Oubli de pilule ou préservatif qui craque : que faire en urgence ?

Anna MalézieuxAnna Malézieux, Sage-femme·
Oubli de pilule ou préservatif qui craque : que faire en urgence ?

Un oubli de pilule, un préservatif qui craque au mauvais moment… Ces situations arrivent plus souvent qu'on ne le croit. Les oublis de pilule figurent parmi les premières causes d'échec contraceptif en France, et les accidents de préservatif concernent de nombreuses femmes chaque année. Face à ces imprévus, la panique peut vite prendre le dessus. Pourtant, des solutions existent et elles sont d'autant plus efficaces qu'elles sont mises en œuvre rapidement.

Dans cet article, nous vous guidons pas à pas pour savoir exactement que faire en cas d'oubli de pilule ou de rupture de préservatif. Vous découvrirez les différentes options de contraception d'urgence, les délais à respecter et les bons réflexes à adopter. Parce que savoir réagir vite, c'est se donner toutes les chances d'éviter une grossesse non désirée.

Oubli de pilule : comprendre les situations à risque

Les différents types de pilules et le délai d'oubli toléré

Toutes les pilules ne se valent pas face à un oubli. Il est essentiel de connaître le type de pilule que vous prenez pour évaluer le risque.

Les pilules combinées (œstroprogestatives) offrent généralement une marge de tolérance de 12 heures. Cela signifie que si vous prenez habituellement votre pilule à 20 heures et que vous vous en souvenez avant 8 heures le lendemain matin, la protection contraceptive reste assurée. Il suffit alors de prendre le comprimé oublié dès que possible et de continuer la plaquette normalement.

Les pilules microprogestatives classiques (au lévonorgestrel) sont plus strictes : la marge de tolérance n'est que de 3 heures. Un oubli de plus de 3 heures compromet donc la protection. En revanche, les pilules microprogestatives au désogestrel bénéficient d'une fenêtre de 12 heures, similaire à celle des pilules combinées.

Pour connaître votre marge, consultez la notice de votre pilule ou demandez conseil à votre sage-femme ou à votre médecin généraliste. C'est une information précieuse à avoir en tête au quotidien.

Les facteurs qui augmentent le risque de grossesse

Le risque de grossesse après un oubli de pilule ne dépend pas seulement de la durée de l'oubli. Plusieurs facteurs entrent en jeu.

Le moment dans la plaquette est déterminant. Un oubli en début de plaquette (les sept premiers comprimés) ou en fin de plaquette (juste avant la semaine d'arrêt) est plus risqué. C'est à ces moments que l'intervalle sans hormones peut s'allonger suffisamment pour permettre une ovulation.

Le nombre d'oublis compte également. Deux oublis ou plus au cours du même cycle augmentent considérablement le risque. Par ailleurs, si vous avez eu un rapport non protégé dans les cinq jours précédant l'oubli, le risque de grossesse est réel et une action rapide s'impose.

Les vomissements ou diarrhées sévères dans les 3 à 4 heures suivant la prise sont aussi à considérer : si le comprimé n'a pas eu le temps d'être absorbé, c'est comme si vous l'aviez oublié.

Oubli de pilule : la marche à suivre concrète

Oubli de moins de 12 heures (pilule combinée) ou moins de 3 heures (microprogestative)

Bonne nouvelle : si vous êtes dans le délai toléré, la procédure est simple. Prenez le comprimé oublié dès que vous vous en rendez compte, même si cela signifie prendre deux comprimés dans la même journée. Poursuivez ensuite la plaquette à l'horaire habituel. Aucune précaution supplémentaire n'est nécessaire. Vous restez protégée.

N'hésitez pas à mettre une alarme sur votre téléphone pour vous rappeler l'heure de prise. Ce petit geste peut vous éviter bien du stress.

Oubli de plus de 12 heures : quand la contraception d'urgence s'impose

Si le délai de tolérance est dépassé, la situation demande plus de vigilance. Voici la marche à suivre recommandée par la Haute Autorité de Santé :

  • Prenez immédiatement le comprimé oublié, même si l'heure habituelle est dépassée.
  • Continuez la plaquette normalement, à l'heure habituelle, même si cela signifie prendre deux comprimés le même jour.
  • Utilisez un préservatif pendant les sept jours suivants.
  • Si vous avez eu un rapport sexuel dans les cinq jours précédant l'oubli, prenez une contraception d'urgence (nous détaillons les options plus loin).

