouverture contrôlée, de coordination, d'étirement des masséters et des temporaux, ainsi que des exercices de stabilisation cervicale. Des protocoles structurés existent depuis les années 1980, reposant sur des séries courtes répétées plusieurs fois par jour. Leur logique est simple : mieux vaut six minutes six fois par jour qu'une heure une fois par semaine. Le tissu musculaire et le contrôle moteur se reprogramment par la répétition, pas par l'intensité.
La rééducation linguale et des praxies
La position de la langue au repos influence directement la posture mandibulaire. Au repos, la pointe de la langue devrait se placer contre le palais, derrière les incisives, les dents légèrement séparées et les lèvres jointes. Beaucoup d'adultes ont une langue basse, une déglutition dite atypique et une respiration buccale. Rééduquer ces schémas demande du temps mais change durablement l'équilibre de la région. C'est aussi ce travail qui est demandé en accompagnement d'un traitement orthodontique, pour éviter les récidives.
Le biofeedback et la conscience corporelle
Le biofeedback consiste à rendre visible ou perceptible une contraction que vous ne sentez pas. Miroir, palpation guidée, autoscopie : ces outils vous aident à repérer le serrement inconscient et à le relâcher. Chez les patientes bruxeuses diurnes, cette prise de conscience est souvent le levier le plus efficace. Le travail respiratoire, notamment diaphragmatique, y est associé, car une respiration haute et rapide entretient les tensions cervico-faciales.
Au-delà de l'ATM : les autres indications
Le champ de la rééducation maxillo-faciale dépasse largement les douleurs de mâchoire.
Après une chirurgie. Chirurgie orthognathique, traumatologie faciale, chirurgie des dents de sagesse complexe : la rééducation limite les raideurs, entretient l'ouverture buccale, travaille les cicatrices et accompagne la récupération fonctionnelle. Une prise en charge précoce évite bien des séquelles.
En accompagnement orthodontique. Le kinésithérapeute intervient avant, pendant ou après le traitement, pour corriger les dysfonctions linguales susceptibles de compromettre la stabilité du résultat. Cette collaboration entre orthodontiste et rééducateur s'est beaucoup développée ces dernières années.
Après une paralysie faciale périphérique. La rééducation vise ici un réapprentissage sensorimoteur fin, fondé sur des mouvements lents, le retour visuel devant un miroir et la guidance tactile. L'objectif principal est de prévenir les syncinésies, ces contractions parasites qui apparaissent lors de la récupération. Point important : les recommandations professionnelles françaises considèrent que l'électrothérapie et le travail « en force », comme le chewing-gum ou les grimaces répétées, sont contre-indiqués dans la paralysie faciale idiopathique. Si l'on vous propose ce type d'approche, demandez un second avis.
En cas de troubles fonctionnels associés. Troubles de la déglutition, respiration buccale, certaines situations d'apnée du sommeil en complément d'une prise en charge spécialisée : le champ est vaste et se travaille toujours en coordination.
Ce que dit la recherche sur l'efficacité
Les études disponibles sont plutôt encourageantes. Plusieurs revues systématiques et méta-analyses publiées ces dernières années ont évalué la thérapie manuelle et l'exercice thérapeutique dans les troubles temporo-mandibulaires. Elles rapportent une amélioration significative de l'intensité douloureuse et de l'amplitude d'ouverture buccale, à court comme à plus long terme.
Un enseignement mérite d'être souligné : l'effet de la thérapie manuelle seule tend à s'atténuer avec le temps, alors qu'il se maintient lorsqu'elle est associée à des exercices thérapeutiques. Autrement dit, ce que vous faites entre les séances compte au moins autant que ce qui est fait pendant. Nous insistons toujours sur ce point auprès des patientes, non pour faire peser une responsabilité, mais parce que c'est ce qui donne le plus de résultats.
Il faut également rester honnête sur les limites. Le nombre d'essais cliniques de haute qualité reste modeste, les protocoles varient d'une étude à l'autre, et les troubles de l'appareil manducateur regroupent des situations très hétérogènes. Aucune technique ne fonctionne pour tout le monde. C'est justement pourquoi le bilan initial et la personnalisation du traitement font toute la différence.