C'est cette dernière situation qui est la plus critique. Le risque d'ovulation de rattrapage existe, et les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu'à cinq jours dans les voies génitales. D'où l'importance d'agir sans attendre.

Cas particulier : oubli de pilule en dernière semaine de plaquette

L'oubli en fin de plaquette mérite une attention spéciale. Si l'oubli concerne l'un des sept derniers comprimés actifs, il est recommandé d'enchaîner directement avec la plaquette suivante, sans observer la semaine d'arrêt (ou de jeter les comprimés placebo). Cela permet d'éviter un intervalle sans hormones trop long, qui pourrait déclencher une ovulation.

Cette stratégie est validée par les recommandations de l'OMS et constitue un réflexe simple à adopter. Si vous avez le moindre doute, votre sage-femme ou votre médecin pourra vous confirmer la conduite à tenir en fonction de votre pilule.

Jeune femme souriante en confiance après un oubli de pilule

Préservatif qui craque ou glisse : les réflexes immédiats

Ce qu'il faut faire tout de suite après l'accident

Un préservatif craqué ou qui a glissé pendant le rapport est une situation stressante, mais il est important de garder son calme et d'agir méthodiquement. Voici les premiers réflexes à avoir :

Ne paniquez pas. Plus vous agirez vite et de manière informée, mieux vous serez protégée.

Urinez si possible. Cela ne constitue pas une méthode contraceptive, mais c'est une bonne habitude après tout rapport sexuel pour prévenir les infections urinaires. En revanche, les douches vaginales sont à proscrire : elles sont inefficaces pour prévenir une grossesse et peuvent favoriser les infections en déséquilibrant la flore vaginale.

Évaluez le risque de grossesse. Si vous ne prenez pas d'autre contraception (pilule, implant, stérilet…), le risque de grossesse existe. Il dépend du moment de votre cycle : il est maximal autour de la période d'ovulation, généralement entre le 10e et le 18e jour d'un cycle de 28 jours. Mais attention, l'ovulation peut varier d'un cycle à l'autre.

Agissez rapidement. Plus la contraception d'urgence est prise tôt après le rapport à risque, plus elle est efficace. L'idéal est d'agir dans les premières heures.

Risque de grossesse et risque d'IST : deux préoccupations distinctes

Un accident de préservatif soulève deux questions distinctes qu'il convient de traiter séparément.

Le risque de grossesse peut être couvert par la pilule du lendemain ou un stérilet en cuivre posé en urgence. Nous détaillons ces options dans la section suivante.

Le risque d'infection sexuellement transmissible (IST) nécessite une démarche différente. Si votre partenaire n'a pas été dépisté récemment ou si vous avez un doute, consultez un médecin dans les jours qui suivent. Un dépistage des IST (VIH, chlamydia, gonocoque, syphilis, hépatite B) pourra être réalisé. En cas d'exposition au VIH, un traitement post-exposition (TPE) peut être initié aux urgences dans les 48 heures suivant le rapport. N'hésitez pas à vous rendre aux urgences si cette situation vous concerne.

La contraception d'urgence : vos options

Plusieurs méthodes de contraception d'urgence existent. Leur efficacité dépend principalement de la rapidité de mise en œuvre. Voici vos options, de la plus courante à la plus efficace.

La pilule du lendemain au lévonorgestrel (72 heures)

Le lévonorgestrel est la molécule la plus connue en matière de contraception d'urgence. Disponible en pharmacie sans ordonnance, cette pilule doit être prise le plus tôt possible après le rapport à risque, et au maximum dans les 72 heures (soit 3 jours).

Son mécanisme d'action repose sur le retardement ou le blocage de l'ovulation. Elle n'interrompt pas une grossesse déjà en cours : ce n'est pas une pilule abortive.