Prescription, déroulement et remboursement
La rééducation maxillo-faciale s'effectue habituellement sur prescription médicale. Celle-ci peut émaner de votre médecin traitant, mais aussi d'un chirurgien-dentiste, d'un orthodontiste, d'un chirurgien maxillo-facial ou d'un ORL, chacun dans son champ de compétence. Depuis la loi du 19 mai 2023 relative à l'amélioration de l'accès aux soins, un accès direct au kinésithérapeute est possible dans certaines structures d'exercice coordonné, dans la limite de huit séances lorsqu'aucun diagnostic médical préalable n'a été posé. Ces conditions étant précises, le plus simple reste de vous renseigner auprès du cabinet que vous souhaitez consulter.
Une séance dure généralement entre trente minutes et une heure. Le rythme est le plus souvent hebdomadaire au début, puis s'espace. La durée totale de la prise en charge dépend beaucoup du tableau clinique : quelques semaines pour une dysfonction récente, plusieurs mois pour un trouble installé de longue date ou une suite chirurgicale complexe. Vous pouvez retrouver le détail du cadre administratif dans notre article sur les séances de kiné, la prescription et le remboursement.
Comme pour toute rééducation, les actes prescrits sont pris en charge par l'Assurance Maladie selon les tarifs conventionnels, avec le complément habituel de votre mutuelle. Si vous cherchez un kinésithérapeute à Paris exerçant en secteur conventionné, vous pouvez consulter notre page dédiée à la kinésithérapie à Paris.

Notre approche pluridisciplinaire chez Kaliora
Une mâchoire douloureuse est rarement un problème isolé, et c'est exactement là que le regroupement de plusieurs disciplines sous un même toit prend tout son sens. Chez Kaliora, dans nos centres de Paris 14e (Montparnasse) et Paris 15e (Motte-Picquet), nos praticiens échangent au quotidien sur les situations qui se croisent.
Le kinésithérapeute réalise le bilan fonctionnel, travaille la mobilité articulaire, la musculature cervico-faciale et vous transmet le programme d'auto-rééducation. L'ostéopathe peut intervenir sur les tensions cervicales, thoraciques et crâniennes qui entretiennent le déséquilibre, dans une approche complémentaire. Le psychologue apporte un appui précieux lorsque le stress, l'anxiété ou une charge mentale élevée alimentent le serrement de dents : les approches de gestion du stress et les thérapies comportementales ont ici toute leur place. Le médecin généraliste assure la coordination, écarte les diagnostics différentiels et rédige les prescriptions nécessaires. La diététicienne peut accompagner l'adaptation temporaire de l'alimentation en phase douloureuse, lorsque mastiquer devient éprouvant.
Cette coordination change concrètement les choses. Plutôt que d'enchaîner des rendez-vous dispersés dans la ville, sans que personne n'ait la vision d'ensemble, vous bénéficiez d'un accompagnement où les praticiens se parlent. Nous travaillons évidemment en lien avec votre chirurgien-dentiste, votre orthodontiste ou votre chirurgien, qui restent les référents de la sphère dentaire et chirurgicale.
Cinq conseils concrets pour votre quotidien
Ces mesures ne remplacent pas une rééducation, mais elles en amplifient les effets. La plupart de nos patientes constatent une amélioration dès qu'elles les appliquent régulièrement.
1. Installez un rappel « dents desserrées ». Au repos, vos dents ne devraient jamais se toucher : lèvres jointes, dents légèrement écartées, langue au palais. Pourquoi cela fonctionne : le serrement diurne est involontaire, donc invisible tant que personne ne vous le signale. En pratique, programmez quatre alertes par jour sur votre téléphone, ou collez une pastille de couleur sur votre écran d'ordinateur. À chaque signal, vérifiez et relâchez. En deux à trois semaines, le réflexe s'automatise.
2. Adaptez temporairement votre alimentation en phase douloureuse. Pourquoi cela fonctionne : une articulation irritée a besoin de repos relatif, comme une cheville foulée. En pratique, privilégiez pour quelques jours des aliments tendres, coupez en petits morceaux, évitez les sandwichs épais, les carottes crues, les caramels et le chewing-gum. Il ne s'agit pas de renoncer durablement à mâcher, ce qui serait contre-productif, mais de laisser passer la phase aiguë.