Son efficacité diminue avec le temps : elle est maximale dans les 12 premières heures et décroît progressivement. C'est pourquoi le mot d'ordre est d'agir vite.

Depuis le 1er janvier 2023, cette pilule est gratuite, sans ordonnance et sans avance de frais pour toutes les femmes, mineures comme majeures, dans toutes les pharmacies. Il suffit de présenter sa carte Vitale ou une attestation de droits.

La pilule au ulipristal acétate (120 heures)

L'ulipristal acétate est une option plus récente et plus efficace que le lévonorgestrel. Elle peut être prise jusqu'à 120 heures (5 jours) après le rapport non protégé, ce qui laisse une fenêtre d'action plus large.

Son avantage principal : elle reste efficace même lorsque le pic de LH a commencé, c'est-à-dire juste avant l'ovulation, moment où le lévonorgestrel perd en efficacité. Elle est donc particulièrement indiquée si le rapport à risque a eu lieu en période de fertilité maximale ou si plus de 72 heures se sont écoulées.

Depuis le 1er janvier 2023, cette pilule est également gratuite, sans ordonnance et sans avance de frais pour toutes les femmes en pharmacie, au même titre que le lévonorgestrel.

Un point important : si vous prenez une contraception hormonale habituelle, il est recommandé de reprendre votre pilule 5 jours après la prise d'ulipristal acétate, et d'utiliser un préservatif pendant cette période et les 7 jours suivant la reprise.

Le stérilet en cuivre posé en urgence (jusqu'à 5 jours)

Le stérilet en cuivre (DIU au cuivre) posé dans les 5 jours suivant le rapport est la méthode de contraception d'urgence la plus efficace. Son taux d'échec est inférieur à 1 %, quelle que soit la période du cycle.

Le cuivre rend l'environnement utérin hostile aux spermatozoïdes et empêche la nidation. C'est la seule méthode d'urgence qui offre aussi une protection contraceptive à long terme : une fois en place, il reste efficace pendant 5 à 10 ans.

Cette option nécessite un rendez-vous rapide avec un médecin ou une sage-femme. Si cette solution vous intéresse, n'hésitez pas à contacter votre professionnel de santé dès que possible pour évaluer sa faisabilité.

Comment choisir la bonne option selon votre situation

Le choix dépend de plusieurs facteurs : le temps écoulé depuis le rapport, votre contraception habituelle et votre souhait éventuel d'une contraception au long cours. En résumé :

  • Moins de 72 heures et accès rapide à la pharmacie → pilule au lévonorgestrel.
  • Entre 72 et 120 heures, ou rapport en pleine période fertile → pilule à l'ulipristal acétate.
  • Jusqu'à 5 jours et souhait d'une contraception efficace à long terme → stérilet en cuivre.

En cas de doute, votre pharmacien, votre sage-femme ou votre médecin généraliste pourront vous aiguiller vers la solution la plus adaptée. Ne restez pas seule avec vos questions.

Où se procurer une contraception d'urgence et à quel coût

En pharmacie : gratuit et sans ordonnance pour toutes

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les pilules de contraception d'urgence (lévonorgestrel et ulipristal acétate) sont gratuites, sans ordonnance et sans avance de frais pour toutes les femmes, mineures comme majeures. Il suffit de se rendre dans n'importe quelle pharmacie et de présenter sa carte Vitale ou une attestation de droits. Le pharmacien est tenu de la délivrer sans poser de conditions.

En centre de planification, infirmerie scolaire, sage-femme

Les centres de planification et d'éducation familiale (CPEF) délivrent gratuitement la contraception d'urgence, sans condition d'âge ni besoin d'ordonnance. Les sages-femmes ont également le droit de prescrire et de délivrer la contraception d'urgence. En milieu scolaire, l'infirmière scolaire peut remettre une pilule du lendemain aux élèves mineures ou majeures en cas d'urgence.

Ces différents points d'accès garantissent que personne ne reste sans solution face à une urgence contraceptive.

Deux femmes discutant de contraception d'urgence avec bienveillance

Après la contraception d'urgence : les bons réflexes

Reprendre sa contraception habituelle correctement

Après avoir pris une pilule du lendemain au lévonorgestrel, vous pouvez reprendre votre contraception hormonale habituelle immédiatement. Continuez votre plaquette normalement, mais utilisez un préservatif lors de chaque rapport pendant les 7 jours suivants. La pilule habituelle a pu perdre en efficacité sur ce cycle à cause de l'oubli ou de l'interaction avec la contraception d'urgence.

Si vous avez pris de l'ulipristal acétate, la reprise de votre contraception hormonale doit attendre 5 jours, car cette molécule peut interagir avec les progestatifs de votre pilule et en diminuer l'efficacité. Pendant ces 5 jours d'attente puis les 7 jours suivant la reprise, un préservatif est indispensable.

Nous comprenons que cette période puisse être source d'inquiétude. N'hésitez pas à en parler à votre sage-femme pour être accompagnée sereinement.

Test de grossesse : quand et comment le faire

Même si vous avez pris une contraception d'urgence, un test de grossesse est recommandé pour vous rassurer. Faites-le au moins 3 semaines après le rapport à risque, ou en cas de retard de règles. Les tests urinaires vendus en pharmacie sont fiables à plus de 99 % lorsqu'ils sont réalisés à la bonne date.

Si vos règles ont plus de 5 jours de retard, si elles sont inhabituellement légères ou différentes de d'habitude, un test s'impose. En cas de résultat positif, prenez rendez-vous rapidement avec votre médecin ou votre sage-femme pour discuter des options qui s'offrent à vous.

Il est normal de ressentir du stress pendant cette période d'attente. Soyez bienveillante envers vous-même et n'hésitez pas à en parler à un professionnel de santé ou à un psychologue si l'anxiété vous pèse.

Approches et accompagnement chez Kaliora

Chez Kaliora, nous croyons qu'un moment de stress contraceptif ne doit jamais être vécu seule. Notre équipe pluridisciplinaire est là pour vous accompagner, de l'urgence immédiate au choix d'une contraception pérenne.

Le rôle du médecin généraliste et de la sage-femme

Nos médecins généralistes et nos sages-femmes sont en première ligne pour vous accueillir en cas d'urgence contraceptive. Ils peuvent vous prescrire la contraception d'urgence adaptée, poser un stérilet en cuivre si nécessaire, et surtout prendre le temps de vous expliquer les options sans jugement.

La sage-femme joue un rôle central dans l'accompagnement contraceptif des femmes. Elle peut prescrire et renouveler tous les moyens de contraception, réaliser un suivi gynécologique de prévention et vous aider à trouver la méthode qui vous convient le mieux.

Soutien psychologique si besoin

Un accident de contraception peut générer de l'anxiété, de la culpabilité ou du stress. Ces émotions sont parfaitement légitimes. Nos psychologues peuvent vous accueillir pour un espace de parole confidentiel et bienveillant, que ce soit pour gérer l'anxiété liée à l'attente d'un test de grossesse ou pour accompagner une décision difficile.

Réévaluation de sa contraception avec un professionnel

Si les oublis de pilule sont fréquents ou si le préservatif ne vous semble pas suffisant comme seule méthode, c'est peut-être le moment de réévaluer votre contraception. De nombreuses alternatives existent : implant, stérilet (hormonal ou au cuivre), anneau vaginal, patch… Chacune a ses avantages. Nos professionnels de santé prendront le temps de vous présenter les options et de trouver celle qui s'intègre le mieux à votre quotidien.

Focus Kaliora : notre approche pluridisciplinaire de la contraception

La contraception n'est pas qu'une question médicale. C'est aussi une question de confort, de mode de vie et parfois de ressenti émotionnel. C'est pourquoi chez Kaliora, nous abordons ce sujet dans sa globalité.

Notre médecin généraliste assure le suivi médical et les prescriptions. Nos sages-femmes accompagnent le choix contraceptif, le suivi gynécologique de prévention et les situations d'urgence. Nos psychologues offrent un soutien lorsque la contraception soulève des questionnements plus profonds — rapport au corps, à la sexualité ou à la maternité. Et nos diététiciennes peuvent vous accompagner si vous craignez les effets de certaines contraceptions sur votre poids ou votre métabolisme.