3. Soignez votre poste de travail et votre posture cervicale. Pourquoi cela fonctionne : la tête projetée en avant modifie la position de repos de la mandibule et augmente la tension des muscles masticateurs. En pratique, remontez votre écran à hauteur des yeux, reculez le menton sans lever la tête, et faites une pause de mobilité cervicale toutes les heures. Nos conseils sur la prévention du mal de dos au bureau s'appliquent directement ici.
4. Appliquez de la chaleur douce sur les masséters. Pourquoi cela fonctionne : la chaleur augmente la circulation locale et facilite le relâchement musculaire. En pratique, une bouillotte tiède ou une compresse chaude quinze minutes, matin ou soir, sur les joues juste devant les oreilles. Vérifiez toujours la température pour éviter toute brûlure. Le froid peut être préféré en cas d'inflammation aiguë : votre praticien vous orientera.
5. Travaillez la détente en amont du sommeil. Pourquoi cela fonctionne : le bruxisme nocturne est étroitement lié à la qualité du sommeil et au niveau de stress résiduel. En pratique, instaurez un rituel de trente minutes sans écran, associé à quelques cycles de respiration lente. Limitez la caféine après le milieu d'après-midi. Si l'anxiété est envahissante, un accompagnement psychologique agit sur la cause plutôt que sur le symptôme.
Prévention et suivi à long terme
Les troubles de l'appareil manducateur ont une fâcheuse tendance à récidiver, surtout lorsque les facteurs déclenchants persistent. La prévention repose sur trois piliers simples.
Le premier est la poursuite des exercices, même après la fin des séances. Quelques minutes quotidiennes, ou une reprise dès les premiers signes de tension, suffisent généralement à éviter la rechute. Le second est la gestion du stress au long cours, qu'il s'agisse d'activité physique régulière, de techniques de relaxation ou d'un suivi psychologique lors des périodes chargées. Le troisième est le suivi dentaire régulier : votre chirurgien-dentiste surveille l'usure de l'émail, l'ajustement d'une éventuelle gouttière occlusale et l'équilibre de l'occlusion.
Nous recommandons également de rester attentive aux périodes de transition : reprise professionnelle intense, deuil, grossesse, ménopause, préparation d'un examen. Ce sont souvent à ces moments-là que les tensions reviennent. Anticiper vaut mieux que réparer, et une ou deux séances de rappel valent souvent mieux qu'une nouvelle prise en charge complète.
Enfin, ne restez pas seule avec une douleur qui dure. Une douleur chronique modifie la façon dont le système nerveux traite l'information douloureuse, et plus elle s'installe, plus elle demande de temps pour s'apaiser. Consulter tôt reste le meilleur investissement.
Questions fréquentes sur la kiné maxillo-faciale
La kiné maxillo-faciale est-elle douloureuse ?
Non, elle ne doit pas l'être. Les mobilisations articulaires et le travail musculaire peuvent provoquer une sensation de gêne modérée, comparable à celle d'un massage sur une zone tendue, et parfois de légères courbatures le lendemain. En revanche, une douleur vive pendant une manœuvre n'est jamais normale. Votre kinésithérapeute adapte en permanence l'intensité selon vos retours, et certaines techniques intrabuccales sont réalisées progressivement pour respecter votre confort. N'hésitez jamais à signaler ce que vous ressentez : cette information fait partie intégrante du traitement et permet d'ajuster la séance.
Combien de séances faut-il prévoir ?
Cela dépend entièrement du tableau clinique. Une dysfonction récente, liée par exemple à une période de stress, peut s'améliorer nettement en quelques séances associées à un travail personnel régulier. Une situation ancienne, une suite de chirurgie maxillo-faciale ou une rééducation linguale complète demandent en revanche plusieurs mois de suivi, avec un espacement progressif des rendez-vous. Le bilan initial permet de vous donner une estimation réaliste, et un point d'étape est fait régulièrement pour ajuster les objectifs. Il vaut mieux un suivi cohérent qu'un nombre de séances fixé à l'avance.
Faut-il choisir entre kinésithérapeute et ostéopathe ?