Cette complémentarité nous permet de vous proposer un accompagnement complet, sans jugement, centré sur vos besoins. Vous n'avez pas à tout gérer seule.

Conseils pratiques pour éviter les accidents de contraception

Poser une alarme quotidienne pour la pilule

C'est le conseil le plus simple et le plus efficace. Programmez une alarme quotidienne sur votre téléphone à l'heure de prise de votre pilule. Certaines applications dédiées (comme Pill'oops ou Mon Urgence Pilule) envoient des rappels et proposent même des conduites à tenir en cas d'oubli. Pourquoi ça marche ? Parce que la routine est le meilleur allié de l'observance. Associez la prise de la pilule à un geste quotidien fixe : le brossage de dents du soir, le café du matin… Cela réduit considérablement le risque d'oubli.

Vérifier la date de péremption et le stockage des préservatifs

Un préservatif périmé ou mal stocké est plus susceptible de se rompre. Vérifiez systématiquement la date de péremption avant utilisation. Conservez vos préservatifs à l'abri de la chaleur et de la lumière : pas dans la boîte à gants de la voiture, pas dans la poche arrière du pantalon. Pourquoi ça marche ? Le latex se dégrade avec la chaleur, les frottements et le temps. Un préservatif bien conservé dans son emballage intact est beaucoup plus résistant. Utilisez également la bonne taille et ajoutez du lubrifiant compatible si nécessaire pour réduire le risque de rupture.

Connaître les interactions médicamenteuses qui réduisent l'efficacité de la pilule

Certains médicaments peuvent diminuer l'efficacité de la pilule contraceptive. C'est le cas de certains antiépileptiques, de la rifampicine (antibiotique antituberculeux), de certains antirétroviraux et du millepertuis (plante souvent prise en automédication contre la dépression légère). Pourquoi c'est important ? Parce qu'une pilule prise régulièrement peut devenir inefficace si une interaction médicamenteuse n'est pas identifiée. Signalez toujours votre contraception à tout professionnel de santé qui vous prescrit un traitement, et n'hésitez pas à demander conseil à votre pharmacien.

Envisager une contraception de longue durée si les oublis sont fréquents

Si malgré les alarmes et les bonnes habitudes, les oublis restent fréquents, c'est peut-être le signal qu'une autre méthode vous conviendrait mieux. Les contraceptions dites de longue durée — implant sous-cutané (efficace 3 ans), stérilet hormonal (3 à 5 ans) ou stérilet au cuivre (5 à 10 ans) — offrent une protection continue sans effort quotidien. Leur efficacité est parmi les plus élevées de toutes les méthodes contraceptives. Comment le mettre en pratique ? Prenez rendez-vous avec votre sage-femme ou votre médecin pour en discuter. Le choix d'une contraception est personnel, et il mérite une conversation approfondie sur vos habitudes, vos projets et vos préférences.

Prévention et suivi à long terme

La meilleure urgence est celle qu'on n'a pas à vivre. En matière de contraception, la prévention passe par trois piliers essentiels.

Le premier pilier est le choix d'une contraception adaptée. Une méthode qui correspond à votre mode de vie est une méthode que vous suivrez bien. Si la pilule ne vous convient plus, explorez les alternatives avec un professionnel.

Le deuxième pilier est le suivi régulier. Une consultation annuelle avec votre sage-femme ou votre médecin permet de faire le point sur votre contraception, de dépister d'éventuels effets secondaires et d'adapter le traitement si nécessaire.

Le troisième pilier est l'information. Connaître ses droits (accès à la contraception d'urgence, gratuité pour les mineures, remboursement intégral), savoir comment réagir en cas d'oubli ou d'accident, c'est un gage de sérénité au quotidien. Des sites comme ameli.fr ou questionsexualite.fr sont des ressources fiables pour approfondir vos connaissances.

FAQ — 5 questions fréquentes

Peut-on tomber enceinte après un seul oubli de pilule ?

Oui, un seul oubli peut suffire, surtout s'il survient en début ou en fin de plaquette et qu'un rapport sexuel a eu lieu dans les jours précédents. Les spermatozoïdes peuvent survivre jusqu'à cinq jours dans les voies génitales féminines. Si l'oubli a permis une ovulation de rattrapage, la fécondation est possible. C'est pourquoi il est important de ne pas minimiser un oubli isolé et de prendre une contraception d'urgence si un rapport a eu lieu dans les cinq jours précédant l'oubli, lorsque le délai de tolérance est dépassé.

La pilule du lendemain est-elle efficace si on a déjà ovulé ?

La pilule du lendemain au lévonorgestrel agit principalement en retardant l'ovulation. Si l'ovulation a déjà eu lieu, son efficacité est très réduite. L'ulipristal acétate est plus efficace dans cette situation, car il peut agir même lorsque le pic hormonal précédant l'ovulation a commencé. Pour une efficacité maximale quel que soit le moment du cycle, le stérilet en cuivre reste la solution la plus fiable, avec un taux d'échec inférieur à 1 % lorsqu'il est posé dans les cinq jours.

Combien de fois peut-on prendre la pilule du lendemain ?

Il n'y a pas de limite stricte au nombre de prises de la pilule du lendemain. Elle peut être utilisée plusieurs fois au cours d'un même cycle si nécessaire. Cependant, elle n'est pas conçue pour être un mode de contraception régulier : son efficacité est inférieure à celle des contraceptions classiques et elle peut provoquer des perturbations du cycle (règles en avance ou en retard, spotting). Si vous y avez recours fréquemment, c'est un signal pour envisager une contraception plus adaptée à votre situation avec l'aide d'un professionnel de santé.

Faut-il prendre la pilule du lendemain si le préservatif a glissé mais que je prends déjà la pilule ?

Si vous prenez correctement votre pilule contraceptive, sans oubli, et que le préservatif a glissé ou craqué, la pilule du lendemain n'est en principe pas nécessaire pour la prévention d'une grossesse. Votre pilule assure déjà cette protection. En revanche, le préservatif était peut-être utilisé comme protection contre les IST : dans ce cas, un dépistage peut être envisagé. Si vous avez eu un oubli de pilule récent en plus de l'accident de préservatif, la contraception d'urgence est recommandée.

La pilule du lendemain a-t-elle des effets secondaires importants ?

Les effets secondaires de la pilule du lendemain sont généralement bénins et temporaires. Les plus fréquents sont des nausées, des maux de tête, de la fatigue, des douleurs abdominales et des modifications des règles suivantes (avance, retard ou flux inhabituel). Ces symptômes disparaissent en quelques jours. Si des vomissements surviennent dans les trois heures suivant la prise, il est nécessaire de reprendre un comprimé. En cas d'inquiétude ou de symptômes persistants, consultez votre médecin ou votre sage-femme.

Conclusion

Un oubli de pilule ou un accident de préservatif n'est jamais agréable, mais ce n'est pas une fatalité. En connaissant les bons réflexes et en agissant rapidement, vous pouvez réduire considérablement le risque de grossesse non désirée. La contraception d'urgence existe précisément pour ces moments-là, et y avoir recours ne doit susciter ni honte ni culpabilité.

L'essentiel est de ne pas rester seule face à cette situation. Que ce soit votre pharmacien pour une pilule du lendemain, votre sage-femme pour un conseil personnalisé ou votre médecin pour réévaluer votre contraception, les professionnels de santé sont là pour vous accompagner.

Chez Kaliora, notre équipe pluridisciplinaire vous accueille avec bienveillance pour toute question liée à la contraception. Prenez rendez-vous dans le centre le plus proche de chez vous :

👉 Kaliora Paris 14 – Montparnasse 👉 Kaliora Paris 15 – Motte-Picquet

Ces informations ne remplacent pas une consultation médicale. En cas de doute, consultez un professionnel de santé.

Sources :

Anna Malézieux

Anna Malézieux

Sage-femme

Sage-femme au centre Kaliora, Anna accompagne les femmes à chaque étape de leur vie gynécologique et obstétricale, avec une approche bienveillante et personnalisée.

N° RPPS : 10108825711

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