Ce n'est pas un choix exclusif, et les deux approches sont souvent complémentaires. La kinésithérapie maxillo-faciale se distingue par son bilan fonctionnel détaillé, son programme d'exercices structuré et son inscription dans un parcours de soins remboursé sur prescription. L'ostéopathie intervient sur les tensions globales et les liens à distance. Chez Kaliora, nos praticiens échangent pour déterminer ensemble ce qui vous sera le plus utile, et dans quel ordre. Vous pouvez également lire notre article comparatif sur le choix entre kiné et ostéopathe.
Une gouttière occlusale suffit-elle à régler le problème ?
La gouttière occlusale, prescrite par votre chirurgien-dentiste, remplit une fonction précise : elle protège l'émail dentaire et amortit les contraintes exercées pendant le sommeil. Elle constitue donc une protection utile, mais elle n'agit pas sur les causes du serrement, qu'il s'agisse du stress, de la posture ou des habitudes diurnes. C'est pourquoi l'association d'une gouttière et d'une rééducation donne généralement de meilleurs résultats que la gouttière seule. Les deux approches ne s'opposent pas et peuvent parfaitement être menées en parallèle.
Mes acouphènes peuvent-ils venir de ma mâchoire ?
C'est possible, mais ce n'est jamais l'hypothèse à retenir en premier. L'ATM est anatomiquement très proche de l'oreille, et un dysfonctionnement peut s'accompagner de sensations d'oreille bouchée, de bourdonnements ou de vertiges. Cela dit, un acouphène impose d'abord un bilan ORL pour écarter une cause auditive. Si ce bilan revient normal et que vous présentez par ailleurs des signes de trouble manducateur, une rééducation maxillo-faciale peut alors être proposée. La démarche est donc séquentielle : bilan spécialisé d'abord, rééducation ensuite.
En résumé
La kiné maxillo-faciale est une prise en charge encore méconnue alors qu'elle répond à des symptômes extrêmement fréquents : douleurs de mâchoire, craquements, blocages, céphalées, tensions cervicales. Elle repose sur un bilan fonctionnel global, de la thérapie manuelle, des exercices quotidiens et un travail sur les habitudes qui entretiennent le trouble. Les données scientifiques disponibles soutiennent l'intérêt de l'association thérapie manuelle et exercice thérapeutique, avec des effets qui durent lorsque le travail personnel est maintenu.
Si vous vivez avec ces douleurs depuis trop longtemps, sachez qu'il existe des solutions concrètes, et qu'elles commencent par une évaluation sérieuse. Vous n'avez pas à « faire avec ».
Pour comprendre notre approche de la rééducation et découvrir nos prises en charge, vous pouvez consulter notre page kinésithérapie à Paris. Et si vous souhaitez identifier le professionnel le plus adapté à votre situation dans nos centres du 14e et du 15e arrondissement, notre page équipe de praticiens de Kaliora vous présente chacun d'entre eux. Nous serons heureux de vous accompagner.
Sources
- Haute Autorité de Santé, Accès direct aux masseurs-kinésithérapeutes en CPTS — avis sur le projet de décret, novembre 2023. Consulter sur has-sante.fr
- Loi n° 2023-379 du 19 mai 2023 portant amélioration de l'accès aux soins par la confiance aux professionnels de santé, Légifrance.
- Dysfonctionnement de l'appareil manducateur, Revue de Stomatologie, de Chirurgie Maxillo-faciale et de Chirurgie Orale, 2021.
- Dysfonction de l'appareil manducateur, La Revue du Praticien, 2026.
- Herrera-Valencia A. et coll., Efficacy of Manual Therapy in Temporomandibular Joint Disorders and Its Medium- and Long-Term Effects on Pain and Maximum Mouth Opening, Journal of Clinical Medicine, 2020.
- Idáñez-Robles A. M. et coll., Exercise therapy improves pain and mouth opening in temporomandibular disorders: a systematic review with meta-analysis, Clinical Rehabilitation, 2023.
Ces informations ne remplacent pas une consultation médicale. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.

Kinésithérapeute
Kinésithérapeute au centre Kaliora, Chloé est spécialisée dans la prise en charge de la femme, du nourrisson, de l'enfant et de l'adolescent, avec une expertise particulière en kinésithérapie pédiatrique et en accompagnement des femmes touchées par un cancer du sein.
N° RPPS : 10110612578
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